jeudi 27 juin 2013

Sessions de plein air

 
 

Du vendredi 28 au dimanche 30 juin, les TwinSelecter sont au Festival International du Roman Noir à Frontignan, pour mettre les apéros en musique.

Et vous ?

samedi 1 juin 2013

Inventaire 15 - Carmen


IRONING BOARD SAM Boogie On A Reggae Woman

An introduction to
IRONING BOARD SAM

Label : En avant la zizique !
Année : 2012
Face A :
Let's Streak - Original Funky Belt Bottom - Non Support - Boogie On A Reggae Woman
Face B :
Space Streaker - I've Been Used - When You Brought Me - Stick And Stones

Genre : Groovy Baby !
10° morceau de L'inventaire 15 : Boogie On A Reggae Woman

Il y a les cadors officiels, et puis il y a l'histoire secrète de la musique : des milliers d'artistes, parfois responsables d'un ou deux albums, voire d'une poignée de singles, qui ressurgissent au détour d'une compilation audacieuse, ou sur les nouveautés d'un label spécialisé dans l'archéologie musicale.
C'est le cas d'En Avant La Zizique ! label français courageux dont la profession de foi tient en quelques lignes trouvées sur leur site
" En Avant La Zizique ! (parce que c’est bien de ça dont il est question) ouvre ou ré-ouvre les portes de placards et autre fonds de tiroirs de labels et maisons de disque qui, avec opportunité commerciale parfois, sincérité artistique souvent, ont gravé à jamais des petites perles rares et oubliées de la musique populaire du XXème siècle! "
An introduction to Ironing Board Sam est leur 3ème sortie en 3 ans, toutes présentées sous la forme de magnifiques 25cm vinyles. Celui-ci permet de découvrir un chanteur claviériste au groove irrésistible qui lance un pont entre le Memphis Sound et le funk seventies. Le dos de pochette fourmille d'anecdotes et d'infos précieuses. On y apprend, entre autres, que cet objet étrange qu'il arbore au recto est un piano électrique monté sur une planche à repasser. Après quelques soucis de santé et la perte de ses modestes biens emportés par l'ouragan Katrina, Sam a quitté la Nouvelle-Orléans, repris du poil de la bête et continue à jouer et enregistrer. 
La reprise infernale de Stevie Wonder, choisie pour finir ce mix donne une idée du talent du bonhomme, dont les 8 titres présents sur cette compil ne donnent qu'une envie : entendre le reste. 


CABOCLOS Amor éterno

SAMBAS AMAZONIENNES
Collectage

Label : VDE
Année : environ 1975
Face 1 : 
Carimbo - Balança mas nao cai (Samba) - Magia popular (Macumba) - Amor éterno (Boléro)
Face 2 :
Coraçao em luto - delvocao do boemio pelo samba (Samba) - Vingança - Boléro "d'une jeune fille rose comme un enfant"
Genre : Collectage musical
9° morceau de L'inventaire 15 : Amor éterno

Ethnologues, historiens, musicologues... ils partent dans les coins reculés, à l'autre bout du monde ou dans des zones rurales quasi-désertiques, en tous cas protégées de la modernité, pour enregistrer sur du matériel souvent rudimentaire des chants et musiques traditionnelles. L’intérêt du matériau qu'ils ramènent de leurs expéditions dépasse bien souvent l'aspect scientifique. Paradoxalement, ces enregistrements censés témoigner d'une culture du passé, captés parfois juste avant sa disparition, peuvent sembler à ceux qui les découvrent originaux et frais, parce que totalement inouïs. 
Ainsi l'"explorateur-cinéaste" Pierre Dubois s'est-il concentré sur le Nord du continent sud-américain, vers l'Amazonie, à la recherche des Caboclos, terme qui désigne la population métis née du croisement des Indiens et des blancs vivant au Nord du Brésil, vers la frontière péruvienne. 
Les enregistrements présents sur ce disque sont pris directement sur les marchés, lors de fêtes traditionnelles, lors de rassemblements après le travail, etc... C'est l'une des premières publications du petit label suisse qui a choisi un coq pour son logo : VDE, rebaptisé pour des raisons légales aux États-Unis "VDE Gallo". 
Spécialisé dans la musique classique et dans ce qu'on appelle bêtement la "musique du monde", VDE est toujours actif 40 ans après, même si ce disque Sambas Amazoniennes n'apparaît plus dans leur catalogue.

