mardi 4 décembre 2012

Inventaire n°9 - Cuckoo

Un mix chaotique exécuté en zone de turbulences :





KRISTIN HERSH Cuckoo

Kristin HERSH
Hips and Makers

Label : 4AD
Année : 1994
Face A  :Your Ghost - Beestung - Teeth - Sundrops - Sparky - Houdini Blues - A Loon 
Face B : Velvet Days - Close Your Eyes - Me And My Charms - Tuesday Night - The Letter - Lurch - Cuckoo - Hips And Makers

Genre : Beautiful songs
8ème morceau de L'inventaire n°9 : Cuckoo

Son groupe, The Throwing Muses, fut la première signature américaine du prestigieux label anglais 4AD. Kristin Hersch y imposait sa voix aux accents graves et ses compositions rock plutôt torturées. La dame est étrange, un peu bipolaire, et parfois gênée par la présence de se demi-sœur au sein du groupe, la très douée Tanya Donelly qui s'échappe avec les Breeders puis fonde Belly en 1992. 
Les Throwing Muses battent de l'aile, Kristin écrit alors ce premier album solo, très acoustique et très inspiré. Hips and Makers est souvent résumé au tube qu'il contient, Your Ghost, sorte de danse macabre exécutée en duo avec Michael Stipe de R.E.M. et c'est dommage.
En fait il n'y a rien à jeter dans cet album : 15 chansons sans batterie, avec une guitare, parfois un violoncelle, un coup de tambourin, et cette voix qui emporte tout sur son passage. Même lorsqu'elle reprend le traditionnel Cuckoo, ça reste du Kristin Hersh. Hips and Makers marque le début d'une carrière solo prolifique, riche aujourd'hui d'une dizaine d'albums.

LEW DAVIES and his orchestra - Riders in the sky

LEW DAVIES and his orchestra
Strange Interlude

Label : Command
Année : 1961
Face A :
Riders In The Sky - Strange Interlude - In A Mist - Gone With The Wind - Wild Goose - Intermezzo 
Face B :
Old Devil Moon - Ebb Tide - The Riddle Song - The Witching Hour - Laura - Spellbound 
Genre : Space Age Pop

7ème morceau de L'Inventaire n°9 : Riders in the sky

En ces temps reculés, dans ces drôles de contrées discographiques, l'artiste n'existait presque plus. Des collections entières de musiques d'ambiance, de décorations sonores, de disques d'illustrations, de librairie musicale, tout un monde où  comptait avant tout l'atmosphère dégagée par le son, tandis que le nom sur la pochette n'intéressait pas grand monde. Acoustique chaleureuse, balbutiements électroniques, précision de la stéréophonie, arrangements sophistiqués sur des mélodies simplissimes, jazz feutré sans soliste, ces disques que les esthètes jugeaient alors sans personnalité, constituent aujourd'hui un monde enchanté, une planète au parfum d'éden que certains ont qualifié d'"Easy Listening". D'autre l'appellent "Space Age Pop Music". Moi j'appelle ça de la musique parfaite. Vous, vous l'appellerez comme il vous chante...
Lew Davies fut arrangeur, notamment pour la mythique collection Persuasive Percussion sous la houlette d'Enoch Light (autre furieux de la musique parfaite) , il a signé une poignée d'albums avec son propre orchestre. Aujourd'hui, citer son nom vous fera passer pour un initié.

STAN RIDGWAY Can't stop the show

STAN RIDGWAY
The Big Heat

Label : I.R.S.
Année : 1985
Face A :
The Big Heat - Pick It Up (And Put It In Your Pocket) - Can't Stop The Show - Pile Driver - Walkin' Home Alone
Face B :
Drive She Said - Salesman - Twisted - Camouflage

Genre : Short Stories
6ème morceau de L'inventaire n°9 : Can't stop the show

Dans les années 80, Wall of Voodoo proposait un curieux mélange de rock un peu tordu construit sur quelques éléments basiques du rock américain, un harmonica lancinant, combinés avec des sonorités new wave un peu cheap, des boucles synthétiques oppressantes et une boîte à rythme qui ressemblait à une machinerie d'usine. Au-dessus de cette ambiance étouffante surfait la voix de Stan Ridway, grave et acide, un peu nasillarde mais quand même chaleureuse, quelque chose qui oscillait entre la déclamation du prêcheur et le récit du conteur.
Et puis Stan s'est échappé. Il est allé chanter le générique de Rusty James de Francis Ford Coppola sur une b.o. magistrale signée Stewart Copeland, puis il a commencé une carrière solo avec The Big Heat en 1985. Si l'identité sonore est moins marquée que dans Wall Of Voodoo, le talent de songwriter s'affirme. Chaque chanson est un court métrage, une nouvelle... Can't stop the show par exemple est raconté par un homme qui dirige une équipe de stripteaseuse. Si vous ne comprenez pas l'anglais, laissez vous guider par l'atmosphère.

