vendredi 19 décembre 2014

Inventaire 30 - Justine


BILLY BRAGG Lovers Town Revisited

BILLY BRAGG
Life's a riot with spy vs spy

Label : Utility/Go ! Discs
Année : 1983
A1 The Milkman Of Human Kindness
A2 To Have And To Have Not
A3 Richard
B1 A New England
B2 The Man In The Iron Mask
B3 The Busy Girl Buys Beauty
B4 Lovers Town Revisited

Genre : One man pop
9° morceau de L'inventaire 30 : Lovers Town Revisited

Voilà plus de 30 ans que Billy Bragg écrit des chansons. Il y parle de la société anglaise, de révoltes politiques, d'amour et du quotidien. Sur ses premiers albums, il est seul avec une guitare électrique. On pourrait qualifier ça de "folk punk", si on cherchait absolument à lui coller une étiquette. En 1998, il s'est d'ailleurs acoquiné avec le groupe Wilco pour deux albums, Mermaid Avenue I et II, construits autour de textes de Woody Guthrie. Après quelques tensions durant l'enregistrement, Billy Bragg choisira de défendre ces chansons avec un autre groupe... 
Il serait pourtant un peu réducteur de ne voir en lui qu'un chanteur engagé. Si ses textes et son attitude ne laissent aucun doute sur ses opinions politiques, Billy Bragg est avant tout un songwriter de première catégorie, autant apprécié par ses potes anglais (Johnny Marr et Paul Weller notamment) que par les Américains de R.E.M. qui se sont rarement plantés dans leurs goûts musicaux. 
La chanteuse Kirsty MacColl contribuera à son succès en reprenant A New England, qui fut le single emblématique de ce premier court album. Mais comme ces sept titres valent tous le détour, nous avons préféré le très court Lovers Town Revisited pour terminer en douceur le mix numéro 30. Ah, au fait, Wilco et Billy sont réconciliés : Mermaid Avenue III est sorti en 2013...

IRON BUTTERFLY Real Fright

IRON BUTTERFLY
Ball

Label : ATCO
Année : 1969
A1 In The Time Of Our Lives
A2 Soul Experience
A3 Lonely Boy
A4 Real Fright
A5 In The Crowds
B1 It Must Be Love
B2 Her Favorite Style
B3 Filled With Fear
B4 Belda-Beast


Genre : Psychédélisme échevelé
8° morceau de L'inventaire 30 : Real Fright

A la fin des années 60, la côte ouest des États-Unis voit éclore une tripotée de groupes portant le cheveu long, les chemises amples et des barbes plus ou moins taillées, puisant leur inspiration dans diverses expériences mystiques ET chimiques. Les morceaux débordent le format pop, non seulement dans leur durée, mais aussi dans leurs improvisations parfois délirantes. Le psychédélisme plus ou moins enfumé de l'époque touche aussi bien les adeptes du rock garage le plus brut que les hippies ramollis. Iron Butterfly se rendra célèbres par son deuxième album, In-A-Gadda-Da-Vida, porté par le morceau éponyme qui tient toute la deuxième face : 17 minutes, enregistrées à l'arrache lors d'une répétition en studio, qui se vendront à plusieurs millions d'exemplaires. 
Iron Butterfly est un groupe instable, qui a déjà changé de personnel depuis le premier album et qui se modifiera encore après ce troisième album, Ball, sorti en France dans la collection "Underground". Moins estimé que son prédécesseur, quoique mieux produit, Ball avec ses morceaux alambiqués et ses ambiances très suggestives, annonce plusieurs tendances à venir : le rock progressif et le métal un peu grandiloquent à la Black Sabbath. La voix puissante mais un peu ingrate de Doug Ingle et son son d'orgue souterrain contribuent au climat d'opéra fantastique de ce Real Fright choisi pour notre mix. Pour un peu, on s'attendrait à voir débarquer les nains de Spinal Tap parmi les cailloux de Stonehenge...

ALEX TURNER Hiding Tonight

ALEX TURNER
Submarine

Label : Domino
Année : 2011
A1 Stuck On The Puzzle (Intro)
A2 Hiding Tonight
A3 Glass In The Park
B1 It’s Hard To Get Around The Wind   
B2 Stuck On The Puzzle
B3 Piledriver Waltz

Genre : Pop acoustique
7° morceau de L'inventaire 30 : Hiding Tonight

Les Arctic Monkeys étant l'un des groupes les plus populaires de la pop actuelle, il ne devrait pas être nécessaire de présenter Alex Turner, leader/chanteur/auteur du groupe, qui s'était déjà échappé une première fois en 2008 pour un unique album au sein du "super groupe" The Last Shadow Puppets
Il récidive, mais tout seul cette fois, pour les besoins d'une bande originale, celle du premier film de l'acteur Richard Ayoade en tant que réalisateur : Submarine. Celui-ci ne lui demande pas de s'adonner à l'exercice spécifique de la musique de film, mais d'écrire simplement une poignée de chansons : des ballades exécutées à la guitare acoustique, avec le renfort d'une orchestration discrète pour les deux derniers morceaux du EP. 
Au total 5 chansons, même pas vingt minutes, mais  impeccables de bout en bout, jouées et chantées avec une extrême sensibilité. Il n'y a rien à enlever, rien à ajouter et, malgré l'indubitable talent du bonhomme, on peut se demander pourquoi toute la discographie des Arctic Monkeys n'est pas de ce niveau... Peut-être qu'Alex Turner a-t-il été tout simplement inspiré par l'élégance et la finesse de Submarine, petit miracle cinématographique, un peu difficile à voir. 
Cette B.O. console en donnant une excellente idée de l'ambiance douce-amère d'un film rare, dans tous les sens du terme.