L'histoire ne dit pas si les "Caboclos" ont touché des droits sur les ventes d'albums...  

J.B. PICKERS Freedom Of Expression

VANISHING POINT
Original Soundtrack
Label : London Records
Année : 1971
Face A : J.B. Pickers : Super Soul Theme - Bobby Doyle : The Girl Done Got It Together - Jimmy Walker : Where Do We Go From Here - Jerry Reed :    Welcome To Nevada - Segarini & Bishop : Dear Jesus God - The Doug Dillard Experience : Runaway Country - Delaney & Bonnie & Friends : You Got To Believe
Face B :Jimmy Bowen Orchestra & Chorus: Love Theme - Eve : So Tired - J.B. Pickers : Freedom Of Expression - Mountain : Mississippi Queen - Big Mama Thornton : Sing Out For Jesus - Segarini & Bishop : Over Me - Kim & Dave : Nobody Knows
Genre :  B.O. 70's
8° morceau de L'inventaire 15 : Freedom Of Expression

Le film est culte. La bande originale devrait l'être tout autant. Vanishing Point (Point Limite Zéro en français), road movie oscillant entre la longue poursuite policière et le trip d'acide, offre de longs passages sans dialogues où la musique accompagne la fuite en avant du héros à bord d'un Dodge Challenger blanc. 
Nous sommes au début des années 70, les films-trip sont à la mode et leur bandes originales sont souvent des compilations devenues avec le temps de précieux témoignages de l'ambiance musicale de leur époque. Celle-ci sent l'Amérique profonde, de la country au blues en passant par le gospel électrique de  Big Mama Thornton. Elle contient deux instrumentaux infernaux, et en particulier ce morceau jazz-rock mené sur un rythme d'enfer et signé d'un total inconnu : J.B. Pickers. A ranger juste à côté de la musique de Zabriskie Point, autre témoignage d'une époque certes fumeuse, mais souvent très inspirée par ce qu'on appelait alors la "liberté d'expression".


DOGS Sandy Sandy

DOGS
Too Much Class For The Neighbourhood

Label : Epic
Année : 1982
Face A : 
Shakin' With Linda - Wanderin' Robin - The Most Forgotten French Boy - Gone Gone Gone - Sandy Sandy - Death Lane - M.A.D.
Face B :
Too Much Class For The Neighbourhood - Home Is Where I Want To Be - The Train Kept-A-Rollin' - Hesitation - Lonesome Angie - Poisoned Town - When I Came Home
Genre : Rock
7° morceau de L'Inventaire 15 : Sandy Sandy