Stan Ridgway a 58 ans, ils continue à produire des albums. Et c'est toujours aussi bien :





THE SOUL SEARCHERS Soul to the people

THE SOUL SEARCHERS
We The People

Label : Sussex
Année : 1972
Face A :
We The People  - Your Love Is So Doggone Good - It's All In Your Mind     - Soul To The People 
Face B :
Think - 1993 - When Will My Eyes See - Blowout

Genre : Groovy baby
5ème morceau de L'inventaire n°9 :  Soul to the people

Deux albums au début des années 70 : la carrière éclair des Soul Searchers n'est malheureusement pas un cas unique dans la galaxie du groove. Aujourd'hui, ces albums (parfois juste une poignée de singles) de groupes éphémères font les délices des collectionneurs, compilateurs et autres D.J. qui samplent allègrement le moindre coup de baguette, la moindre ligne de basse, pourvu qu'ils provoquent un minimum de fourmillement dans les jambes. Ici, c'est un festival ! Emmenés par le guitariste Chuck Brown (décédé en mai dernier) les types entrent direct dans le lard, avec cuivres, percus, wah-wah, tambourin, et une petit flûte d'époque qui laisse envie de se laisser pousser les cheveux et fumer la moquette. Moins convaincants sur les rares ballades (souvent la faiblesse des collectifs funky...) The Soul Searchers est cependant une alternative idéale aux débauches psychédéliques de Sly & The Family Stone. Moins foutraques, plus jazzy, ils signent ici un premier album qui, 40 ans plus tard, connaît une belle postérité. Reste plus qu'à trouver leurs second LP maintenant...

BAND OF HOLY JOY The Aspidistra House

THE BAND OF HOLY JOY
More Tales From The City

Label : Flim Flam Productions
Année : 1987
Face A :
Who Snatched The Baby - Mad Dot - When Stars Come Out To Play - The Aspidistra House - The Tide Of Life 
Face B :
Don’t Stick Knives In Babbies’ Heads - Leaves That Fall In Spring - Cities - Fishwives - Goodnight, God Bless And Goodbye

Genre : Pop Cabaret
4ème morceau de L'inventaire n°9 :
The Aspidistra House

Soudain, il fut possible de croire à une musique pop à la fois euphorique et mélancolique, un joyeux bordel collectif dans lequel violons et cuivres côtoyaient guitares et claviers sans jamais trancher entre acoustique, électrique et synthétique. Le groupe doit aussi son identité au chanteur Johnny Brown dont la voix plaintive, qui peut en rebuter certains à la première écoute, donne cette ambivalence tragi-comique à la plupart des morceaux. 
The Band Of Holy Joy, qui se transformera en Band Of Holy Joy et même Holy Joy pour l'album Tracksuit Vendetta en 1992, fait l'objet d'un petit culte en Angleterre et en Espagne depuis 25 ans. Sinon, il fallut un Bernard Lenoir pour diffuser leur musique à la radio en France à l'époque et même les inviter à jouer live : on découvrit alors une débauche sonore généreuse à mille lieux des poses arrogantes de la brit' pop. Malgré diverses implosions, le groupe est encore actif, il sort des albums et se produit sur scène. Mais ils ne passent plus par chez nous. 
Ce premier album studio officiel, comme le suivant, When stars comme out to play, un live sorti la même année, n'ont jamais été édités en CD

GAINSBOURG Le Cadavre Exquis

GAINSBOURG
L'Ami Caouette/Le Cadavre Exquis

Label : Philips
Année : 1975
Genre : Gainsbourg
3ème morceau de L'Inventaire n°9 : Le Cadavre Exquis

Entre les albums Rock Around The Bunker et L'Homme à tête de chou, tout en achevant le film (et la B.O.) Je t'aime moi non plus, Gainsbourg sort ce 45t. Une irrésistible machine à danser en face A et un morceau qui annonce le groove moelleux des variations sur Marilou en face B : impec' ! Juste, ils auraient pu faire un effort pour la pochette...


JAMES WHITE Stained Sheets

JAMES WHITE AND THE BLACKS
Off White

Label : ZE Records/Island
Année : 1979

Face A :
Contort Yourself - Stained Sheets - (Tropical) Heat Wave - Almost Black
Face B :
White Savages     - Off Black - White Devil - Bleached Black 

Genre : Underground new-yorkais
2ème morceau de L'inventaire n°9 : Stained Sheets

Dans le sillage de la déferlante punk initiée par les New-York Dolls et épanouie sur la scène minable du CBGB (Blondie, Television, Patti Smith, Ramones, Talking Heads, Suicide...) une meute de musiciens suburbains, assoiffés de sonorités nouvelles et d'expériences nocturnes, remonta directement des entrailles de la ville dans les clubs et petites salles branchées de New York. Textes éructés sur des couches de guitares saturées, de basses grondantes et de batteries tribales, morceaux déstructurés, passés au papier de verre et livrés en pâture à un public friand d'agression sonore, ce fut un temps de confusion et d'audace certainement aidé par l'abus de substances tout aussi  inspiratrices qu'illégales. 
James White ne chante pratiquement pas, il parle parfois, il joue du saxophone comme un épileptique, et son carnet d'adresse fourmille de musiciens échappés de Sainte-Anne. Parmi eux la prêtresse des bas-fonds, Lydia Lunch, ex-compagne de monsieur Blanc qui  vient ici feuler sous le pseudonyme de Stella Rico, transformant un instrumental tranquillement jazzy en maladie sexuellement transmissible.
James White, de son vrai (?) nom James Chance  tourne encore en solo avec une bande orchestre. Il paraît qu'il ne souffle même plus dans son saxophone.
Faudrait pas vieillir !