BOOTY PEOPLE Somethin' Simple

BOOTY PEOPLE

Label : ABC Records
Année : 1977
A1 Booty People (Intro)
A2 Booty People
A3 Somethin' Simple
A4 Shoot To Kill
A5 To The One I Love
A6 Windrift
B1 Slappin' Five
B2 The Watcher
B3 Anyway I'm Busted
B4 After The Rain


Genre : Buttshakin' Music
6° morceau de L'inventaire 30 : Somethin' Simple

C'est l'année du punk et/ou du disco. On vit au présent. On danse et/ou on se shoote. On est hédoniste et/ou nihiliste. 1977 est certainement une charnière, un moment où s'éteint une décennie et où s'amorce la suivante, et patati et patata...
Dans le magma funky qui submergeait alors disquaires et discothèques, difficile de faire un tri, d'autant plus qu'avec le recul tout ça a pris un cachet rétro qui fait aisément s'extasier sur tout ce qui évoque les cols pelle-à-tarte et les déhanchés travoltesques. Du coup on ramasse un peu tout et n'importe quoi, y compris ce groupe au nom et à la pochette particulièrement raffinés, qui se transformera d'ailleurs en General Caine après ce premier album. Le verso de la pochette montre les musiciens du groupe sur une galère en plein désert, en direction du pays merveilleux de... Bootyland (le pays des fesses ?)
N’empêche : à part les inévitables ballades sirupeuses (une par face, le minimum syndical), l'ensemble remplit le contrat, simple et funky, efficace et festif, avec quelques interventions de synthé psychédélique, quelque part entre Sly & The Family Stone et le Kool & The Gang des premiers albums. C'est déjà pas mal pour un 33t ramassé dans un lot, au milieu de quelques pointures du calibre des Temptations, Mandrill ou encore Manu Dibango... 
 

ROBERT MITCHUM Jeand and Dinah

ROBERT MITCHUM
Calypso is like so...

Label : Capitol Records
Année : 1957
A1 Jean And Dinah   
A2 From A Logical Point Of View   
A3 Not Me
A4 What Is This Generation Coming To?   
A5 Tic, Tic, Tic   
A6 Beauty Is Only Skin Deep   
B1 I Learn A Merengue, Mama   
B2 Take Me Down To Lover's Row   
B3 Mama, Looka Boo Boo
B4 Coconut Water   
B5 Matilda, Matilda   
B6 They Dance All Night

Genre : Calypso
5° morceau de L'inventaire 30 : Jean and Dinah

Robert Mitchum : quelques130 rôles au cinéma et... deux albums. 
Si le second oscille entre croonerie, country music et un peu de rockab', c'est vraiment celui-ci qui crée la surprise. Douze morceaux de calypso pour lesquels Mitchum adopte le style et le phrasé chers à Harry Belfaonte, sans qu'on n'ait jamais l'impression de parodie ou d'ironie. 
C'est que cet atypique d'Hollywood, incarnation vivante de la nonchalance, aimait réellement le calypso et n'a pas pris l'enregistrement de l'album à la légère. Entouré d'un Calypso Band inconnu au bataillon qui assure l'authenticité musicale, le père Mitchum semble s'amuser comme un petit fou à reprendre les classiques du genre (Matilda qui figurait justement au répertoire de Belafonte, ou encore Jean and Dinah signé du "Mighty" Sparrow, grande figure historique du calypso), mais aussi les hilarants morceaux signés McRae Wilhoite qui semblent avoir été écrits spécialement pour lui :  From A Logical Point Of View ou I Learn A Merengue Mama.
Au final, la sincérité et la fraicheur de cet album en font, aujourd'hui encore, une pièce recherchée, mais surtout votre meilleur allié pour relancer une soirée un peu tristouille. 
Pas étonnant de la part d'un homme dont la légende veut qu'il ait présenté un jeune chanteur qui l'avait impressionné à son futur impresario : le Colonel Parker. 
Le jeune chanteur, du nom d'Elvis Presley, est resté ami avec Robert Mitchum jusqu'à sa mort...

THE ROOTS In The Music

THE ROOTS
Game Theory

Label : Def Jam
Année : 2006
A1 Dilltastic Vol Won(derful)
A2 False Media
A3 Game Theory    
A4 Don't Feel Right
B1 In The Music
B2 Take It There
B3 Baby
C1 Here I Come   
C2 Long Time
C3 Livin' In A New World
D1 Clock With No Hands
D2 Atonement
D3 Can't Stop This

Genre : Hip Hop
4° morceau de L'inventaire 30 : In The Music

Les Roots existent depuis 1987. Ils ont sortis 11 albums studios, 1 live et quelques collaborations tous azimuts (John Legend, Betty Wright, Elvis Costello...) Ils sont l'un des premiers "groupes" du hip hop, constitués non seulement de DJs et de MCs, mais aussi de musiciens plus "traditionnels", dont le mirifique batteur/commpositeur/producteur/DJ Ahmir "Questlove" Thompson
En 1999, ils débordent du cadre du hip hop avec l'album Things Fall Apart, porté par le single You Got Me (avec Erikah Badu, invitée au chant), qui va leur apporter une reconnaissance mondiale. Depuis ils ont la carte : les journalistes les aiment, leurs collent des étiquettes élégantes (Jazz Hip-Hop, Neo Soul...) et plein d'étoiles dans leurs chroniques, avant même d'avoir écoutés leurs albums. Ils n'ont peut-être pas tout-à-fait tort, vu la richesse et l'intensité de leur discographie et leur indiscutable puissance live. 
Game Theory est sorti en 2006. Il est difficile de dire que c'est leur "meilleur album", leur "chef d’œuvre", surtout quand on n'a pas encore entendu tous les autres. 
On se contentera de constater qu'il revient souvent sur la platine, qu'il s'impose dans les mix, en ligne ou en live, et qu'on le recommande bien volontiers à ses amis, qu'ils aiment le hip hop ou pas...

ELLA FITZGERALD Jingle Bells

ELLA FITGERALD
Ella wishes You A Swinging Christmas

Label : Verve
Année : 1960
A1 Jingle Bells
A2 Santa Claus Is Coming To Town   
A3 Have Yourself A Merry Little Christmas
A4 What Are You Doing New Year's Eve?
A5 Sleigh Ride    
A6 The Christmas Song
B1 Good Morning Blues
B2 Let It Snow, Let It Snow, Let It Snow
B3 Winter Wonderland
B4 Rudolph, The Red-Nosed Reindeer   
B5 Frosty The Snow Man
B6 White Christmas

Genre : Christmas Album
3° morceau de L'inventaire 30 : Jingle Bells

L'album de noël, très prisé des américains et pratiquement inexistant chez nous, était dans les années 60 un passage obligé pour toutes les voix célèbres des États-Unis, quel que soit le genre de musique pratiquée : Presley, les Supremes, les Beach Boys, James Brown...tous y passent au moins une fois ! En général arrangés avec de grands orchestres, ces albums sont, même pour les meilleurs d'entre eux, destinés uniquement a être consommé entre le 1er et le 25 décembre, après quoi ils se révèlent souvent totalement indigestes.
On fera une exception pour celui-ci, qui prouve que la formule galvaudée est valable pour Ella Fitzgerald : elle pourrait chanter le bottin que ça swinguerait pareil !
L'album est enregistré en 1960, à New York. Il met de bonne humeur. Même 60 ans après. Même en ce rigoureux mois de janvier 2015...