Tous comptes faits, les Dogs sont peut-être ce qui est arrivé de mieux au rock en France. Arrivés de Rouen à la fin des années 70, ils produisent un rock épuré, ne répondant à aucun air du temps. Leurs influences se lisent dans leurs reprises de débutants : les Kinks, le Velvet, et un groupe américain alors encore en activité  dont ils adoptent immédiatement l'attitude nerveuse et sans fioriture : The Flamin' Groovies
Les Dogs se font remarquer dès leur premier passage à Paris par un Philippe Manœuvre à l'époque très inspiré qui s'enflamme dans Rock & Folk. Après un premier 3 titres, enregistré dans le sous-sol du disquaire local Mélodies Massacre, et quelques premières parties pour les stars du rock français d'alors Bijou et Téléphone, ils vont affirmer leur style et étoffer leur répertoire. Ils sortent leurs premiers albums et écument les scènes françaises, puis dans toute l'Europe, et jusqu'au Japon qui les adore...
Le succès des Dogs, bien qu'indiscutable, sera toujours limité par un choix qui tient à l'époque de l’héroïsme, voire de l’inconscience : ils chantent en anglais ! L'accent de Dominique Laboubée, chanteur et compositeur du groupe, est d'ailleurs la seule faiblesse d'une discographie qui se redécouvre aujourd'hui comme un trésor. Les morceaux sont simples, inspirés, efficaces et les productions très brutes n'ont pas pris une ride. 
Tirée du 3ème album Too Much Class For The Neighbourhood pour ce 15ème mix, la ballade soutenue Sandy Sandy, avec son piano syncopé, est une sorte de chanson parfaite. Il y en a beaucoup d'autres, notamment dans l'album suivant, Legendary Lovers, resté à ce jour sans concurrent dans la production française.
En 2002, en tournée au États-Unis, Dominique Laboubée s'effondre sur scène et meurt à 45 ans, comme une rock star qu'il n'a jamais vraiment été.
"Trop de classe pour le voisinage" ? Peut-être bien, oui...

THE SOUL SISTERS Wreck A Buddy

TIGHTEN UP Volume 2
Compilation

Label : Trojan Records
Année : 1982
Face A : The Pioneers : Long Shot Kick The Bucket - Rudy Mills : John Jones - Clancy Eccles : Fire Corner - The Soul Sisters : Wreck A Buddy - Dandy : Reggae In Your Jeggae - Clancy Eccles : Fattie Fattie
Face B : The Upsetters :  Return Of Django - The Kingstonians : Sufferer - Joya Landis : Moonlight Lover - The Bleechers : Come Into My Parlour - The Soulmates : Them A Laugh And A Ki Ki - The Upsetters : Live Injection
Genre : Jamaïcan soul
6° morceau de L'inventaire 15 : Wreck A Buddy

Le label au casque troyen permet aux ignares dans mon genre de s'initier à la musique jamaïcaine sans prendre trop de risque. Une compil' Trojan se ramasse les yeux fermés, quoique dans ce cas précis, la pochette ait peut-être attiré le regard avant le label. 
Si depuis quelques années Trojan réédite son catalogue jusqu'à plus soif, à grands coups de CDs thématiques puisant allègrement dans son âge d'or, la collection Tighten Up est bien une sélection d'époque, une sorte de "best of" de l'année, ce volume 2 rassemblant 12 morceaux parus en 69. A l'exception des Upsetters de Lee Perry et de Clancy Eccles, qui ont droit au coup double, les autres artistes sont présents avec un seul titre qui, dans certains cas, sera d'ailleurs quasiment leur seule aventure discographique.
Le cas des Souls Sisters est un petit peu particulier. Dominé par la voix juvénile et lascive de Nora Dean, ce trio vocal enregistre tout d'abord un premier single en 1967 sous le nom des Ebony Sisters. Elle sont d'ailleurs des pionnières du reggae féminin, ce qui ne leur laisse pas beaucoup de marge de manœuvre dans un univers au moins aussi macho que le rock américain. Exploitée financièrement, Nora Dean est, en plus, poussée à chanter des textes aux connotations sexuelles évidentes que son jeune âge (elle débute à 15 ans) rendent encore plus ambigus. Ainsi, ce Wreck a Buddy détourne la mélodie de L'enfant au tambour cher à Nana Mouskouri (Little Drummer Boy en anglais), pour donner la parole à une femme en chaleur. 
Pas étonnant après ça que la chanteuse ait abandonné le reggae et se soit enfuie à New York pour se consacrer au gospel. Tant mieux pour elle, dommage pour nous !  