KALEIDOSCOPE Cuckoo

KALEIDOSCOPE
Bacon from Mars

Label : Edsel Records
Année : 1983
Face A : 
Egyptian Gardens - If The Night - Please - Keep Your Mind Open - Pulsating Dream - Oh Death -     Why Try - I Found Out
Face B : 
Life Will Pass You By - Lie To Me - Petite Fleur - Banjo - Cuckoo - Nobody - Elevator Man - Hello Trouble

Genre : Folk psychédélique
1er morceau de L'inventaire 9 : Cuckoo

A la fin des années 60, entre les grands mouvements de contestation populaire, l'effervescence de la contre culture et les effluves cannabisées d'un summer of love permanent, ils étaient nombreux les groupes américains à mélanger les racines profondes de la culture américaine (blues et country pour faire vite) et des sonorités plus étranges. L'électricité, les drogues et les instruments exotiques, très à la mode depuis que les Beatles avaient introduit la sitar dans la musique pop, furent les ingrédients miracle d'une vague de groupes qui finiraient par perdre leur fraîcheur première dans la virtuosité pénible du rock progressif. Kaleidoscope fait partie de cette mouvance de la côte ouest (ils sont originaires de Los Angeles) et, si le groupe n'a jamais connu le grand succès, ils ont pourtant tourné entre 67 et 70 et côtoyé quelques têtes d'affiche de l'époque (les Who, le Grateful Dead...). Ils publient quatre albums et se distinguent par une grande souplesse musicale et une façon très naturelle d'intégrer leurs multiples influences à leur collectif pourtant très hétérogène. L'alchimie entre sonorités traditionnelles et échappées électriques fonctionne à merveille. Ils seront décrits par le journaliste musical Pete Frame (NME, Sounds, Melody Maker, Rollong Stones) comme "Le plus mystérieux et charismatique de tous les ensembles musicaux de Los Angeles".


Cette compilation, sortie en 1983, porte le titre A Bacon from Mars ("Un bacon venu de Mars")qui aurait dû être celui du deuxième album de Kaléidoscope. Mais une incompréhension au moment de la conception de la pochette l'a finalement fait sortir sous le titre A beacon from Mars ce qui signifie "Un signal venu de Mars" : titre qui n'a rien à voir avec la choucroute.

jeudi 15 novembre 2012

TwinSelecter live à l'atelier En Traits Libres




Mercredi 21 novembre
certainement à partir de 19h,
l'atelier En Traits Libre fête la sortie du nouveau numéro de son fanzine sur le thème du bestiaire
Pour l'occasion Twinselecter, collectif de 1 ou 2 D.J., amènera ses disques avec plein d'animaux dedans, histoire de faire miauler, rugir, aboyer et feuler les artistes, badauds, et autre faune de l'apéro.
Venez en meute ! 

jeudi 1 novembre 2012

Inventaire numéro 8 - un error de programación

Des oubliés de la "brit pop" à la coldwave synthétique espagnole...


EL AVIADOR DRO Rosemary

EL PECADO ORIGINAL (Compilation)

Label : DRO
Année : 1986
Face A :
Los Bolidos : Oh, Oh, Oh - Los Bolidos: Ráfagas - Las Chinas: 23 De Enero - Las Chinas: Chicos De La Calle - Los Nikis: Mi Chica Se Ha Ido A Katmandu - Los Nikis: Rumbo A Manhattan - Los Negativos: La Carrera - Los Negativos: El Descapotable Rosa   
Face B : 
El Aviador Dro Y Sus Obreros Especializados : Rosemary - El Aviador Dro Y Sus Obreros Especializados: Hazme Tu Androide - El Humano Mecano: Ordenes - El Humano Mecano: La Banda De Los 4 - Gabinete Caligari: El Tren Especial - Gabinete Caligari: Brand New Cadillac - Paralisis Permanente: Miedo - Paralisis Permanente: Autosuficiencia  
Genre : Spanish Wave 
8ème morceau de L'inventaire n° 8 : Rosemary

La Metralleta, mythique magasin de  disques madrilène, proposait au début des années 90 des bacs à 100 pesetas l'album (à peu près 1/2 euro). on y trouvait de tout, en abondance, de quoi justifier largement la perte d'une demi-journée dans les sous-sols à lumière blafarde de cette ancienne station de métro. 
C'est ainsi que je ramenais fièrement à la caisse un exemplaire de Zilch, premier LP du groupe Shack, monté par les frères Head après avoir échoué leur premier groupe mythique : The Pale Fountains
Quelle ne fut pas ma déconvenue lorsque je découvris que, sous la pochette de Zilch, se trouvait en réalité une compilation intitulée "El Pecado Original" et qui semblait constituée de groupes espagnols dont je n'avais jamais entendu parler. Une semaine plus tard, rentré en France , je posais le disque sur ma platine, non sans une certaine amertume qui se transforma immédiatement en sourire béat : je venais de découvrir quelques-uns des meilleurs échantillons de la pop espagnole, étiquetés new-wave, cold wave, post punk, etc, parmi lesquels deux groupes vénérés par les connaisseurs : Cabinete Caligari et les très synthétiques El Aviador Dro, choisi pour ce mix. 
La compilation est aujourd'hui beaucoup plus recherchée que les albums de Shack. A titre personnel, dénicher la pochette sans le disque suffirait à mon bonheur...