FUZZBOX Justine

WE'VE GOT A FUZZBOX AND WE'RE GONNA USE IT

Label : Vindaloo Records
Année : 1986
A Love Is The Slug/B1 Console Me - B2 Justine
Genre : Minimal Pop-Punk
2° morceau de L'inventaire 30 : Justine

Un groupe découvert un peu par hasard au beau milieu d'une compilation de reprises sortie en 1988 : Under The Covers. Si la moitié du LP est plutôt anecdotique (Simply Red reprend platement Money's Too Tight To Mention, les futurs KLF s'attaquent inutilement à It's A Man's, Man's, Man's World...) on y découvre aussi quelques tentatives heureuses : The Jesus & Mary Chain passent les Beach Boys au papier de verre, Aztec Camera donne une version acoustique et vicieuse du tube de Van Halen, Jump, et ces filles, sorties de nulle part, s'approprient le cultissime Spirit In The Sky, dû au "one hit wonder" Norman Greenbaum (qui ça ?)
A quoi ça ressemble ? Les filles parlent au lieu de chanter, elles plaquent tant bien que mal riffs et accords sur une boîte à rythme rudimentaire dans un joyeux bordel ambiant : elles ont le look des Bangles, mais le bagage technique des Sex Pistols ! Pourtant ça fonctionne : leur reprise est tonique, joyeuse et, au final, nettement plus surprenante que la reprise des Doors par Echo & The Bunnymen qui la précède de peu.
Avec leur nom en hommage à leur pédale de guitare et leur totale absence de sérieux, les (We've got a) Fuzzbox (and we're gonna use it) auront une existence éphémère : trois ans, deux albums et une poignée de singles. Celui-ci est leur premier. Les 3 titres se ressemblent, mais la pochette est garnie, en plus du 45t, d'un roman-photo débile : le genre de détails qui change tout...  



JOHN KEATING The Unknown Planet

JOHN KEATING
Space Experience

Label : Studio 2 Stereo/EMI
Année : 1972
A1 I Feel The Earth Move
A2 The Unknown Planet
A3 Rocket Man  
A4 Prelude To Earthrise
A5 Star Trek
B1 Space Agent
B2 Jesus Christ Superstar
B3 Upon Another Earth
B4 The Sound Of Silence  
B5 Signal To Saturn

Genre : Space Age Pop Music
1° morceau de L'inventaire 30 : The Unknown Planet

Déjà évoquée dans ces notules, la Space Age Pop Music serait une espèce de continent à part, une contrée musicale où les types de sonorités et la qualité de l'enregistrement seraient plus importants que l'artiste et les morceaux interprétés. Pas bien loin de la musique d'illustration sonore, cette drôle de catégorie est purement instrumentale et se nourrit aussi bien de standards de pop et de jazz que de compositions "à la manière de", à tel point qu'il est parfois difficile de faire la différence entre l'original et la copie inspirée. 
C'est le cas de cet album de John Keating dont le titre et la pochette annoncent la couleur futuriste. Parce que l'arrangeur multi-instrumentiste et compositeur s'échappe un peu du jazz à cocktail qui fait l'essentiel de sa discographie, pour un 33t organisé autour du E.M.S. VCS3, un synthétiseur sorti deux ans plus tôt et qu'on retrouvera chez tous les électro-bricoleurs de la pop, de Pink Floyd à Depeche Mode en passant par Brian Eno et... Jean-Miche Jarre.
Mais le petit plus de ce Space Experience c'est que, à côté d'une reprise un peu prévisible du thème de Star Trek et une version kitchissime du Sound Of Silence de Simon & Garfunkel, il recèle quelques petites bombes groovy où basse, batterie et synthé modulaire vous envoient directement sur la piste. A ranger pas très loin des grands crus d'un autre grand bidouilleur de machines : Jean-Jacques Perrey.

dimanche 9 novembre 2014

Inventaire 29 - Mehbooba Mehbooba


Inventaire 29 - Mehbooba Mehbooba par twinselecter

DEPECHE MODE Waiting For The Night

DEPECHE MODE
Violator

Label : Mute
Année : 1990
A1 World In My Eyes    
A2 Sweetest Perfection    
A3 Personal Jesus    
A4 Halo    
A5 Waiting For The Night    
B1 Enjoy The Silence
B2 Policy Of Truth    
B3 Blue Dress    
B4 Clean

Genre : Pop synthétique
7° morceau de L'inventaire 29 : Waiting For The Night

Quand on a biberonné aux Hard Rock puis au Punk, forcément, ils étaient l'ennemi. Leurs synthés en carton, leurs mélodies romantiques et puis leurs coupes de cheveux... Mon dieu, leurs coupes ! 
Sauf que, bien sûr, c'est pas si simple. Outre cette espèce de nostalgie perverse qui nous fait regretter en vieillissant ce qu'on a détesté plus jeune, il y a eu ce moment précis où un ami vous a amené Violator (en l’occurrence en K7, c'était moins cher qu'un CD) en vous promettant que vous alliez changer d'avis sur le groupe. Vous avez résisté un moment mais lorsque est arrivé cette boucle hypnotique en fin de face A qui introduit Waiting For The Night, vous avez rendu les armes. Oui, le synthétiseur et les petits minets de la New-Wave vous avaient mis dans leur poche au bout de huit albums. Une deuxième gifle vous attendait en fin de face B avec le superbe Clean, histoire de ne pas vous laisser imaginer que c'était juste un heureux hasard. 
Un peu plus tard, Johnny Cash donnerait un surplus de crédibilité au groupe en reprenant Personal Jesus du même album. Aujourd'hui Depeche Mode incarne plus que jamais les années 80, est devenu une valeur sûre, rempli les stades et ramasse encore la timbale à chaque album. Mais vous n'arrivez toujours pas à vous décider à réécouter les sept premiers LPs...

