lundi 27 août 2012

Inventaire numéro 4 : Derniers feux de l'été

Après le générique, le volume de la vidéo est un peu faible : poussez le votre à fond !!!




dimanche 26 août 2012

LOU REED September Song

LOST IN THE STARS
The Music of Kurt Weil

Label : A&M
Année : 1985
Face A : Steve Weisberg : Mahagonny Songspiel - Sting : The Ballad of Mac the Knife - The Fowler Brothers & Stan Ridgway : The Cannon Song - Marianne Faithfull : Ballad of the Soldier's Wife (feat. Chris Spedding) Van Dyke Parks : Johnny Johnson Medley - Raph Shuckett : Alabama Song (feat. Richard Butler) - The Armadillo String Quartet : Youkali Tango - John Zorn : Der Kleine Leutnant Des Lieben Gottes
Face B : Lou Reed : September Song - Carla Bley : Lost in the Stars (feat. Phil Woods) - Tom Waits : What Keeps Mankind Alive - Dagmar Krause : Surabaya Johnny - Mark Bingham : Oh Heavenly Salvation (feat. Johnny Adams & Aaron Neville) - Todd Rundgren : Call From the Grave (feat. Gary Windo) - Charlie Haden : Speak Low (feat. Sharon Freeman) - Van Dyke Parks : In No Man's Land 
Genre : Standards revisités
Diffusé dans L'inventaire n°4 : September Song

Le projet un peu particulier de Lost in the stars est dû à Hal Willner, producteur inspiré qui avait déjà mis en place un album de reprise de Nino Rota et de Thelonious Monk. Il ne s'agit pas pour autant d'une recette commerciale. Hal Willner a eu l'idée de célébrer les chansons de Kurt Weil, puis il a cherché patiemment les artistes qui pourraient enrichir le projet. Le casting hétéroclite, du folk délicat de Van Dyke Parks aux délires du saxophoniste radical John Zorn, en passant par Tom Waits, Charlie Hadden, Marianne Faithfull, et même Sting qui révise ses classiques (Mac The Knife) de façon plutôt inspirée.Mais c'est Lou Reed avec cette version de September Song qui laisse la trace la plus indélébile. A la fois enjouée et mélancolique, son interprétation donne la chair de poule et finit un petit peu trop tôt. Il existerait une version longue de 7 minutes, quelque part, à moins que ce ne soit un autre de ces fantasmes de fan...
Les compilations de reprises sont comme toutes les compilations : il y a à boire et à manger. Celle-ci est à ranger sur le haut du panier, à côté d'I'm your Fan (consacrée aux chansons de Léonard Cohen) et de Play New Rose for Me (l'anniversaire du label New Rose où chaque artiste reprend le titre d'un de ses camarades).

THE TEMPOS See you in september

AMERICAN GRAFFITI
Bande originale du film

Label : MCA Records
Année : 1973
Face A : Bill Haley And The Comets : (We're Gonna) Rock Around The Clock - The Crests : Sixteen Candles - Del Shannon : Runaway - Frankie Lymon & The Teenagers : Why Do Fools Fall In Love - Buddy Holly : That'll Be The Day - Buster Brown : Fanny Mae - Flash Cadillac & The Continental Kids : At The Hop - Flash Cadillac & The Continental Kids : She's So Fine - The Diamonds : The Stroll - The Tempos : See You In September      
Face B : The Beach Boys : Surfin' Safari - The Fleetwoods : He's The Great Imposter - Chuck Berry : Almost Grown - The Platters : Smoke Gets In Your Eyes - The Diamonds : Little Darlin' - Joey Dee & The Starlighters : Peppermint Twist - The Regents : Barbara Anne - The Monotones : Book Of Love - Buddy Holly : Maybe Baby - Lee Dorsey : Ya Ya - The Platters : The Great Pretender
Face C : Fats Domino : Ain't That A Shame - Chuck Berry : Johnny B. Goode - The Flamingos : I Only Have Eyes For You - The Silhouettes : Get A Job - The Five Satins : To The Aisle - Bobby Freeman : Do You Wanna Dance - Buddy Knox : Party Doll - The Del-Vikings : Come Go With Me - Johnny Burnette : You're Sixteen, You're Beautiful (And You're Mine) - The Clovers : Love Potion No.9 
Face D : The Skyliners : Since I Don't Have You - The Big Bopper : Chantilly Lace - Mark Dinning : Teen Angel - Sonny Till & The Orioles : Crying In The Chapel - The Heartbeats : A Thousand Miles Away - The Cleftones : Heart And Soul - Booker T & The MG's : Green Onions - The Platters : Only You (And You Alone) - The Spaniels : Goodnight, Well It's Time To Go - The Beach Boys : All Summer Long 
Genre : Pop sucrée
Diffusé dans L'inventaire n°4 : See you in september

Tout simplement la meilleure compilation de cette pop américaine insouciante typique des sixties. Quatre faces regroupant des stars (Chuck Berry, The Beach Boys, Bill Haley, The Platters), mais surtout quelques perles oubliées, une flopée de groupes éphémères ayant classé un tube dans les charts avant de disparaître. Parfois deux morceaux sont enchaînés par la voix caverneuse du Wolfman Jack, disc jockey malicieux et mythique pour qui la musique semble s'être arrêtée en 1968. 
Pour illustrer l'album, nous vous conseillons vivement de voir le film qui porte le même titre...