   

DE LA SOUL Piles And Piles Of Demo Tapes Bi-Da Miles

DE LA SOUL

Ring Ring Ring (Ha Ha Hey (Extended Decision) /  Piles And Piles Of Demo Tapes Bi-Da Miles (Conley's Decision)

Label : Tommy Boy
Année : 1991

Genre : essential hip-hop
6ème morceau de L'inventaire n°8 : Piles And Piles Of Demo Tapes Bi-Da Miles

3 feet high and rising et De La Soul is dead, les deux premiers albums du trio de Long Island, New York, font partie des pierres angulaires du rap U.S.
En langage normal, ça veut dire qu'ils contiennent tellement d'idées neuves, d'humour et de feeling qu'ils semblent inépuisables. Avec l'aide du bidouilleur Prince Paul à la production, le sample n'est pas seulement une machine à faire du groove mais une corne d'abondance d'où se déversent des flots de clins d’œil et citations, quelques sonorités surréalistes et autres surgissements inattendus. Et comme si ça ne suffisait pas, les lascars profitent de la version single pour glisser en face B de leur tube Ring Ring Ring (Ha Ha Hey) une version instrumentale où leur flow moelleux est remplacé par un solo de flûte qui groove sa race.  Il est dû à David L. Conley, illustre inconnu par ailleurs qui a sorti un album de jazz bossa en 2011...  













WILLIE "LOCO" ALEXANDER Kerouac

WILLIE LOCO ALEXANDER
Greatest Hits

Label : New Rose (Fan Club)
Année : 1988
Face A : Kerouac - Mass. Ave - Hit her wid de axe - You look so pretty - Dirty Eddie - Gin - Bebopalula
Face B : Bass Rocks - Aaww - A girl like you - Lonely Avenue - That was the thing - Taxi-stand Diane - Pop tune
Genre : Wild side rock'n'roll
6ème morceau de L'inventaire n°8 : Kerouac

Encore un de ces "perdants magnifiques" du rock, cousin de Bruce Joyner, petit frère d'Alex Chilton, Willie Alexander commence sa carrière à l'envers : il remplace le guitariste Sterling Morrisson au sein d'un Velvet Underground en bout de course, un peu le genre de type qui arrive affamé au moment où on débarrasse la table. Il y fait tout de même la rencontree du bassiste Walter Powers qu'il retrouvera au début des années 80 pour tourner en France qui fut un temps une véritable terre d'accueil pour les rockers américains de la marge. 
La gloire de Willie "Loco" Alexander tient à peu de choses, un single (Kerouac choisi pour ce huitième mix), une poignée d'albums avec son groupe le "Boom Boom Band" répartis sur d'authentiques labels sauvages (Garage Records, Rat Records et le mythique Bomp qui accueillit à leurs débuts des personnalités aussi prestigieuses qu'Iggy Pop ou Jonathan Richman) et une aura souterraine bien solide qui lui permettra de faire son retour en 2002 avec un nouvel album. 
Et même si le terme "Greatest Hits" peut sembler ironique pour une telle figure de l'ombre, ne vous y trompez pas: cet album est bien un recueil de purs moments de rock'n'roll avec quelques reprises bienvenues (un Bebopalula plutôt vicieux) et cette voix, à la fois sauvage et sentimentale, qui fait la marque de fabrique de Willie le fou.


MARY AFI ASUAH - Ima Mma Nyem

NIGERIA SPECIAL
Volume 2

Label : Soundway
Année : 2010
Face A : Fubura Sekibo : Psychedelic Baby - Black’s’ Zenith : Shango Oba Onina - Twins Seven-Seven and His Golden Cabretas : Totobiroko (Ogbele) - The Professional Seagulls Dance Band of Port Harcourt : Ibi Awo Iyi - The Otarus : Omohupa
Face B : The Don Isaac Ezekiel Combination : The Lords Prayer - James Etamobe & His All Weatther Band : Agboyabakpa - The People Star : Onwu Dinjo - Bola Johnson & His Easy Life Top Beats : Jeka Dubu
Face C : Emperor Dele Ojo & His Africana Internationals : Jekoyewa - Commander in Chief Stephen Osita Osadebe & His Nigerian Sound Makers : Onyebu Chi - Paulson Kalu Afrikhanah & His Stars 25 : Ochea Special - Fidel Sax Bateke & The Voices of Darkness : Motako
Face D : Opotopo (Easy Kabaka Brown) : Agboho - Eric Akaeze : Ajambene - Etubom Rex Williams & His Nigerian Artistes : Isip 2 

Face E : The Peacocks International Guitar Band : Onye Aghala Nwanneya - The Nkengas : Anyi Bundi Igbo - Joy Nwoso & Dan Satch : Egwo Umu Agbogho - Mary Afi Asuah : Ima Mma Nyem
Face F : Tunji Oyelana & The Benders : Iwo Ko La Dami - The Ikenga Super Stars : Aku Nke Uwa
Genre : Highlife
5ème morceau de L'inventaire numéro 8 : Ima Mma Nyem

Le label Soundway fait un travail exemplaire en matière de réédition de musiques venues de tous les recoins de la planète où l'on danse. 
C'est très à la mode, et c'est très bon !