NON STOP Keep 'Em Steppin'

HURBY'S MACHINE
The House That Rap Built

Label : Sound Check Records
Année : 1987
A1 Antoinette : Hit 'Em With This
A2 Non-Stop : Keep 'Em Steppin'
A3 Fabulous 2 : The Fabulous
A4 The Mau-Mau Clan Overlords : Contact Sport
A5 Salt 'N' Pepa : I Am Down
B1 Salt 'N' Pepa : Push It (Remix)
B2 Antoinette     I Got An Attitude
B3 The Mau-Mau Clan Overlords : The House That Rap Built
B4 Super Lovers : Let The Drummer Get Ill
B5 Future Shock : Just Go 

Genre : Old School (Good School)
6° morceau de L'inventaire 29 : Keep 'Em Steppin'

Depuis la naissance du rock, le producteur Phil Spector était quasiment le seul à avoir eu l'audace de vendre des albums sous son nom au lieu de celui des artistes qui interprétaient les morceaux. Avec le rap les choses vont changer, le rôle du producteur/auteur devenant prépondérant dans la culture hip hop, rivalisant souvent en popularité avec les rappeurs eux-mêmes. 
Hurby "luv bug" Azor a.k.a Hurby's Machine est un des pionniers du genre, imposant ses beats rêches et ses samples élémentaires mais percutants durant une période certes courte (1986-93), mais très influente. On lui doit notamment la découverte de Salt'n'Peppa, tandem de copines qu'il rencontre au boulot et avec qui il va créer une mixture pop-rap légère mais terriblement efficace. Avec elles, il écrit quelques tubes énormes, notamment Let's Talk About Sex et Whatta Man qu'on entendra partout au tournant des années 80/90.
Sur cet unique album sorti sous le nom d'Hurby's Machine, on retrouve deux morceaux des Salt'n'Pepa, mais aussi plein d'autres bonnes surprises "old school", d'artistes qu'on n'a pour la plupart, hélas, jamais revus ailleurs. C'est le cas pour Non-Stop, autre groupe féminin dont on ne sait pratiquement rien, sinon qu'elles envoient la sauce sur un sample qui semble venir tout droit de Once In a Lifetime des Talkingheads : une valeur sure !

THE MONKEES Goin' Down

THE MONKEES
Daydream Believer/Goin' Down

Label : RCA VICTOR
Année : 1967
Genre : Pop 60's
5° morceau de L'invetaire 29 : Goin' Down

Les Monkees sont une invention. Formé de toutes pièces par le producteur Bertt Schneider et le réalisateur Bob Rafelson (Le Facteur sonne toujours deux fois) pour les besoins d'une série télé qui essaie de surfer sur le succès du film des Beatles A Hard Day's Night, le groupe est un assemblage d'inconnus recrutés par annonce.Deux sur quatre sont véritablement musiciens mais ça n'est pas grave : ils passent bien à l'image et on se contentera de leurs voix et de leur physique... Et on a bien raison : la série lancée en 1966 sur la chaîne NBC connaîtra un succès considérable et leurs singles et albums se classeront en tête des charts américains et au-delà. 
En fait, les morceaux sont écrits et joués par la crème de la pop américaine, parmi lesquels Neil Diamond, les Byrds, et même un Neil Young encore inconnu à la guitare... Mais Davy Jones, Michael Nesmith, Micky Dolenz et Peter Tork, les quatre garçons dans le vent, ne sont pas satisfaits de la teneur un peu niaise de la série et aimeraient bien prendre les choses en main au niveau musical. Ils apprendront à jouer et écrire leurs propres morceaux, partiront en tournée, notamment en Angleterre où ils gagneront en crédibilité ce qu'ils perdront en popularité. Le groupe se délitera progressivement, jusqu'à sa dissolution complète en 70. Depuis, il a connu de nombreuses reformations.
Leur discographie est à l'image de leur parcours : inégale et confuse. Mais il faut se garder de les cantonner aux chansons bébêtes qui ont malheureusement fait leur succès. Cette face B de Daydream Believer avec son rythme fiévreux et ses solos inspirés est un bel exemple des coups d'éclats dont ils étaient capables. Le morceau est signé des quatre membres du groupe et de Diane Hildebrand, surtout connue pour cette collaboration régulière avec les Monkees. Elle sort son unique album solo cette même année 67.

DRAGIBUS O Pinguim !

DRAGIBUS
Tutti Frutti

Label : Autobus
Année : 2004
A1 Orazio Il Cane Dello Spazio
A2 O Pinguim!
A3 Kaptain Kangoroo!
A4 Palladium (The Hip)
A5 Allo?
A6 Human Fly
A7 Pigmy Pig
A8 Kirin
A9 Azor
A10 Jackanory Stories
B1 Ahora Que Vamos Despacio
B2 Naïf Song
B3 Namida Kara Ashita E
B4 Mashed Potatoes
B5 Riquet
B6 L'Omino Della Luna
B7 L'Omino Sonico Remixo!
B8 Stop!!!!!

Genre : 7 to 77
4° morceau de L'inventaire 29 : O Pinguim !

Pour tout les âges, dans toutes langues (mais vraiment, hein : anglais, français, italien, espagnol, japonais, hongrois...) et dans plein de styles différents (punk, électro, pop, dance...), Dragibus est à la base un duo français formé de Lore Bargès (voix) et Frank de Quengo (batterie et percus) avec quelques intervenants extérieurs tels Mister Penguin à la guitare, ou encore la japonaise Mami Chan adoptée lors de la tournée de 98 pour tenir les claviers. 
Les morceaux sont généralement courts, voire minuscules, il s'agit essentiellement de comptines et autres curiosités zazous piochées dans le patrimoine international et branchées sur le courant alternatif et l'imagination des deux zouaves, avec un minimum de trafics sonores pour un maximum d'effets musicaux. Dragibus ne connaît ni étiquette, ni frontière, leurs cocktails explosifs peuvent rassembler les morveux, les punks à chien et les hipsters de toutes les capitales. Ils ont tourné un peu partout, enregistré un live au Japon et intégré un cirque pendant quatre mois à Paris. Par contre ils n'ont rien sorti depuis 2006, même si on les a vus tourner ici et là.