ALAIN BASHUNG Etrange été

BASHUNG 
Novice

Label : Barclay 
Année : 1989
Face A : Pyromanes - Résidences - Légère éclaircie - Alcaline - Tu m'as jeté    
Face B : Elle fait l'avion - Bombez ! - Intrépide malgré la fièvre - Etrange été - Outrage - By Proxy
Genre : Pop froide
Diffusé dans L'inventaire n°4 : Etrange été

Il y a plusieurs vie chez Bashung. Crooner raté des yéyés, il deviendra rocker barré dans les années 80, souvent plus connu pour les textes de ses chansons (qu'il n'a jamais écrits) que pour ses musiques déjà audacieuses. Et puis viendra Osez Joséphine, énorme succès populaire allié à une crédibilité qui ne fera que croître auprès du gratin culturel français à mesure qu'il alignera les albums pointus (Chatterton, Fantaisie militaire, L'imprudence, Bleu pétrole), jusqu'à sa sanctification, entamée juste avant sa mort.
Mais entre son dernier numéro de clown secondé par Boris Bergman (Passé le Rio Grande en 1986, saturé de jeux de mots surréalistes et un peu répétitif côté musique) et l'envolée américaine d'Osez Joséphine en 1991, il y a un chaînon manquant.  
Novice, l'album que Marquis de Sade n'a jamais su faire, une Cold Wave typiquement française et légèrement inquiétante qui donne envie de baisser le son, calfeutrer les volets et monter le chauffage. Mais non, impossible d'arrêter ce disque et les histoires qu'il chuchote directement à votre cerveau, des disparitions en série de Résidences à la ritournelle anglophone de By Proxy, en passant par la terrible complainte Alcaline, qui justifiait à elle seule la sanctification du chanteur. Il y a du beau monde sur ce disque noir (Blixa Bargeld, Phil Manzanera, pour n'en citer que deux) mais il y a surtout ces chansons obsédantes dont la teneur se résume dans le texte d'Etrange été :

Nuit et jours sont identiques,
Nos cauchemars magnifiques,
Dit K. Dick, K. Dick, K. Dick.

YMA SUMAC Indian Carnival

YMA SUMAC 
Mambo ! (part 2)

Label : Capitol
Année : 1954
Face A : Malambo No 1 - Five Bottles Mambo
Face B : Indian Carnival - Jungla

Genre : Mambo lyrique
Diffusé dans L'inventaire n°4 : Indian Carnival

L'un des plus grands mystères de l'humanité est la voix d'Yma Sumac. Non seulement elle avait la capacité exceptionnelle de couvrir 5 octaves, mais elle passait du plus grave au plus aigu avec l'aisance d'une chanteuse lyrique, sans avoir suivi la moindre formation. Au-delà de cette performance technique phénoménale, il y a la musicalité instinctive de cette péruvienne d'origine, qui se promena entre "mambo inferno", chant jivaros et mélopées hindouistes avec le même talent inné. On lui doit même un album psychédélique dans les années 70, Miracles,  qu'on s'arrache dans les foires aux disques. Elle chantait en espagnol, en italien, en quechuan, plus rarement en anglais malgré une dimension internationale. Mainte fois relancée par des fans à travers le monde, sa carrière, entamée à l'aube des années 50, lui permettra de faire plusieurs fois le tour du monde et ce jusque dans les années 90 où, à 70 ans passés, la dame atteint le sommet de sa popularité. Elle figure au générique d'une vingtaine de films et séries TV récents. Ses cinq albums ont tous été réédités en CD. 
Elle est officiellement morte en 2008, mais j'entends encore sa voix sidérante...  

JAMES BROWN Cottage for sale

JAMES BROWN
Thinking about Little Willie John and a few Nice Things

Label : King Records
Année : 1968
Face A : Talk To Me, Talk To Me - Suffering With The Blues - Cottage For Sale - Bill Bailey - Home At Last - Heart Break (It's Hurtin' Me)
Face B : What Kind Of Man - A Note Or Two (Part 1) - I'll Lose My Mind - Fat Eddie - You Gave My Heart A Song To Sing - A Note Or Two (Part 2)
Genre : Funk'n'bkues
Diffusé dans L'inventaire n°4 : Cottage for sale

La discographie du parrain est pléthorique et, avouons-le, un peu bordélique. L'année 1968 compte à elle seule au moins 6 albums dont le superbe Gettin'Down To It enregistré avec un trio jazz, un album de noël, et celui qui nous préoccupe aujourd'hui, en forme d'hommage au chanteur de soul bluesy Little Willie John, dont il reprend le répertoire avec une grande finesse. A titre d'exemple, ce Cottage For Sale (qui apparaît dans l'album Sure Thing de L. W. John sous le titre A cottage for sale) livré ici avec une voix chaude et mélancolique plutôt éloignée de la débauche funky habituelle. L'album n'a pas été réédité en CD, profitez bien de ce morceau, en attendant d'entendre, dans un prochain mix, l'un de ses deux ou trois instrumentaux qui dépotent...

BUFFALO DAUGHTER Cold Summer

BUFFALO DAUGHTER
Captain Vapour Athletes

Label : Grand Royal
Année : 1996

Face A : Counter Parrot - Cold Summer - Vampeeee - Silver Turkey - California Blues - Dr. Mooooog - Brush your Teeth
Face B : Kelly - Big Wednesday - Baby Amoebae Goes South - LI303VE - Vapour Action Forever

Genre : Moogie pop
Diffusé dans L'inventaire n°4 : Cold Summer

Un jour, lors d'une tournée au Japon, le groupe Lucious Jackson remarque ce trio de japonaises électriques, éclectiques, électroniques, et ramène des extraits de leur musique à son label... 
Ainsi commence la carrière internationale de Sugar Yoshinaga, Yumiko Ohno and MooG Yamamoto, réunies sous le nom des Buffalo Daughter, qui sortent donc leur premier album chez Grand Royal, label éphémère crée par les Beastie Boys. Agrémenté d'un batteur pour la scène, ces héritières du Shibuya-kei movement (une vague de néo-pop japonaise, emmenée par un autre groupe de filles : les Pizzicato Five) vont tourner aux États-Unis et en Europe avec la crème de la crème (Beastie Boys bien sûr, mais aussi Radiohead, REM, Sonic Youth, Herbie Hancock...) Lorsqu'en 2001 Grand Royal ferme ses portes, Buffalo Daughter encaisse le coup le mieux possible et passe, depuis, de maison de disque en maison de disque. Leur dernier album The Weapons of Math Destruction est sorti en 2011 sur leur propre label : Buffalo Ranch. 
Et à l'heure où je vous parle, elles préparent leur septième...
 