NEW LIFE Ha Lese

ACID DREAMS
Volume Three
Label : Gutter
Année : 1998
Face A : Los Belmont: No Crease En La Mujer - Charlie Brown's Generation : Fast Retreatin' Female - The Regents: Worryin' Kind - The Skunks : Don't Ask Why - The Flower Power : You Make Me Fly - The Stained Glass: A Scene In Between - The Purple Haze : Shades Of Blue - The Growing Society : The Red Fuzz
Face B : A Little Bit Of Sound : Incense And Peppermints - The New Life : Ha Lese (Le Di Khanna) - John Does : One Kind Favor - The Flower Power : Sunshine Day - The New Arrivals : Let's Get With It - Fox & The Roadrunners : Illusions Of A Party - The King Biscuit Entertainers : Take My Thoughts Away
Genre : Garage psychédélique
4ème morceau de L'inventaire n°8 : Ha Lese

La légende est trop belle pour être inventée : en 1978, un disquaire berlinois, inspiré par les mythiques compils Nuggets, sort sa propre sélection d'obscurs groupes de garage et pop psychédélique sur un vinyle dont il aurait fabriqué une quantité minime d'exemplaires (77 à la vente et quelques uns offerts à ses proches...) 
L'objet fut vite épuisé, piraté, et, en 1988, un album intitulé Acid Dreams Testament en reprenait 13 titres sur 18 auquel il ajoutait 15 autres raretés... Épuisée aussi, cette version a laissé la place en 2009 à une réédition en vinyles 180gr, évidemment en tirage limité, manière de générer d'autres frustrés. 
Quant aux volumes 2 et 3, ils sont datés de 1998. Le 2 n'a pas de Label et ce Volume Three affiche "Gutter" sur son rond central, ce qui pourrait passer pour une maison de disque si ce n'était pas la seule occurence de ce nom dans toute l'industrie discographique...
Malgré le côté anarchique et mystérieux de ces productions, le contenu n'a rien à envier aux Nuggets, Pebbles et autres Acid Visions, compilations qui puisent au filon inépuisable d'une époque où la pop musique n'avait pas peur de partir en vrille. 
The New Life, sélectionné pour ce 8ème mix, est un des deux groupes hispanophones du volume trois qui, entre autres surprises, propose même un morceau avec du chinois dedans !

POISON GIRLS Velvet Launderette

POISON GIRLS
Where's the pleasure 

Label : Xntrix Records
Année : 1982
Face A : Where's the pleasure - Lovers are they worth it - I've done it all before - Whisky voice - Ménage abattoir - Take the toys - Soft Touch - Take the toys (reprise)
Face B : Velvet Launderette - Rio Disco Stink - Cry No More - Mandy Is Having A Baby - Fear Of Freedom

Genre : Antiglamourous Punk
3ème morceau de L'inventaire n°8 : Velvet Launderette

Même John Peel n'a pas voulu des Poison Girls ! On fait difficilement plus atypique comme groupe de rock, peut-être plus encore au sein d'une Angleterre punk qui revendique ses excentricités et finit par tomber dans un certain conformisme de la provocation. Les Poison Girls ne se voulaient même pas punk, et étaient menés par une furie qui avait passé la quarantaine lorsqu'elle s'empara du micro : Vi Subversa (Frances Sokolov Sansom de son vrai nom). 
Textes radicaux, voix grasse et grave, un son et des compositions qui rappellent celles d'Hazel O'connor pour le film Breaking Glass, le tout sans effet de manche inutile... Pas facile à vendre, pas assez glamour, les journalistes ne se bousculent pas au portillon : ils ont tort ! Malgré quelques abandons de musiciens et un changement de maison de disque, Poison Girls traversera les années 80 en tournant à travers l'Europe et produisant une petite poignée d'albums. Ils jettent l'éponge en 89 mais donnent un ultime concert en 1995 à l'Astoria pour fêter les... 60 ans de la dame. No future, mon cul !

PS : Contrairement à ce qu'a voulu faire croire le rigolo qui a collé des étiquettes sur la pochette, Poison Girls n'a jamais signé chez New Rose.