PRINCE Valentina

PRINCE
Lotus Flow3r 
Label : NPG (Because Music)
Année : 2009
Disque 1 - Lotus Flower
A : From The Lotus... - Boom - Crimson And Clover - 4Ever - Colonized Mind - Feel Good, Feel Better, Wonderful        
B : Love Like Jazz - 77 Beverly Park - Wall Off Berlin - $ - Dreamer - ...Back To The Lotus

Disque 2 Mplsound
A : (There'll Never B) Another Like Me - Chocolate Box - Dance 4 Me - U're Gonna C Me - Here        
B : Valentina - Better With Me - Ol' Skool Company - No More Candy 4 U

Genre : Pop & Funky
5° morceau de L'inventaire 15 : Valentina

Certes, Prince est une superstar, suivie par une cohorte de fans, dont tous les concerts sont sold out à peine les tickets mis en vente et qui aurait pu laisser sa place à d'autres artistes obscurs ou oubliés dans les Cercles Parfaits
Mais qui a vraiment écouté Lotus Flow3r par ici ? 
Officiellement sorti en 2009 sous la forme d'un triple CD, il propose un nouveau concept de l'artiste qui a compris avant pas mal de monde que l'album "traditionnel" avait vécu : CD en tirages limités offerts avec le ticket de concert ou en supplément d'un journal, jam session jazz funk enregistrée en une journée censée redessiner la carte du monde (N.E.W.S., album un peu vain sorti en 2003, constitué d'instrumentaux nommés d'après les 4 points cardinaux : North, East, West, South) et, bien sûr, une flopée de lives plus ou moins officiel, le Prince et son groupe avançant toujours comme une formidable machine de guerre scénique, aussi bien dans des stades à la mesure de sa mégalomanie, que dans des after cosy  pour happy few, à la taille de son physique. 
Dans ces conditions, découvrir Lotus Flow3r fait partie de ces plaisirs d'autant plus précieux qu'ils sont inattendus, pour ne pas dire inespérés.
La version vinyle ne contient pas le troisième disque, qui est en fait un album de sa nouvelle protégée, Bria Valente, inclut dans le pacquage CD. 
Le menu est ici pourtant déjà très roboratif, avec 21 chansons réparties sur 4 faces, où domine une inspiration funky, souvent renforcée par l'influence d'Hendrix, qui semble avoir soufflé de l'au-delà certains des riffs interprétés par le petit prodige de Minneapolis. Ainsi en va-t-il de $, une bombe de 4 minutes branchée directement sur le 220v. Les fautes de goût sont rares, on regrettera surtout un Love Like Jazz dont la production ressemble aux pires heures de Matt Bianco
Signe des temps, le Prince n'a extirpé aucun single de cet album qui en comptait pourtant potentiellement quelques uns. C'est pourquoi nous avons choisi Valentina, qui, pour la petite histoire, s'adresse à la fille de Salam Hayek ("Hey Valentina, dis à ta mère de me passer  un coup de fil !") et, pour la grande histoire, viendrait s'aligner sans problème à côté des Kiss, Alphabet Street, Cream et autres friandises tubesques dont il s'était montré un peu avare ces dernières années.

YOUNG MARBLE GIANTS Choci Loni

YOUNG MARBLE GIANTS
Colossal Youth

Label : Rough Trade
Année : 1980
Face A :
Searching For Mr. Right - Include Me Out - The Taxi - Eating Noddemix - Constantly Changing - N.I.T.A. - Colossal Youth
Face B :
Music For Evenings - The Man Amplifier - Choci Loni - Wurlitzer Jukebox ! - Salad Days - Credit In The Straight World - Brand - New - Life - Wind In The Rigging 
Genre : Pop géométrique
4°morceau de L'inventaire 15 : Choci Loni