LARRY CORYELL Sex

LARRY CORYELL
Coryell

Label : Vanguard Apostolic
Année : 1969
A1 Sex
A2 Beautiful Woman
A3 The Jam With Albert
B1 Elementary Guitar Solo #5
B2 No One Really Knows
B3 Morning Sickness
B4 Ah Wuv Ooh


Genre : Rock Jazz
3° morceau de L'inventaire 29 : Sex

Un maître de la guitare, une pointure du jazz dont on ne compte plus ni les albums sous son nom, ni les collaborations prestigieuses. Puissant, rapide ou délicat, virtuose mais très aventurier, Larry Coryell a déboulé à la fin des années 60 comme un boulet de canon avec cet album. C'est plein d'électricité, il y a des chansons rock et des morceaux plus difficiles à définir, et une jam session surpuissante en fin de face A. Le batteur c'est le grand Bernard Purdie qui s'en donne à cœur joie, trois bassistes de haut-vol se partagent le boulot (dont deux sur No One Really Knows), mais il ne faudrait pas oublier l'organiste furieux Mike Mandell, qui accompagnera Larry Coryell tout au long des années 70. 
Le joli portrait de famille retournée à la nature qui orne la pochette pourrait faire penser à un album de hippie gentillet. On n'est pas loin de Woodstock et l'on sent bien que Larry Coryell a du expérimenter quelques psychotropes. Mais c'est surtout l'énergie qui domine l'ensemble des morceaux. En témoigne Sex, qui ouvre l'album et figure en bonne place dans notre mix, une chanson pleine de sève au court de laquelle le guitariste s'époumone à hurler le mot "sex" comme un mantra. 
Bientôt, Coryell arrêtera de chanter et délaissera le rythme rock pour les scènes jazz. Il y gagnera en standing, mais perdra ce côté sauvage qui fait de ce premier album une pièce rare.
Larry Coryell a aujourd'hui passé les 70 ans et son dernier LP, The Lift, est sorti en 2013.

BIG AUDIO DYNAMITE Bad

BIG AUDIO DYNAMITE
This Is...

Label : CBS
Année : 1985
A1 Medicine Show
A2 Sony
A3 E=MC²
A4 The Bottom Line
B1 A Party
B2 Sudden Impact!
B3 Stone Thames
B4 BAD

Genre : Electro Pop
2° Morceau de L'inventaire 29 : BAD

L'album constitue un chainon manquant, un lien essentiel entre le punk, la pop synthétique des années 80 et la dominante électro qui va envahir la décennie suivante, de la techno au trip-hop en passant par le hip-hop. Derrière B.A.D., deux fortes têtes : Mick Jones, qui tient déjà une place importante dans l'histoire du rock en tant que guitariste/chanteur/compositeur au sein des Clash, et Don Letts, fan et documentariste des Clash, mais aussi D.J. et expert en matière de métissages musicaux. La légende veut qu'il ait initié les Clash au reggae et Bob Marley au punk et par conséquent, qu'il soit à l'origine du fameux Punky Reggae Party... 
Bref, l'année où ses anciens camarades agonisent sans lui avec leur ultime album Cut The Crap, Mick Jones déboule avec sa nouvelle bande pour un album certes rempli de samples et de bidouillages électroniques, mais qui n'oublie pas pour autant d'être une collection de chansons pops, mélodiques et dansantes. Dès le premier morceau, Medicine Show, le ton est donné : un groove électronique tranquille, des guitares légères qui n'auraient pas dépareillé chez les Beach Boys, le chant nonchalant de Mick Jones et un déchainement de bruitages étonnamment cohérent, parmi lesquels on reconnaît quelques dialogues piqués dans les films de Sergio Leone, le tout culminant dans un solo de mitraillette tout à fait inouï.
Pendant huit chansons vont se croiser rock, pop, punk, électro et raggamuffin sans jamais qu'on ait la moindre impression d'approximation. Ce qui est vrai sur disque l'est beaucoup moins sur scène : un concert de B.A.D. ressemblait à un joyeux bordel ambiant, pas forcément désagréable mais carrément confus. Par la suite, la formule va un peu prendre l'eau, même s'il reste quelques bons moments, notamment sur le troisième album Tighten Up Vol. 88

Il n'empêche : This Is Big Audio Dynamite devrait figurer entre Power, Corruption & Lies de New Order et 3 Feet High and Rising de De La Soul dans toutes les bonnes histoires de la musique.

 

SUNIL GANGULY Mehbooba Mehbooba

SUNIL GANGULY
More Hits

Label : EMI (Odeon)
Année : 1976
A1 Ek Din Bik Jayaga - From Dharam Karam    
A2 Tum Bhi Chalo Hum Bhi Chalen - From Zameer    
A3 Ruk Jana O Jana - From Warrant A4 Aao Tumhen Chand Pe- From Zakhmee    
A5 Kabhi Kabhi Mere Dilmen - From Kabhi Kabhi A6 Mehbooba Mehbooba - - From Sholay    
B1 Jan-E-Man Jan-E-Man - From Chhoti Si Bat    
B2 Shyam Teri Bansi - From Geet Gata Chal    
B3 Is Mod Pe Jate Hain- From 

B4 Tak Zum Nacho Nashemen Choor - From Kaala Sona    
B5 Kai Bar Yunbhi Dekha Hai - From Rajnigandha    
B6 Mere Naina Sawan Bhado - From Mehbooba

Genre :  Electric Bollywood
1° morceau de L'inventaire 29 : Mehbooba Mehbooba

Il y avait Link Wray aux Etats-Unis, les Shadows en Angleterre, Omar Khorshid en Egypte, Takeshi Teraushi au Japon et voici Sunil Ganguly d'Inde. 
La guitare électrique n'a pas seulement inventé le rock, elle a généré une longue lignée d'adeptes de la musique instrumentale, arrangeant frénétiquement tout ce qui leur tombe sous la main pour mettre en avant leur instrument préféré qui remplace avantageusement tout chanteur capricieux. Standards du jazz et du rock, mélodies classiques et chants traditionnels, petites bombes de surf musique ou de garage psychédélique, tout y passe ! 
Sunil Ganguly a, pour sa part, consacré l'essentiel de sa discographie à reprendre les thèmes musicaux des succès du cinéma indien des années 40 aux années 70. Son instrument de prédilection était la guitare hawaïenne qui se joue posée à plat sur les genoux ou sur une table. Le son est cristallin, à la limite du strident, un peu saturé, les mélodies un brin lancinantes. Se faire tout l'album d'affilée peut s'avérer épuisant mais, consommé avec modération, il vous apportera le grain de folie qui manquait  à vos longues soirées d'hiver. 
Bien qu'il ait enregistré son premier album dès l'âge de 17 ans, en 1957, il est très difficile de trouver des traces de sa discographie d'avant les années 70. Et même après, ça ne se croise pas tous les jours, pratiquement aucun de ses albums n'ayant été édité en CD par chez nous. Pourtant, Sunil Ganguly a enseigné la guitare,joué et enregistré jusqu'à sa mort, survenue le 14 juin 1999. 
Depuis, ses fans et son coiffeur sont inconsolables.