B.T. EXPRESS Mental Telepathy

B.T. EXPRESS
Do it 'til you're satisfied

Label : Scepter Records
Année : 1974
Face A : Express - If It Don't Turn You On (You Oughta' Leave It Alone) - Once You Get It - Everything Good To You (Ain't Always Good For You) - Mental Telepathy
Face B : Do It ('Til You're Satisfied) - Do You Like It - That's What I Want For You Baby - This House Is Smokin'

Genre : Groovy Baby
2ème morceau de L'inventaire n°8 : Mental Telepathy

Juste assez funky pour ne pas être totalement disco, ce premier album de B.T. Express rassemble 8 morceaux destinés à vous envoyer directement sur la piste de danse. Comme le laisse deviner la pochette, le son est urbain (le groupe est basé à Brooklyn) et sans afféteries. Les arrangements de cordes ne sont pas encore envahissants et la rythmique basse/batterie s'impose au premier plan. 
Une touche de psychédélisme bienvenue indique clairement que les B.T. Express ne fument pas que du tabac, particulièrement sur This house is smokin' et le mid-tempo Mental Telepathy choisi pour ce mix. Leur carrière s'étirera jusqu'en 1982 avec quelques réussites (leur LP suivant, Non-stop, est encore très recommandable) mais de l'avis général ce premier album reste le meilleur.

HOUSE OF LOVE Purple Killer Rose

HOUSE OF LOVE

Label : Fontana
Année : 1991

Face A : The Girl with the loneliest eyes - Purple Killer Rose
Face B : Tea in the sun - Pink Frost

Genre : Brit Pop
1er morceau de L'inventaire n°8 : Purple Killer Rose

House of love est un groupe surgi en Angleterre à la fin des années 80. Leur discographie est assez chaotique, à l'image de leur parcours : quatre albums sutdio, dont deux sans titres, auxquels il faut ajouter deux compilations de singles et inédits, également sans titres, qui n'ont rien à envier aux albums officiels... 
Entre les débuts hésitants en 1986 et la séparation officielle en 1993, (The) House of love va faire disparaître l'article de son nom, changer au moins quatre fois de guitariste, quitter le label Creation pour Fontana et, surtout, passer du statut de nouvel espoir du rock anglais à celui de pestiférés. La vague mancunienne emmenée par les Stone Roses et les Happy Mondays n'explique pas tout, ni l'age du leader de House of Love, Guy Chadwick, plus âgé, moins démonstratif et, pour tout dire, moins rock'n'roll que ses concurrents directs. 
Il suffit pourtant d'écouter, par exemple, ce Purple Killer Rose, un inédit figurant sur le maxi The girl with the loneliest eyes qui annonçait leur troisième album Babe Rainbow, pour réaliser l'injustice de ce rejet. Guy Chadwick est un immense songwriter qui n'a malheureusement jamais été capable d'écrire un véritable tube, mais dont la plupart des morceaux gardent aujourd'hui leur force intacte. C'est très facile à vérifier : leur discographie remplit les bacs de soldes à des prix très abordables. 
House of love s'est reformé en 2005, le temps d'un album qui n'est pas arrivé jusqu'à nous. Triste épilogue pour un homme qui déclarait en 1992 "Je veux toujours être là dans vingt ans, nous en avons les moyens..."  

mercredi 10 octobre 2012

MONEY MARK Hand in your head

MONEY MARK
Push the buttons

Label : Mo Wax
Année : 1998
Face A : Poor Shakes - Too Like You - Tomorrow Will Be Like Today - Rock In The Rain - All The People
Face B : I Don't Play Piano - Hand In Your Head - Maybe I'm Dead - Powerhouse
Face C : Monkey Dot - Bossa Nova 101 - Crowns - Underneath It All
Face D : Destroyer - Trust - Dha Teen Ta - Harmonics Of Life 
Face E : Push The Button
Genre : Chansons et claviers 
10ème morceau de L'inventaire n°7 : Hand in your head

Money Mark était le clavier des Beastie Boys. A côté de ça, il a une vie propre. Comme Jean-Jacques Perrey (qui ouvrait ce mix) c'est un fou de Moog*, mais pas seulement. Il écrit de petites chansons pop, simples et classiques, presque naïves, presque parfaites. Pour ce deuxième album sorti en 1998, il propose une version vinyle regroupant un 33t, un 25 cm et un 45t gravé sur une seule face. On y trouve des instrumentaux qui font danser, des chansons qui font plaisir et quelques pièces de musique épileptique. Bref, c'est l'opulence ! 

*Moog : Type de synthétiseurs au son très caractéristique inventé par Robert Moog dans les années 60. Moog est au synthé ce que Steinway est au piano.