"La discothèque idéale", "les disques à amener sur l''île déserte", "les albums qu'il faut avoir écouté avant de mourir (parce qu'après c'est plus dur !)", vous pouvez y aller par n'importe quel classement stupide, Colossal Youth trouvera sa place. 
Album unique d'un groupe unique, chuchotement révolutionnaire au moment où le punk finissait de hurler pour ne rien dire, il ne connaît ni prédécesseur, ni successeur : chercher les influences du trio serait stérile, quant à leur trouver des héritiers... 
On évoque facilement l'instrumentation minimaliste : UNE basse, UNE guitare, UNE voix et parfois un orgue et une boîte à rythme rudimentaire. Jamais de prise rajoutée, d'instrument doublé, ni le moindre effet, sinon quelques échos naturels. Les chansons sont courtes (sur les seize que compte l'album, deux dépassent les 3 minutes) élémentaires, aiguisées. On les qualifierait bien de parfaites si le mot n'était pas antinomique avec le souffle de vie qui les habite. 
Bien sûr, avec un telle singularité, une telle discrétion, et cette absence totale de rock'n'roll attitude, le disque n'avait pas la moindre chance de trouver le chemin du succès, même si quelques radios audacieuses (de l'époque où les radios étaient audacieuses) lui octroyèrent une place d'honneur.Depuis, il y a eu évidemment rééditions, réévaluations, et la rumeur s'est amplifiée au sujet des Young Marble Giants.
Il serait dommage, cependant, de laisser Colossal Youth aux nostalgiques, aux critiques rock et autres snobs de tout poil.

"Depuis je ne suis plus le même. Et vous non plus, vous n'êtes plus les mêmes, que vous en soyez conscients ou non.
Dans ces lignes, issues de la nouvelle Une raison d'aimer la vie, Philippe Djian parlait de la mort de Brautigan... Mais ça s'applique aussi bien à la sortie de cet album. 

VINICIUS & MUTINHO Turbilhão

VINICIUS/TOQUINHO
Label : Philips - Année : 1975
Face A : Toquinho & Mutinho : Turbilhão - Toquinho & Vinicius : Onde Anda Você - Toquinho & Vinicius : Um Homen Chamado Alfredo - Toquinho & Vinicius : Se Ela Quisesse - Toquinho : Acorde Solto No Ar - Vinicius : Conjugação De Ausente - Toquinho : Maresia - Toquinho & Vinicius : Choro De Nada 
Face B : Toquinho & Vinicius : Meu Pranto Rolou - Paulinho Nogueira & Toquinho : Choro Chorado Pra Paulinho Nogueira - Vinicius : Separação - Vinicius : As Razões Do Coração - Toquinho & Vinicius : Adeus - Toquinho : O Filho Que Eu Quero Ter - Vinicius : Pedro, Meu Filho
Genre : Chanson brésilienne
3° morceau de L'inventaire 15 :Turbilhão

Antonio Pecci Filho, dit Toquinho, est un chanteur compositeur guitariste brésilien. Très précoce, il commence à écrire et chanter dès l'âge de 14 ans sous la double influence de son mentor Paulinho Nogueira et de la légende du folk brésilien Baden Powell de Aquino (à ne pas confondre avec le fondateur du scoutisme, dont il porte le prénom mais qui était, paraît-il, une brêle en guitare...) 
Son admiration va aussi à Vinicius de Moraes, poète auteur de nombreux textes de chansons depuis les années 50, entre autres pour des morceaux de jazz et des sambas devenues des classiques.
Malgré leur différence d'âge, une amitié et une collaboration durable s'installe entre les deux hommes, du début des années 70 jusqu'à la mort de Vinicius en 1980. 
Parfois ils chantent en duo, parfois Toquinho chante tandis que Vinicius déclame. D'autres fois le guitariste se contente d'égrainer des accords derrière la belle voix profonde du poète... Leurs enregistrements très libres et spontanés laissent aussi la place à d'autres musiciens de rencontre. C'est le cas de ce  Turbilhão, co-signé par Mutinho et relayé par un chœur lumineux. Le morceau idéal pour bien commencer la journée...
La majeure partie de leurs albums n'a pas été éditée en CD. 