dimanche 5 octobre 2014

Inventaire 28 - Rimshot


Inventaire 28 - Rimshot par twinselecter

ERIKAH BADU Rimshot

ERYKAH BADU
Baduizm

Label : Kedar/Universal
Année : 1996
A1 Rimshot (Intro)
A2 On & On
A3 Appletree
A4 Sometimes (Mix #9)
A5 Next Lifetime (Radio Edit)
B1 4 Leaf Clover
B2 No Love
B3 Sometimes
B4 Certainly (Flipped It) 

Genre : R'n'Good
8° morceau de L'inventaire 28 : Rimshot

Il a fallu attendre You Got Me, le tube des Roots en 1999, pour qu'Erykah Badu se fasse enfin un nom auprès du public français. Les amateurs de hip hop et de new soul avaient pourtant repéré l'extraordinaire chanteuse qui avait débarqué trois ans plus tôt avec cet album Baduizm auquel on donna cette étiquette un peu bizarre de R'n'B. 
Le 33 est déjà partiellement produit par les Roots et bénéficie de collaborations prestigieuses comme (entre autres) le bassiste de jazz Ron Carter. Il ne faut pas se leurrer pour autant, malgré son sens aigu du collectif et ses hommages répétés aux musiques qui l'ont influencée (voir le magnifique Love Of My Life Worlwide sur son troisième album) c'est bien son univers personnel qu'elle pose ici pour la première fois, une production hyper précise attachée viscéralement aux sons (Rimshot !), entre une électronique étonnamment chaleureuse et sa voix démultipliée qui passe du chuchotement feutré au soupir animal avec une troublante facilité. 
On peut la voir irradier en live avec ses potes dans le documentaire de Michel Gondry : Dave Chappelle's Block Party. Par contre, depuis quatre ans, ses seuls signes de vie sont de discrètes apparitions sur les singles des autres. Il est temps qu'elle revienne...

TEN YEARS AFTER I'd Love To Change The World

TEN YEARS AFTER
A Space In Time

Label : Chrysalis
Année : 1971
A1 One Of These Days
A2 Here They Come
A3 I'd Love To Change The World
A4 Over The Hill
A5 Baby Won't You Let Me Rock 'N Roll You
B1 Once There Was A Time
B2 Let The Sky Fall
B3 Hard Monkeys
B4 I've Been There Too
B5 Uncle Jam

Genre : Psychédélic blues
7° morceau de L'inventaire 28 : I'd love to change the world

Un guitariste épileptique : voilà l'image qu'Alvin Lee, chanteur et guitariste de Ten Years After, dégage lors de sa prestation dans le fameux documentaire sur Woodstock qui fit la célébrité du groupe. A cause de ce I'm Going Home, exécuté frénétiquement sous les caméras de Michael Wadleigh, il se traine à l'époque une réputation de "plus rapide guitariste du monde", ce qui d'une part ne veut pas dire grand chose et d'autres part cache un véritable talent d'écriture et une sensibilité d'interprète qui n'a rien à voir avec la vitesse... 
Bien sûr, comme pour beaucoup de groupe anglais de cette vague-là, la discographie de Ten Years After est abondamment marquée par le blues, notamment lors d'interminables jam sessions qui valaient peut-être le coup en live, mais qui aujourd'hui sur disque sentent un peu le remplissage. 
Par contre, de leur premier éponyme en 68 jusqu'au mal nommé Positive Vibrations qui marque leur séparation six ans plus tard, on découvre un lot de rock incisifs, de ballades acoustiques et de dérives psychédéliques parfois stupéfiantes, qui laissent à penser qu'Alvin Lee et ses camarades n'étaient pas tant des obsédés de la virtuosité que d'authentiques songwriters. 
En plus de cet excellent A Space In Time sorti en 71, les trois premiers sont chaudement recommandés, notamment Stonedhenge, deuxième LP très injustement méconnu du groupe.

BO DIDDLEY Road Runner

BO DIDDLEY
(Eddy Mitchell présente les rois du rock)

Label : Barclay
Année : 1964
A1 Here Tis
A2 My Babe
A3 Willie And Lillie
A4 Crackin' Up
A5 Don't Let It Go
A6 Road Runner
B1 Bo Diddley
B2 You Can't Judge A Book Looking At Its Cover
B3 Hush Your Mouth
B4 Hey' Bo Diddley
B5 "Say Bossman"
B6 I Know 

Genre : Rock'n'roll
6° Morceau de L'inventaire 28 : Road Runner 

Comme l'affirme le titre d'une chanson de The Jesus and Mary Chain : "Bo Diddley Is Jesus". 
Les vieux débats sur l'identité du créateur du rock'n'roll n'ayant rien donné, nous nous contenterons d'attribuer à celui-là la paternité indiscutable d'un "beat", cette espèce de syncope caractéristique dont il use et abuse avant que le reste du monde s'en empare, notamment Buddy Holly sur Not Fade Away... 
Mais Bo Diddley, c'est plus qu'un rythme. Ses guitares au son métallique et légèrement saturé (dont il aurait dessiné plusieurs modèles de forme inhabituellement carré), sa voix puissante héritée des "shouters" de blues tels Roy Brown (Tiens, ce serait pas lui l'inventeur du rock ?), et un répertoire constitués de compos et d'emprunts au blues, notamment à Willie Dixon avec My Babe et You Can't Judge a book... Ses versions dynamitées serviront ainsi de mètre-étalon à ce qui ne va pas tarder à devenir le rock "garage". 
Bref, si c'est pas Dieu, ni Jésus, Bo Diddley est en tous cas une figure essentielle du rock qu'il convient d'aller revisiter régulièrement pour en mesurer l'efficacité intacte. 

C'est quand-même pas un hasard si Schmoll a commencé sa collection d'hommages aux rois du rock chez Barclay par ce type un peu enveloppé à lunettes, qui portait rudement bien le nœud pap' et la veste à carreaux !