Robert Moog et son intrument. Photo prise

ROXY MUSIC Rain Rain Rain

ROXY MUSIC
Flesh+Blood

Label : Polydor
Année : 1980
Face A : In The Midnight Hour - Oh Yeah - Same Old Scene - Flesh And Blood - My Only Love
Face B : Over You - Eight Miles High - Rain Rain Rain - No Strange Delight - Running Wild

Genre : Pop sophistiquée
9ème morceau de L'inventaire n°7 : Rain Rain Rain

On pourrait dire que les années 80 commencent là ! Si les puristes préfèrent le Roxy Music première période (un glam rock frôlant la folie, fortement marqué par la présence de Brian Eno aux claviers), il serait stupide de jeter la suite aux orties. Manifesto, Flesh + Blood et l'ultra populaire Avalon (numéro 1 dans les charts anglais, disque de platine aux États-Unis) constituent une trilogie dorée, la déclinaison du meilleur de Brian Ferry qui signe désormais toutes les compositions, parfois aidé par son guitariste Phil Manzanera. Si la production, le saxophone d'Andy Mackay et les sons synthétiques datent aussi surement ces albums que l'esthétique glacée des pochettes, c'est tout simplement parce que Brian Ferry et ses hommes ont contribué a inventer ces années 80. Partagé entre ses facilités de crooner et sa fascination pour le psychédélisme, il ne tranche pas et réussit cet étrange paradoxe : des chansons parfaitement lisses en apparence mais pourtant fiévreuse à l'intérieur.
Ainsi en va-t-il de ce Rain Rain, Rain morceau romantique et chaloupée, se terminant sur un point d'interrogation, typique des trouvailles discrètes de ce fin renard de Brian Ferry .

JACQUES DUTRONC Je suis content

JACQUES DUTRONC

Label : Vogue
Année : 1968
Face A : A Tout Berzingue - La Seine - Les Vangauguins - Transes-Dimanche - Proverbes - L'opportuniste 
Face B : Le Roi De La Fête - Amour Toujours, Tendresse, Caresse - Je Suis Content- La Leçon De Gymnastique Du Professeur Dutronc - La Solitude - Le Mythofemme 

Genre : Chanson française de qualité, chic et de bon goût.
8ème morceau de L'inventaire n°7 : Je suis content.

Beau gosse, riche, cynique et de droite, doué pour la musique et pour jouer la comédie, Dutronc est un type énervant. N'empêche qu'il n'y a pas grand chose à jeter dans ce troisième album sans titre, parfois appelé L'Opportuniste en raison du chef d’œuvre qui clôt la première face. Moins connu mais tout aussi je-m'en-foutiste, Je suis content bénéficie d'une guitare fuzz omniprésente et de cette rythmique bien lourde, tout droit venue d'une pop anglaise qu'il fut l'un des premiers à assimiler avec son copain Gainsbourg. Ils sont nombreux aujourd'hui, dans ce joli panier qu'on appelle la chanson française, à citer Dutronc en référence, voire à revendiquer l'héritage... 
No comment !

UPSETTERS Popcorn

UPSETTERS
Eastwood Rides Again

Label : Trojan
Année : 1970
Face A :Eastwood Rides Again - Hit Me - Knock On Wood - Popcorn - Catch This - You Are Adorable - Capsol
Face B : Power Pack - Dollar In The Teeth - Baby Baby - Django (Ol Man River) - Red Hot - Salt And Pepper - Tight Spot

Genre : Instrumental Roots
7ème morceau de L'inventaire n°7 : Popcorn

Lee Perry, sorcier de studio jamaïcain, entouré de légendes plus ou moins frelatées ("l'homme qui soufflait la fumée de ganja sur les bandes magnétiques pour insuffler de bonnes vibrations à ses enregistrements", "l'homme qui mit le feu à son propre studio", "l'homme qu'on vit marcher à l'envers dans les rues de Kingston plusieurs jours durant", "l'homme qui remixa les Stones et fit disparaître les bandes ensuite"...) avait sous la main un groupe impeccable, essentiellement dédié à ses productions en studio : The Upsetters. Ici, ils ont perdu leur article, mais cette collection d'instrumentaux enregistrés en 1970 offre le meilleur d'une musique et d'un son souvent imité jamais égalé depuis. Rythmiques rondes et puissantes, riffs d'orgue simples et efficaces, et quelques références au western spaghetti lâchées comme des incantations religieuses ("Clint Eastwood rides again", "Django !"). La magie opère avec la production de Lee Perry, manitou décomplexé qui ne craint ni le souffle, ni la saturation, s'amuse à baisser et monter les pistes et balancer echo, delay et reverb au feeling. C'est artisanal, mais c'est divin ! 
Deux morceaux échappent cependant à la syncope reggae : le très funky Popcorn, choisi pour ce mix, et le bien nommé Catch This dans lequel la basse et la batterie se tirent la bourre dans une espèce de confusion rythmique inouïe. On se le garde pour une prochaine fois...

MIKE RIMBAUD Police State of mind

MIKE RIMBAUD 
Mutiny in the subway

Label : Stop it baby
Année : 1990
Face A : Battery Apple - Turn Over Mozart - Four Vicious Kittens - Girls Swimming In My Brain - In The Dark Room - Garbage Fox     
Face B : Wild Laser Love - Police State Of Mind - Greedy, Greedy Baby - Mother Was A Punk - She's Non Sensitive - Mutiny In The Subway 

Genre : Back to basic
6ème morceau de L'inventaire n° 7 : Police State of Mind

Il a débarqué en France avec sa guitare et son poncho, comme un héros de western des années 80. Sa voix âpre et ses riffs imparables lui ont valu un beau petit succès, une signature sur label local, d'autant plus évidente qu'on les aime bien par ici ces américains qui adoptent le pays. Pendant un peu plus de deux ans, Mike Rimbaud écuma les scènes françaises, eut les honneurs de la presse rock, apparut furtivement à la télévision, et puis il disparut comme il était arrivé...