THE WOODENTOPS Well, Well, Well

THE WOODENTOPS
Straight Eight Bushwaker

Label : Rough Trade
Année : 1984
Face A :
Move Me - Well, Well, Well - Plutonium Rock
Face B : 
It Will Come - Do It Anyway - Steady Steady

Genre : Sparkling Pop
2° morceau de L'inventaire 15 : Well, Well, Well

Signés sur le label indépendant en pleine ascension Rough Trade, à peu près en même temps que les Smiths, les Woodentops furent adoubés immédiatement par la critique et par Morrissey (Ce dernier les invitera d'ailleurs à tourner avec les Smiths, avant de les virer pour une obscure  raison). 
Leur pop épurée, aussi bien au niveau de l'écriture que de la production et de l’instrumentation des morceaux, avait tout pour plaire. Très acoustiques mais bourrés d'énergie, sophistiqués sans jamais sonner complexes ou intellos, les Woodentops mettent en place, dès ce premier EP, une écriture affutée qui n'a pas pris une ride trente ans après. 
Leurs concerts étaient, parait-il, plus nerveux, plus expérimentaux, avec un penchant pour l'électronique qui amènera une couleur plus "dance" à leurs productions de la fin des années 80. 
Peut-être leur a-t-il manqué une figure charismatique capable de provoquer et séduire la presse, leur leader et chanteur Rolo McGinty (qui avait déjà sévi au sein de The Jazz Butcher) ayant définitivement trop d'humour pour se prendre totalement au sérieux. Toujours est-il que The Woodentops, étendards de la pop "indie" pendant 2 ou 3 ans, n'a guère dépassé le succès d'estime, particulièrement en France. 
Si aujourd'hui leur discographie est paradoxalement plus facile à débusquer en vinyle, un triple CD vient de sortir, rempli de raretés qui couvrent l'ensemble de leur carrière : Before During After.

THE MIGHTY MOOG Prelude To Act I

THE MIGHTY MOOG 
Everything You Always Wanted To Hear On The Moog (But Were Afraid To Ask For) 

Label : Columbia Masterworks (CBS)
Année : 1967
Face A : 
España - Malaguena - Prelude To Act I; Habanera; Introduction To Act I (Les Toréadors) From "Carmen"
Face B :
Bolero

Genre : L'expérience Moog
1° morceau de L'inventaire 15 : Carmen - Prelude To Act I

Lorsqu'en 1964 Robert Moog créé le premier synthétiseur qui porte son nom, il apporte à la musique un aspect à la fois ludique et futuriste qui va bien au-delà du gadget sonore. Si l'on oublie ceux qui se servent de sa sonorité pour "décorer", on réalise que beaucoup d'adeptes de l'objet s'en servent pour repenser la musique, sa texture mais aussi son orchestration, qui pourra soudain s'exprimer dans les deux mains du claviériste, sans avoir besoin de faire appel à plus d'interprètes. 
Tandis que Walter Carlos reprend Bach, puis Beethoven pour l'Orange Mécanique de Kubrick, un projet un peu dingue voit le jour dans la branche la plus expérimentale du label Columbia : recréer le Bolero de Ravel pour un musicien et un synthé, avec une contrainte  supplémentaire liée au fait que l'instrument n'est pas encore polyphonique ce qui signifie qu'on ne peut jouer qu'une note à la fois... Ainsi le duo Andrew Kazdin et Thomas Z. Shepard, qui se cache derrière l'identité Mighty Moog, enregistrera-t-il toutes les pistes une par une, qui seront mixées ensuite pour donner ces harmonies parfaitement synchrones. Si l'exploit technique prend une ampleur un peu hallucinante sur les 14 minutes 30 du Bolero, les thèmes hispanisant sur la face A s'avèrent tout aussi passionnant, notamment cette version de Carmen, qui a du faire se retourner la Callas trois fois dans sa tombe...
Sinon, la pochette est signée du Français Tomi Ungerer, le génial auteur des Trois brigands et de Jean de la Lune.