SUBA Felicidade

BRAZILECTRO
(Latin Flavoured Club Tunes)

Label : Audiopharm
Année : 2003
A1 Marcos Valle : On Line
A2 Rosalia De Souza : Maria Moita
A3 Eli Goulart E Banda Do Mato : Sunny
A4 Paula Lima : Quero Ver Você No Baile
A5 Copa Bossa,Roberto Menescal & Wanda De Sah : Copa
B1 Edson X : Rainha Do Mar
B2 Suba : Felicidade (Funky Lowlives Breathless Mix)
B3 Banda Favela : Samba De Ile (Waiwan 4/4 Remix)
B4 Snowboy & The Latin Section : Los Rumberos De La Habana Y Mantanzas (Bobby Hughes Combination Remix)
C1 Tricatel Inc.: Friday Night (Moodorama Mix)
C2 Can 7 : Fruitcake
C3 Señor Coconut And His Orchestra: Electrolatino (Main Mix)
C4 Sunsoul : Só Danço (Rough Version)
D1 Folk & Røvere : Fotihouse
D2 Moodorama : Sweet Toffee
D3 Andréa Ciminelli : No Batida Do Panteiro
D4 Marc Amadeus & The NonMaterial : Illumina
E1 Los Ladrones : Mi Amor Es (Waiwan Mix)
E2 Marschmellows : Tijuana Gold
E3 Grupo Batuque : No Batida Do Agogo (Osunlade Main Mix)
E4 Nicola Conte : Arabesque (Vocal Version) (Micatone Remix)
F1 EMO : First Time Experiences (Povo Mix)
F2 Nu Tropic : Pascalito's Theme
F3 Chieko Kinbara : A Espera
F4 Zimpala : Adios (Album Version)

Genre : Electro Latino
5° morceau de L'inventaire 28 : Felicidade


Les compilations de musique électronique sont souvent l'équivalent de ce qu'on appelait dans les années 60-70 la "muzak" ou "musique d'ascenseur" : un tapis sonore dont le moelleux est tellement agréable et  insensible que nous marchons dessus sans nous en apercevoir. Le genre de truc parfait pour un magasin de fringues un peu chic, un hall d'hôtel sur la cote d'azur, un bar à cocktails...
Entre 2001 et 2007, le petit label allemand Audiopharm, spécialisé dans l'électro aux couleurs sud-américaines et africaines, éditait ce genre de choses avec suffisamment de gout et d'exigence cependant pour que leurs compilations passent le cap de la musique de fond. On retrouve d'ailleurs ici certaines fortes personnalités qui ont fait leur chemin depuis, tels Señor Coconut (l'Allemand  Uwe Schmidt, parti réchauffer sa musique à Santiago du Chili) ou les Norvégiens de Folk & Røvere
Quant à Suba, choisi pour cet Inventaire 28, il s'agit en fait d'un compositeur et producteur d'origine serbe, Mitar Subotic, pionnier de la musique électronique en Yougoslavie, qui émigrera au Brésil dans les années 90. Il y trouvera la gloire en travaillant avec les plus grands noms (dont le génial touche-à-tout Hermeto Pascoal), mais aussi une fin tragique : Mitar Subotic meurt d'asphyxie en essayant de sauver ses enregistrements de l'incendie qui ravageait son studio un soir de 1999, juste après avoir fêté la sortie de son nouvel album. Il avait 38 ans. 

SWEET BREEZE Miss Patience

SWEET BREEZE
Advice

Label : Tembo Records (Orig : EMI)
Année : 2013 (?)
A1 She's My Choice   
A2 Confidential Bye-Bye
A3 Advice   
A4 Boy-Oh-Boy
B1 Miss Patience (Without Patience)   
B2 Mr. Begger (Has No Town's Man)
B3 Sweet Breeze   
B4 God Is Love

Genre : Afro-groove
4° morceau de L'inventaire 28 : Miss Patience (Without Patience)

Cinq albums référencés dans les années 70-80, ignorés des compilations de musique nigérienne qui pullulent ici et là (notamment chez Soundway Records) : le cas de Sweet Breeze laisse à penser qu'on n'en a pas fini avec les trésors oubliés de l'afro-beat et autres productions électriques de l'Afrique des seventies. Le très confidentiel label Tembo Records donne quelques informations sur le groupe, constitué d'étudiants de "l'Institut de Management et Technologie" d'Enugu, au Sud-Est du Niger.  
Advice serait leur second album après quelques succès locaux figurant sur leur précédent sorti en 76 : Across The Desert. Comme pour beaucoup de leurs contemporains, le funk est très clairement une influence déterminante sur leur musique, même si l'on sent aussi quelques accents jamaïcains dans le chant et les textes du leader Dallas King Anyawu
Le guitariste, Jackie Moore, semble pour sa part avoir absorbé l'essentiel du rock psychédélique et se montre aussi à l'aise avec la pédale wah-wah qu'avec les différentes saturations qui colorent ses solos. Quant aux textes, sans en maîtriser totalement la teneur, on y renifle un mélange assez singulier d'humour, de personnages hauts-en-couleurs et de mysticisme, comme dans ce Miss Patience (Without Patience) qui figure en plein cœur du mix numéro 28.    

Même si Cercles Parfaits n'est pas un site commercial, signalons que, contrairement à beaucoup de rééditions de groove africain, cet album de Sweet Breeze se trouve neuf à prix très correct (moins de 10€ le LP) en ligne, et même en boutique, chez Sonic Import à Nice, si nous n'avons pas prix le dernier...

THE FALL C.R.E.E.P.

THE FALL
The Wonderful And Frightening World Of...

Label : Beggars Banquet
Année : 1984
A1 Lay Of The Land
A2 2 By 4
A3 Copped It
A4 Elves
A5 C.R.E.E.P.
B1 Slang King
B2 Bug Day
B3 Stephen Song
B4 Craigness
B5 Disney's Dream Debased

Genre : Twisted New-Wave
3° morceau de L'inventaire 28 : C.R.E.E.P.