WILMOTH HOUDINI Gin and cocoanut water

Your Musical HOLIDAY in the WEST INDIES

Label : Decca
Année : 196?
Face A : Wilmoth Houdini : Rum And Coca-Cola - Lord Beginner : Love, Love, Love - Lord Kitchener : Nora - The Lion : Little Mary Had No Lamb - The Iron Duke : Man Smart And Woman Smarter 
Face B : Wilmoth Houdini : Gin And Cocoanut Water - Lord Beginner : Housewives - The Lion : Mary Ann - Lord Beginner : The Dollar And The Pound - The Lion : Ugly Woman - Lord Beginner : General Election
Genre : Calypsissimo !
Diffusé dans L'inventaire n°4 : Gin and cocoanut water

Holiday était un magazine américain consacré aux voyages, dont le succès s'accompagna d'une longévité plus qu'honorable, de 1946 à 1977. La firme discographique DECCA surfa un moment sur ce succès en produisant une série d'albums destinés à "convier, encourager et valoriser le holiday spirit" (dixit le dos de pochette de l'album). Les disques étaient apparemment offerts aux abonnés du magazine. S'il est difficile aujourd'hui d'obtenir des informations complètes sur cette série, on trouve, par recoupements, trace d'une petite dizaine de LP, célébrant successivement les vacances en Italie et en Amérique du Sud, à Vienne, Paris, Rio, New York, à la Havane, à Hawaii, et même un Holiday in the Alps
Il faut cependant rester circonspect quant à l'authenticité des musiques censées représenter les lieux affichés au recto. A titre d'exemple, le musicien Werner Müller, spécialisé dans l'illustration sonore, est responsable à lui seul des volumes Rio, Paris, New York et Italie... Difficile donc de comprendre la cohérence musicale du projet : s'agissait-il de compiler les musiques emblématiques d'un pays ? D'évoquer un climat, une ambiance locale par des compositions exotiques ? Ou de faire vraiment découvrir des musiques, des orchestres, des cultures inconnus ?
S'il est difficile de répondre pour l'ensemble de la collection, il convient de célébrer sans tarder ce volume consacré aux "West Indies", c'est à dire les îles autour de la mer des Caraïbes : Cuba, Haïti, Puerto Rico, la Jamaïque, les Bahamas... Et quel est le point commun musical à toutes ces cultures ? Le Calypso. Le résultat est une compilation délicieuse des orchestres et chanteurs qui excellaient alors dans ce style populaire et très influent. Si populaire que l'acteur Robert Mitchum y consacra un album (mais c'est une autre histoire ! )
J'aurais pu extirper n'importe quel morceau de l'album pour ajouter un peu d'ambiance chaloupée à ce mix de fin de saison. Il est d'ailleurs fort possible qu'il revienne sur les platines dans l'avenir. En attendant, et puisque vous avez eu la gentilles de me lire jusqu'ici, voici un lien pour le découvrir dans sa totalité : Holiday in the west indies.


BRUCE JOYNER Hot Georgia Nights

BRUCE JOYNER
Hot Georgia Nights

Label : New Rose 
Année : 1987
Face A : Hot Georgia Nights - The World Keeps Spinning Around - Sweet Southern Summertime - The World Needs A Little More Love - Melrose Avenue - City Lights
Face B : Cars Took The Place Of The Horse - Sunday Afternoon - Ghosts - Violence Is His Religion - What If Life Could Be A Movie? - Mama Said

Genre : Rock'n'romance
Diffusé dans L'inventaire n°4 : Hot Georgia Nights


Dandy boiteux, tour à tour ténébreux et lumineux, adulé par les rares personnes qui l'écoutent : tel est Bruce Joyner, peut-être le plus romantique des rockers américains, sans que jamais sa musique n'ait le moindre goût de sirop. Sa discographie est aussi dispersée qu'irréprochable. Depuis ses débuts en 1978, Bruce Joyner a changé  maintes fois de groupe et de label, sans jamais dévier de ses rock'n'roll primitifs et de ses ballades tordues. Son style brut, sa voix cassée qui s'envole et sa spontanéité sont les marques de fabrique d'un homme qui a survécu à quelques accidents, échecs professionnels et déboires sentimentaux, sans jamais oublier qu'il était là pour écrire des chansons. De belles chansons, dont la majeure partie n'est pas éditée en CD, ni disponible en mp3. Raison de plus pour se jeter sur son nouveau projet : Bruce Joyner and the Reconstruction .

Hot Georgia Night est sorti sur le label français préféré des américains de la marge : New Rose. Avec le LP, se trouvait offert un 45t quatre titres : il est aujourd'hui bien difficile de trouver les deux ensemble.

LOS MATECOCO Hay que calor

LOS MATECOCO 
Aïe ! Que Calor

Label : Bel Air/Musidisc
Année : 196?
Face A : El Porompompero - Sabor a mi - Abreme la puerta - Hay que calor - Dos pasitos - Emilio Dolores - Barrio de San Anton
Face B : Yo tengo una muneca - No me critiques - Yarabi - Pachanga modibo - Oye rumberito - Ritmo de chunga - Bye bye blackbird
Genre : Latino Caliente
Diffusé dans L'inventaire n° 4 : Hay que calor

Le charme de la fouine en vide-grenier passe par ce genre de trouvailles : une pochette racoleuse, un disque qui ne ressemble à rien, un label spécialisé dans la "muzak" et les disques d'ambiance, et, au final un véritable album d'orchestre très probablement cubain. Los Matecoco
Dans les années 50 et 60, un goût prononcé pour l'exotisme musical poussait les français à acquérir n'importe quel disque pourvu qu'il affiche un nom à consonance sud-américaine et promette un peu de rythme chaloupé. Au verso, chaque titre est suivi du style auquel il appartient : cha cha, rumba, bamba, guaracha, pachanga, veregua, et cetera. La pochette se devait d'afficher au recto soit un groupe en costume 'traditionnel", soit une femme un peu "hot", parfois les deux. Ici c'est plutôt la deuxième option, curieusement résumée à son regard de braise, mais l'album existe aussi en option "groupe déguisé" : 
Au-delà de tous ces paramètres commerciaux, reste la musique, souvent meilleure qu'on ne l'espérait. S'il est difficile de trouver des infos sur Los Matecoco dont la plupart des albums sont sortis sur label français, leur musique tient bien la route et leur discographie commencent à être collectée par les amateurs de groove latino.

Reste la question épineuse du titre : l'album s'appelle Aïe ! que calor, le morceau s'intitule Hay que calor... Ce qui ne veut rien dire : la bonne orthographe eut été ¡Ay, que calor !

THE BARRACUDAS His Last Summer

THE BARRACUDAS 
(I wish it could be) 1965 Again

Label : GMG
Année : 1985
Face A : Summer Fun 3:10 - Chevy Baby 2:16 - Surfers Are Back - 2:14 - His Last Summer 3:31 - Barracuda Waver 1:57 
Face B : The KGB 2:10 - I Can't Pretend 2:32 - Rendez-Vous 1:52 - (I Wish It Could Be) 1965 Again 3:21
Genre : Surf Punk
Diffusé dans L'inventaire n°4 : His Last Summer

Ils auraient voulu éclore en 1965 en Californie, ils ont débarqué en 1979 en Angleterre. Tout le paradoxe des Barracudas se résume à ça : un groupe de surf à l'ère punk, qui ne se sent pas de son époque et l'annonce dès son premier album, Drop out with The Barracudas, avec ce titre sans équivoque This ain't my time
Malgré leur nostalgie, leur incapacité à jouer autre chose qu'une musique du passé (voir leur deuxième album plutôt raté, Mean Time), il s'agit bien d'un groupe des années 80 : leur surf est plus rêche, plus violent que celui des Beach Boys. Le punk est passé par là, et pas seulement au niveau du son. Si la jeunesse d'alors a la nostalgie d'un passé et d'une culture rétro, c'est aussi parce qu'elle ne trouve pas sa place dans sa propre époque. Pire que le "No Future" des punk, la devise des Barracudas pourrait être "No present".
Cette idée semble se confirmer à travers de leur discographie qui compte plus de compilations, de live et d'exhumations posthumes que d'albums studio. Comme si, à leur tour, les Barracudas étaient devenus l'objet de culte d'un passé qui n'a jamais vraiment existé...   

mardi 14 août 2012

Inventaire numéro 3

 
30 minutes de musiques enchaînées, B.O., rock tendu, soul mélancolique ou dérapages brésiliens, du court, du long, du bon...

PETE CHALLIS & PHIL DIPLOCK My Way

MINIATURES a sequence of fifty-one tiny masterpieces edited by Morgan-Fisher

Label : Pipe Records
Année : 1980
Face A : Ollie Halsall & John Halsey : Bum Love - The Residents : We`re A Happy Family / Bali Ha`i - Roger McGough : The Wreck Of The Hesperus - Morgan Fisher :  Green And Pleasant - John Otway : Mine Tonight - Pete Challis & Phil Diplock : My Way - Robert Wyatt : Rangers In The Night - Stinky Winkles : Opus - Mary Longford : Body Language - Andy Newman : Andy The Dentist - David Bedford : Wagner`s Ring In One Minute - Fred Frith : The Entire Works Of Henry Cow - Maggie Nicols : Look Beneath The Surface - Joseph Racaille : Week-End - The Work : With Wings Pressed Back - Neil Innes & Son : Cum On Feel The Noize - Herbert Distel : Toscany In Blue (Last Minute) - Lol Coxhill : An End To The Matter - Ken Ellis : One Minute In The Life Of Ivan Denisovich - Steve Miller : Alice - Norman Lovett : John Peel Sings The Blues Badly - Patrick Portella : Serrons Nous Les Coudes - George Melly : Sounds That Saved My Life (Homage To K.S.) - Robert Fripp : Miniature - Andy Partridge : The History Of Rock`N`Roll - Phantom Captain : Breather 
Face B : Ron Geesin : Enterbrain Exit - Alejandro Viñao : An Imaginary Orchestrina - Quentin Crisp : Stop The Music For A Minute - Simon Desorgher : Tetrad - Ralph Steadman : Sweetest Love (Lament After A Broken Sashcord On A Theme Of John Donne) - R.D. Laing & Son : Tipperary - Trevor Wishart : Beach Double - John White : Scene De Ballet - Ivor Cutler : Brooch Boat - Hector Zazou : Do Tell Us - Michael Bass & Ellen Tenenbaum : A Miniaturisation Of Bartok`s Sonata For 2 Pianos & Percussion (3rd Movement) - Martin Chambers : A Swift One - Bob Cobbing & Henri Chopin : Refreshment Break - Dave Vanian : Night Touch - Metabolist : Raging Poodles - Gavin Bryars : After Mendelssohn (137 Years) - 1/2 Japanese : Paint It Black - Simon Jeffes : Arthur`s Treat - Mark Perry : Talking World War III Blues - Michael Nyman : 89-90-91-92 - David Cunningham : Index Of Ends - Kevin Coyne : James, Mark & Me (In The Manner Of Tom Waits) - Etron Fou Leloublan : Hep ! - Neil Oram & Ken Campbell & Science Fiction Theatre Liverpool : The Minute Warp - Pete Seeger : Chorale From Beethoven`s 9th Symphony
Genre : Court
Diffusé dans l'Inventaire n°3 : My Way

Ou comment faire rentrer 55 talents dans un simple 33 tours*. 
A titre d'exemple, en fin d'Inventaire, la reprise la plus cool (et, forcément, la plus courte) du tube planétaire de Claude François.