The Fall ou 35 ans d'existence au service du chaos... Mark E. Smith, personnalité épineuse et énigmatique, musicien aussi obsessionnel que je-m’en-foutiste, hante le gentil monde de la pop de ses démons intérieurs depuis que l'explosion punk l'a autorisé à prendre les armes. 
Malgré de constants changements de personnel (qui trahissent la versatilité du leader mais aussi ses relations passionnelles avec la musique et ceux qui la font) et une discographie qui ressemble à une hémorragie, un morceau de The Fall est immédiatement reconnaissable. Par la voix de Mark E.Smith tout d'abord, avec son timbre de canard qui vient de fumer une cartouche de cigarettes, hésitant entre un chant qui méprise l'idée de justesse harmonique et une déclamation puissante, manière d'apostropher l'auditeur qui tentait de s'enfuir. La rythmique est martiale mais dansante, les lignes de basses font pleurer Peter Hook, la guitare saigne : The Fall semble avoir été inventé pour faire danser les mannequins dans les vitrines. 
Et donc cet album au titre qui résume le groupe : "le monde merveilleux et effrayant de The Fall", leur douze ou treizième, sorti en 1984, soit cinq ans à peine après leur premier... C'est peut-être l'un des plus accessibles, l'un des plus pop, l'un des moins torturés, etc. Ni le meilleur, ni le pire, de toutes façons, avec The Fall on ne trie pas : c'est à prendre ou à laisser.

LYNN ANDERSON Fancy

COUNTRY SOUL SISTERS 
Women In Country Music 1952-78

Label : Soul Jazz Records
Année : 2012
Dolly Parton : Don't Let It Trouble Your Mind
Lynn Anderson : Fancy
Jeannie C. Riley : I've Done A Lot Of Living Since Then
Bobbie Gentry : Reunion
Tammy Wynette : Tonight My Baby's Coming Home
Jean Shepard : A Satisfied Mind
Nancy Sinatra : Get While The Gettin's Good
Tanya Tucker : California Cotton Fields
Sammi Smith : Saunders Ferry Lane
Connie Smith : If It Ain't Love
Jean Shepard : Two Whoops And A Holler
Billie Jo Spears : Mr Walker, It's All Over
Patsy Cline : Ain't No Wheels On This Ship
Barbara Fairchild : Color My World
Loretta Lynn And Conway Twitty : You're The Reason Our Kids Are Ugly
Jeannie C. Riley : Harper Valley PTA
Jody Miller : A Woman Left Lonely
Kitty Wells : Delta Dawn
Diana Trask : Show Me
Norma Jean : He's All I Got
Bobbie Gentry : Ode To Billie Joe
Bonnie Guitar : Tender Words
Barbara Mandrell : Husband Stealer
Diana Trask : I'll Never Do You Wrong
Kitty Wells : It Wasn't God Who Made Honky Tonk Angels 

Genre : Country Girls
2° morceau de L'inventaire 28 : Fancy

Le pari est osé : extirper d'un domaine réputé conservateur et machiste sa part féminine et éventuellement progressiste... Une fois encore, le label Soul Jazz Records tente de ramener à la lumière un répertoire négligé, voire oublié de la musique. 
Nettement moins tendance que le funk de la Nouvelle-Orléans, les outsiders du punk ou le rock électronique allemand, la country apparaît souvent comme un des domaines les plus ringards de la musique, l'équivalent américain du musette ou de la bourrée auvergnate. La réalité est évidemment plus complexe dans le sens où cette musique essentiellement blanche et rurale a forcément connu de nombreuses évolutions en plus de 100 ans d'existence. La compilation se concentre sur une période qui va de la préhistoire du rock'n'roll (qui, ne l'oublions pas, doit autant à la country qu'au blues) jusqu'à la fin des années 70 et ses bouleversements sociologiques et culturels. Elle déroule ainsi un panorama très varié de ce style musical, de ses racines les plus profondes qui ne dépareilleraient pas dans un western de John Ford, jusqu'à des formes hybrides, très électrifiées, irriguées par le rock'n'roll, la soul, voire même quelques aspects funky des plus inattendus. Ainsi, Diana Trask reprend le Show Me de Joe Tex qui groove comme il faut, même si le texte n'est pas à proprement parler un hymne à l'émancipation...
Les quelques 24 interprètes réunies ici s'équilibrent entre les légendes du genre (Dolly Parton, Bobbie Gentry, Patsy Cline ou encore Nancy Sinatra...) et quelques noms nettement moins connus du profane et du grand public qui méritent toute notre attention : Sammi Smith et son superbe Saunders Ferry Lane par exemple, ou la très énergique Billy Jo Spears. Au final, si la compilation n'est pas à proprement parler un manifeste féministe (on s'en serait douté au vu de la pochette qui ressemble plus à un fantasme de biker qu'à une manifestation du Femen), elle constitue une introduction aussi riche que subtile à un genre musical qui vaut souvent mieux que sa caricature. 
Les abondantes notes de pochette, l'habillage soignée et l'originalité du projet confirment Soul Jazz comme l'un des plus précieux label de réévaluation musicale. En 2013 est sorti un deuxième volume dont la pochette ne va cependant pas aider à abolir les clichés inhérents au genre...



MICHEL POLNAREFF Voyages

MICHEL POLNAREFF
"Polnareff's"

Label : Disc'Az
Année : 1971
A1 Voyages
A2 Né Dans Un Ice Cream
A3 Petite Petite   
A4 Computer's Dream   
A5 Le Désert N'est Plus En Afrique   
A6 Nos Mots D'Amour   
B1 ...Mais Encore   
B2 Qui A Tué Grand' Maman   
B3 Monsieur L'Abbé   
B4 Hey You Woman   
B5 A Minuit, A Midi

Genre : French Pop
1° morceau de L'inventaire 28 : Voyages

Avant de pratiquer l'exil fiscal aux States, puis le retour triomphant sur les Champs-Elysées grâce à Sarkozy (l'ami des exilés fiscaux), Michel Polnareff fut chanteur de variétés. 
A la fin des années 60, ignorant les adaptations de succès anglo-saxons chères aux yéyés, il propose une pop française mélodique et orchestrale, aussi à l'aise dans les arrangements sophistiqués que dans l’acoustique dépouillée. Il donne dans le romantisme gothique (Le Bal des Laze), le délire funky (La Mouche), la ballade ambiguë (Petite Petite), voire la revendication joliment troussée (Je suis un homme)... On sent bien le type doué avec une solide formation classique, doublée d'un goût pour l'aventure et les sonorités nouvelles. 
Polnareff apporte non seulement beaucoup d'énergie et d'air frais à la vieille chanson française, mais aussi un véritable style, une marque de fabrique très personnelle dont ses étonnantes capacités vocales ne sont qu'une des caractéristiques. Ce troisième LP, "Polnareff's", recèle son lot de titres à redécouvrir, dont ce bel instrumental, Voyages, qui ouvre l'album (et L'inventaire 28), mais aussi une perle de groove sixties qu'on se garde pour un prochain mix : Computer's Dream.