Le dépliant inséré dans l'album

*En 2000 est sorti un CD reprenant cet album plus sa suite, constituée de 51 nouveaux morceaux  enregistrés 20 ans après.

JOHN CALE Heartbreak Hotel

JOHN CALE 
Slow Dazzle

Label : Island Records
Année : 1975
Face A : Mr. Wilson 3:17 - Taking It All Away 2:59 - Dirty Ass Rock 'n' Roll 4:44 - Darling I Need You 3:38 - Rollaroll 3:59
Face B : Heartbreak Hotel 3:14 - Ski Patrol 2:12 - I'm Not The Loving Kind 3:12 - Guts 3:27 - The Jeweller 5:07

Genre : Rock tordu
Diffusé dans L'Inventaire n°3 : Heartbreak Hotel

John Cale ne s'est pas contenté de survivre à la fin du Velvet Underground, il a enchaîné dès 1970 avec une carrière solo passionnante et résistante, riche en expérimentations diverses, en collaborations fructueuses, régulièrement ponctuée d'albums avec un minimum d'erreur de parcours. Slow Dazzle arrive juste après l'album Fear (1974) et prolonge la plongée au cœur des aspects les plus sombres de la personnalité du chanteur. Il ne s'agit pourtant pas d'albums dépressifs, la musique y est aussi tranchante qu'une lame, aussi dure que le métal. Cette version d'Heartbreak Hotel en est un exemple éprouvant : l’hôtel des cœurs brisés célébré par Elvis perd ici ses accents blues-rock pour devenir une complainte agressive dans laquelle la voix de John Cale se fait menaçante, au bord de la folie, tout le contraire du chant romantique que les Eagles choisiront pour évoquer l'Hotel California un an plus tard.
John Cale a aujourd'hui 70 ans, il produit encore des albums et les défend sur scène avec la même présence envoutante. Pour les Eagles, ça reste à prouver...

SERGIO MENDES & BRASIL '66 Crystal Illusions (Memorias de Marta Sare)

SERGIO MENDES & BRASIL '66
Crystal Illusions

Label : A&M Records
Année : 1969
Face A : (Sittin On) The Dock Of The Bay 3:08 - Viola 3:47 - Song Of No Regrets 3:55 - Salt Sea 2:29 - Empty Faces 2:48
Face B : Pretty World 3:20 - Dois Dias 2:29 - You Stepped Out Of A Dream 2:34 - Crystal Illusions (Memorias de Marta Sare) 7:50
Genre : Brasilian mayonnaise

Sergio Mendes a été révélé aux Etats-Unis par le pape du Easy Listening, Herb Alpert. Avec sa musique oscillant entre bossa, jazz, pop orchestrale et reprises chaloupées, il n'eut pas toujours la reconnaissance critique qu'il méritait, ce qui ne l'empêcha pas d'être terriblement populaire à travers le monde, que ce soit dans les sixties avec son groupe Brazil '66 ou sur la décennie suivante avec la suite : Brazil '77. Il fait aujourd'hui l'objet d'une véritable adoration, aussi bien chez les amateurs d'exotisme, de world music, que chez les DJ et producteurs de musique électronique qui le samplent avec gourmandise. 
Si ce sixième LP du groupe n'est pas forcément le meilleur (les arrangements de la première face manquent un peu de l'inspiration habituelle de Sergio), ce long morceau qui clôt l'album et lui donne son titre est une immense pièce de pop orchestrale qui hésite en permanence entre deux pas de danse, une envolée lyrique et les dérives d'un psychédélisme d'époque tout à fait bienvenu. 

     

THE LAFAYETTES Life's Too Short

THE LAFAYETTES
Nobody But You/Life's Too Short

Label : RCA
Année : 1962
Genre : Joyau Pop
Diffusé dans L'Inventaire n°3 : Life's Too Short

The Lafayettes est le parfait exemple de ce que les anglo-saxons appellent les "One hit wonders", ces groupes ou individus qui ont produit un succès, ont fait un petit tour de piste, puis ont disparus aussi vite qu'ils étaient apparus. Si le phénomène traverse l'histoire de la musique pop-rock jusqu'à nos jours. il fut particulièrement sensible dans les années 60, aux États-Unis, où l'explosion du 45t permit l'éclosion de tas de groupes à consommation rapide, plus ou moins talentueux, très vite remplacés par le nouveau coup de cœur d'une jeunesse capricieuse et consumériste. The Lafayettes n'avaient probablement pas l’abattage des Stones ou des Beatles, mais au vu des deux titres qui occupent les faces de ce single, ils méritaient mieux qu'une carrière éclair.
Cette version est le pressage français sorti en 1970. Si  ce 45t respecte le son mono d'origine, il ne reprend en revanche que deux des quatre titres publiés sur l'original américain de 1962.La face A, Nobody but you, reste énergique est efficace, mais c'est ce Life's Too Short, ici en face B, avec ses roulements de baguettes sur le bord de la caisse claire qui laisse à penser qu'il y avait, derrière ce septet de Baltimore, une inspiration originale qui aurait peut-être mérité de pousser jusqu'à l'album.
Ce morceau est d'ailleurs resté dans quelques mémoires et figure dans la bande originale du film Hairspray de John Waters (l'original, pas le remake !). 

HINT 100% White Puzzle (K2 Mix)

HINT 
Product Topology

Label : Pandemonium
Année : 1996
Face A : The Hap In Tenebris (There Is No America Mix) - My Second Hand (One Handed Billard Player Mix) - Eyes In Axis (Sorry For Being Late Mix) - Mathematician's Love Letter (Underwater Mix) 
Face B : 100% White Puzzle (K2 Mix) - Eyes In Axis (Diamond Is Carbon Mix) - Foetus In Tenebris (Claustrophobic Mix) - Eyes In Axis (Diaphonic Interferences Mix)
Genre : No genre
Diffusé dans L'Inventaire n°3 :100% White Puzzle (K2 Mix)

Comme ils ne savaient pas où les ranger, les journalistes se sont mis à décliner des tas de catégories pour les identifier : Expérimental, Ambient, No wave, Noise, Avant-garde, post-rock... en oubliant qu'il s'agissait avant tout de musique. Une musique sans vraies paroles mais pleine de bruits urbains, de chants débarqués de contrées lointaines, d'instruments furieux et de mélodies souterraines. Hint défiait les classements, à la recherche de sonorités nouvelles et personnelles. Hervé Thomas, Arnaud Fournier, et leur précieux sonorisateur Pascal Ianigro ont ainsi projeté images et sons dans les années 90 sur les scènes prêtes à accueillir la bête. Ils sont revenus en 2009 pour une tournée en compagnie d'un autre groupe tout aussi difficile à étiqueter répondant au doux nom d' EZ3kiel
Hint n'a produit que peu d'albums. Product Topology, sorti en 1996, n'est pas vraiment considéré comme leur second, plutôt comme une relecture de leur premier, sorti l'année d'avant sous le titre 100% White Puzzle, dont les morceaux déjà riches à l'origine semble ici s'épanouir dans un univers parallèle. 
Product Topolgy est sorti uniquement en vinyle tout blanc, sur le regretté label Pandemonium Records dont la mémoire vive se trouve ici

THE SONICS High Time

THE HISTORY OF NORTHWEST ROCK Vol 3
Label : The Great Northwest Music Company
Année : 1980
Face A : The Springfield Rifle: 100 Or Two (2:29)/The London Taxi: Feelin' Down (2:27)/The Bumps: Please Come Down (2:20)/The Breakers: All My Nights And Days (3:01)/Jack Horner & The Plums: Who Do You Love (1:47)/The Sonics: High Time (2:05)/The Bards: My Generation (2:30)
Face B : The Live Five: Move Over And Let Me Fly (2:14)/The Magic Fern: Beneath A Tree (2:39)/P.H. Factor: Minglewood Blues (2:51)/The Brave New World: I See (2:20)/The Kingsmen:  C. C. Rider (3:12)
Genre : Compil'
Diffusé dans L'Inventaire n° 3 : High Time

Créateurs de la déflagration Psycho, héros du rock Garage, vénérés aussi bien par les rockers que les mods ou les punks, les Sonics se retrouvent régulièrement compilés, choisis aussi bien pour les anthologies de haute-volée (Nuggets) que pour les assemblages mal fagotés qui servent à exploiter des catalogues déjà amortis depuis belle lurette. 
Cette compilation, sortie uniquement sur le marché américain, est cependant particulière à plus d'un titre. Par son approche géographique tout d'abord, qui rassemble dans un grand écart de styles, des groupes issus de la scène du "pacific northwest" des années 60. On y trouve des pointures (The kingsmen, The Sonics) mais aussi de parfaits inconnus, compilés par un label tout aussi mystérieux : The Great Northwest Music Company. En fait, derrière cet intitulé se cache Jerden Records, label de Seattle qui a signé entre 60 et 70 une flopée de groupes excitants mais, pour la plupart, éphémères. Ils ont d'ailleurs à nouveau tenté de valoriser leur catalogue voici une douzaine d'années, à travers des compilations, cette fois éditées en CD, qui portaient le nom de ... The History of Northwest Rock (volume 1, 2 et 3). On y retrouvait sensiblement les mêmes artistes et les mêmes morceau que la série homonyme qui nous intéresse aujourd'hui, mais répartis différemment...
 Pour en savoir plus sur Jerden Records (c'est en anglais !)


MARVIN GAYE Sparrow

MARVIN GAYE
Here My Dear

Label : Motown
Année : 1979
Face A : Here, My Dear (2:48) - I Met a Little Girl (5:03) - When Did You Stop Loving Me, When Did I Stop Loving You (6:17) - Anger (4:04)
Face B :Is That Enough (7:47) - Everybody Needs Love (5:48) - Time to Get It Together (3:55)
Face C : Sparrow (6:12) - Anna's Song (5:56) - When Did You Stop Loving Me, When Did I Stop Loving You (Instrumental) (6:03)
Face D : A Funky Space Reincarnation (8:18) - You Can Leave, but It's Going to Cost You (5:32) - Falling in Love Again (4:39) - When Did You Stop Loving Me, When Did I Stop Loving You (Reprise) (0:47)
Genre : Deep, deep soul
Diffusé dans L'Inventaire n°3 :  Sparrow

L'un des tout derniers enregistrements de Marvin Gaye pour la Motown... Un véritable concept-album écrit pour d'étranges raisons : les royalties devaient lui permettre de régler les comptes de son divorce avec Anna Gordy. Du coup, l'essentiel des chansons retrace son histoire avec son épouse, de leur rencontre au déchirement, additionné de quelques introspections tout aussi douloureuses sur les démons qui rongeaient Marvin Gaye (culpabilité religieuse, colère, etc). Même si ce double LP semble se terminer sur une note d'espoir (Falling in love again), il constitue une longue complainte, un bloc de confessions à fleur de peau, heureusement transcendé par le génie musical de Marvin Gaye. Les ballades somptueusement arrangées côtoient quelques pièces de slow-funk qui donnent au final une œuvre dont la richesse réclame plusieurs écoutes. 
L'album sera très mal accueilli par le public et par une grande partie de la critique. Il a depuis été réévalué à la hausse et, même s'il se suffit largement à lui-même, réédité sur un CD qu'on a cru bon de gaver de prises alternatives, remixes et inédits...  



La pochette, au kitch gallo-romain particulièrement prononcé (la statue de Marvin Gaye tourne le dos à deux couples symbolisant l'amour, devant ce qui ressemble à un palais de justice en proie aux flammes de l'apocalypse...) est signée John Kosh, redoutable designer à qui l'on doit, entre autres, la pochette d'Abbey Road des Beatles.

COME Shoot me first



COME
Near Life Experience

Année : 1996
Label : Matador
Face A : Hurricane - Weak As The Moon - Secret Number - Bitten
Face B : Shoot Me First - Walk On's - Half Life - Sloe-Eyed
Genre : Rock tendu

Diffusé dans L'Inventaire n° 3 : Shoot me first



10 petites années, 4 albums et une poignée de singles : l'histoire de Come passerait presque inaperçue parmi les milliers de groupes qui émaillent 60 ans d'électricité musicale. Mais il suffit d'entendre (par exemple)  les premières notes de guitare de ce Shoot Me First pour comprendre qu'on à affaire à ce que le rock indépendant américain produit de plus acéré. Du reste le groupe a été adoubé par l'immense Bob Mould ce qui, à mes yeux, suffit à leur donner "la carte". 
En fait, même si Come a démarré en 1990 sous la forme d'un vrai groupe, il est surtout la conjugaison de deux talents qui poursuivent depuis, chacun de leur côté, une carrière solo discrète mais estimée : Thalia Zedek et Chris Brokaw.Il leur arrive cependant de se réunir sur scènes à de rarissimes occasions. Les plus chanceux ont par exemple pu les voir en 2010 à Las Vegas pour célébrer les 21 ans de leur exemplaire label Matador en excellente compagnie (Cat Power, Yo La Tengo, Guided By Voices, Pavement...)

ANGELO BADALAMENTI Blue Velvet Main title

ANGELO BADALAMENTI
B.O. du film Blue Velvet
Label : Varese Sarabande
Année : 1988
Face A : Main Title - Night Streets/Sandy And Jeffrey - Frank - Jeffrey's Dark Side - Mysteries Of Love (French Horn Solo) - Frank Returns - Mysteries Of Love (Instrumental)
Face B : Blue Velvet/Blue Star/Montage - Lumberton U.S.A./Going Down To Lincoln/Sound... - Akron Meets The Blues - Bill Doggett : Honky Tonk Part 1 - Roy Orbison : In Dreams - Ketty Lester : Love Letters - Julee Cruise : Mysteries Of Love
Genre : B.O.
Diffusé dans L'inventaire numéro 3 : Main Title

Si le thème de Twin Peaks reste certainement la plus entêtante des compositions de Badalamenti, c'est avec Blue Velvet que débute sa contribution essentielle à l'univers de David Lynch. La bande originale comporte bien quelques morceaux de crooners des années 50/60 (période qui obsède et fascine le réalisateur), mais les arrangements de cordes et les nappes synthétiques sont les véritables déclencheurs de la sourde angoisse qui accompagne le spectateur. La B.O. de Blue Velvet peut d'ailleurs s'écouter les yeux fermés et suggérer à chaque auditeur ses propres images, son propre film. 
Le thème qui accompagne le générique de début, inscrit sur un rideau de velours bleu électrique, est une envolée de cordes romantique et un peu tordue qui donne d'entrée la tonalité du film.
Si, comme beaucoup de B.O., on doit la publication de cet album à Varèse Sarabande, la version  vinyle n'est pas sortie dans beaucoup de pays. Le morceau diffusé dans le mix vient d'un pressage espagnol acheté au mythique magasin madrilène La Metralleta.


dimanche 5 août 2012

Inventaire numéro 2



Deuxième mix estival et hétéroclite. Bonne écoute !

THE CHILLS There is no point in trying

THE CHILLS
Soft Bomb
Label : Flying Nun/Slash Records
Année : 1992
Face A : The Male Monster From The Id (3:47) - Background Affair (4:17) - Ocean Ocean (3:55) - Soft Bomb (3:12) - There Is No Harm In Trying (0:39) - Strange Case (3:56) - Soft Bomb II (1:02) - So Long (3:20) - Song For Randy Newman Etc. (3:02)
Face B : Sleeping Giants (3:25) - Double Summer (3:12) - Sanctuary (3:53) - Halo Fading (3:34) - There Is No Point In Trying (0:33) - Entertainer (3:17) - Water Wolves (4:35) - Soft Bomb III (1:08)    
Genre : Pop champêtre
Diffusé dans L'inventaire numéro 2 : There's is no point in trying

Avec un changement de personnel constant et une discographie hiératique, The Chills est devenu en trente ans de carrière l'éternelle promesse de la pop néo-zélandaise. En fait, si les albums et les prestations scéniques ont toujours donné l'illusion d'un véritable groupe, The Chills est en vérité la création du seul Martin Phillipps, songwriter extrêmement doué, quoique très irrégulier. Soft Bombs marque la fin de sa période la plus productive, deux ans après l'amorce d'un succès international avec le bien nommé single : Heavenly Pop Hit. Malheureusement, la relative indifférence qui accueillit la sortie de Soft Bomb et la versatilité de Phillipps auront raison de The Chills qui ne donnera plus guère de nouvelles, à l'exception du très rafraîchissant Sunburnt en 1996.

A l'origine, le morceau choisi pour finir le mix était une ballade atmosphérique, The Entertainer, mais le hasard et le manque de temps l'ont remplacé par cette fantaisie énigmatique : There's no point in trying qui répond à une autre forme courte de l'album : There is no harm in trying....

SUNNY ADE Synchro System

KING SUNNY ADE & his african beats
Synchro System

Label : Island Records
Année : 1983
Face A :Synchro Feelings - Ilako (5:37) - Mo Ti Mo (5:30) - Penkele (3:59) – Maajo (4:07)
Face B : Synchro System (6:27) - E Saiye Re (3:28) - Tolongo (3:18) - E Wele (5:03) - Synchro Reprise (1:17)
Genre : Hypnotic Juju

Diffusé dans L'inventaire numéro 2 : Synchro System

Malgré un début de carrière compliqué qui se termine en imbroglio juridique au début des années 70, Suny Adé a publié à ce jour plus d'une centaine d'albums, à raison parfois d'une dizaine dans la même année. Il trimballe un ensemble d'une vingtaine de musiciens et ses concerts durent souvent plusieurs heures. Son jeu de guitare est marqué par ce phrasé typiquement nigérien, dynamique et lancinant, aussi indescriptible qu'immédiatement reconnaissable. Sunny Adé est le roi du "Juju", un style dérivé du Yoruba traditionnel combiné avec des instruments et des influences occidentales. L'Afro beat a beau être à la mode et la réputation de Sunny Adé internationale, sa discographie est particulièrement maltraitée par le numérique : rééditions rares, compilations hasardeuses, numérisation et emballages bâclés... Il faudra s'en contenter, ou courser les albums vinyles à travers le monde. Bonne chasse ! 

LES DUM'S Le dum-dum des grands singes

LES CHANSONS ET LES MUSIQUES DE TARZAN
Label : EMI - Pathé Marconi
Année : ???
Face A : Les Bongobos : Le Cri De La Jungle - Les Bongobos : Les Naufrages - Les Dum's  : Le Dum-Dum Des Grands Singes - Annie Vassiliu, Lawrence Riesner, Les Dum's : La Berceuse De Kala - Les Bongobos : L'Affreux Totem - Les Bongobos : Les Cro-Cro Les Cro-Cro Les Crocrodiles
Face B : Monique Messine : La Chanson de Jai - Les Dum's :  La Danse Des Grands Singes Nus - Les Bongobos : Tarzan Et Jeanne - Les Dum's : L'Enfant De La Jungle - Les Bongobos : Les Animaux Prisonniers - Les Bongobos : La Fête Mangani
Genre : Jungle Boogie

Diffusé dans L'inventaire numéro 2 : Le dum-dum des grands singes

A la fin des années 60, les industries musicales Pathé sortirent L'enfance de Tarzan, librement adapté des romans d'Edgar Rice Burroughs, raconté par la voix chaleureuse de Pierre Tchernia et dialogué parJacques Lanzman et Jean-Claude Lattès. L'album fut un succès suivi par au moins 5 autres volumes. Chacune de ces histoires était agrémentée de respirations musicales qui allaient de la berceuse enfantine à quelques furieux instrumentaux censés illustrer attaques animales, fêtes tribales ou danses des singes. Derrière ces morceaux se cachent des compositeurs spécialisés dans les bandes originales et musiques d'illustration (Gérard Calvi, Philippe Combelle) et deux groupes déchainés : Les Bongobos  et Les Dum's, ces derniers officiant sur l'énorme jam choisie pour ce mix.  
Le volume 9 de la collection* est une compilation rassemblant ces morceaux, ce n'est pas un hasard s'il s'échange sur le très recommandable site Groove Collector...



*Il n'est pas certains que les volumes 6, 7 et 8, bien qu'annoncés, soient réellement parus. Si quelqu'un en sait plus, qu'il nous écrive....

MAGAZINE Definitve Gaze

MAGAZINE
Real Life

Label : Virgin
Année : 1978
Face A : Definitive Gaze (4:25) - My Tulpa (4:47) - Shot By Both Sides (4:01) - Recoil (2:50) - Burst (5:00)
Face B : Motorcade (5:41) - The Great Beautician In The Sky (4:56) - The Light Pours Out Of Me (4:36) - Parade (5:08)
Genre : Post Punk ou Pré New Wave (au choix)

Diffusé dans L'inventaire numéro 2 : Definitive Gaze

Après avoir fondé et abandonné les Buzzcocks qui se débrouillèrent très bien sans lui, Howard Devoto sent qu'il peut faire un peu mieux qu'un combo punk de plus. Il monte Magazine, qui, avec son synthé agressif, ses rythmiques saccadées et ses ruptures de ton, prend un tour d'avance sur les années 80. Le son annonce bien sûr la New Wave, mais il y a tellement de créativité réunie dans le groupe qu'on évitera les étiquettes forcément réductrices. Au sein de Magazine, on trouve d'ailleurs le génial Barry Adamson, bassiste ici, puis, plus tard, chez Nick Cave, mais aussi  auteur d'une discographie solo chaudement recommandée.  
Real Life est le premier des cinq albums de Magazine qui s'éteindra en 1981 après avoir déblayé le terrain pour la décennie à venir... Sauf qu'il y a un épilogue : Howard et sa bande sont revenus en 2009 pour une tournée, puis en 2011 avec un album qui semble tenir la route...

BOB & MARCIA Save Me

BOB & MARCIA
Pied Piper/Save Me

Label : Trojan Records

Année : 1971

Genre : Basic Reggae
Diffusé dans L'inventaire numéro 2 : Save Me

Une poignée de singles, trois albums... La carrière de Bob (Andy) et Marcia (Griffiths) s'étend de 1970 à 76 avec deux pics : une reprise de Young, gifted and black (que Nina Simone avait mis sur orbite deux ans plus tôt), leur premier single qui atteindra le numéro 5 dans les charts anglais, puis Pied Piper l'année d'après, qui s'arrêtera à la onzième place et donnera son titre au second LP. Sur la face B de ce dernier se trouve ce Save Me, dans lequel la rythmique du groupe maison, The Trojans, est mixée bien devant pour assurer un groove irrésistible. 
Le duo tentera un retour pour un album en 1987. Depuis, le label Trojan a eu la bonne idée de rééditer le premier album, mais pas Pied Piper, qui s'échange à prix d'or.