Il a rejoint son pays d'origine et a continué à publié des albums, à jouer dans les salles de concert et les bars de l'Amérique profonde, avec son rock élémentaire mais toujours inspiré qui lui vaut un joli succès d'estime, même si le grand public ignore toujours son nom, 20 ans après.
Et pourtant, réécouter son premier album, Mutiny in the subway, aujourd'hui, c'est prendre la même gifle qu'alors. Avec juste l'aide d'un bassiste et d'un percussionniste, Mike Rimbaud alignait 12 chansons incisives et sans gras,qu'on en arriverait presque à qualifier de classiques. Il serait bon que l'homme reprenne sa monture et vienne trainer ses guêtres à nouveau dans le coin...

STANLEY BLACK AND HIS ORCHESTRA Temptation

STANLEY BLACK AND HIS ORCHESTRA AND CHORUS
Exotic Percussion

Label : Decca
Année : 1962
Face A : Temptation - By The Waters Of Minnetonka - Adieu Tristesse - Jungle Drums - Hymn To The Sun - Babalu 
Face B : Old Devil Moon - Baia - The Moon Of Manakoora - Misirlou - Flamingo - Caravan

Genre : Exotisme de pacotille
5ème morceau de L'inventaire n° 7 : Temptation.

La collection "Phase 4 in stereo" fait partie de ces séries de disques où le son et le style de musique sont plus importants que l'artiste. On y trouve du jazz décoratif, de l'exotisme pour bar à cocktails, de la surf music en robe de chambre, tout ce qui se range sous l'étiquette easy listening, musique d'ascenseur, muzak, etc. 
N'empêche, cet album de Stanley Black et compagnie est exactement le genre de chose qui s'écoute pendant que le Titanic coule, que la ville s'embrase, que l'Armageddon tant de fois repoussé arrive enfin... Ou mieux, après la fin du monde, quand il ne reste plus que vous ! Vous monsieur ou madame, survivant(e) d'une humanité qui a fini par réussir à s'éradiquer toute seule. Vous et un vieux tourne-disque, miraculeusement réchappé de l'enfer, sur lequel vous posez Exotic Percussion avant de fermer les yeux pour partir, là-bas, sur l'île...

999 Let's Face It

999
Separates

Label : United Artists
Année : 1978
Face A : Homicide - Tulse Hill Night - Rael Rean - Let's Face It - Crime Part 1 / Part 2 
Face B : Feelin' Alright With The Crew - Out Of Reach - Subterfuge - Wolf - Brightest View - High Energy Plan

Genre : Brit Punk
4ème morceau de L'inventaire n°7 : Let's face it.

Voilà un groupe qui a un peu échappé à la fascination qu'ont éprouvé les français pour le punk anglais. Moins racoleurs que les Sex Pistols, moins fédérateurs que les Clash, moins romantiques que les Buzzcoks, et peut-être un peu moins bons aussi. Et puis ce look atroce avait beau anticiper sur les années 80, il évoquait plutôt une pop New-Wave propre sur elle (Spandau Ballet sort de ce corps !) qu'un gang énervé qui joue vite et fort. Pourtant, avec une face A qui commence par Homicide et se finit par Crime Part 1 et 2, les 999 étaient bien d'authentiques "angry young men", qui ont sortis deux albums pleins de sève en 78 et ne se sont plus vraiment arrêtés depuis (ils jouent ce soir, jeudi 18 octobre, au Leopard à Doncaster, quelque part dans le Nord de l'Angleterre...). Tant pis pour le "no future", tant mieux pour leurs fans qui, s'ils ne sont pas légions, sont réputés d'une rare fidélité.
Let's face it est l'histoire d'un garçon qui n'arrive pas à assurer avec les filles : une chanson à contre-courant des standards testostéronés du rock, qui a certainement contribué à faire de 999 un groupe vraiment à part.

AL JARREAU Use Me

AL JARREAU
Ain't no sunshine

Label : Astan/Allegiance
Année : 1983
Face A : Ain't no sunshine - Lean on me - Use Me - Kissing My Love
Face B : Grandma's Hands - You - Lonely Town, Lonely Streets - The Same love that made me laugh

Genre : Funky soul
3ème morceau de L'inventaire n°7 : Use Me


Virtuose vocaliste plutôt porté sur le jazz, Al Jarreau a décroché la timbale dans les années 80 avec quelques tubes de pop sophistiquée (Mornin', Boogie Down). Malgré une production datée et une tendance un peu irritante au scat, difficile de remettre en cause cette voix musclée mais souple, capable de poser des standards (Spain) mais aussi d'injecter un peu de rythme dans n'importe quelle croonerie. Et s'il fallait ne retenir qu'un seul disque, ce serait celui-là : un 8 titres entièrement constitué de reprises de Bill Withers sobrement orchestrées (parfois clavier solo, d'autres fois juste basse, batterie...) L'album alterne les ballades soul indémodables (Ain't no sunshine en tête) et quelques échappées plus funky, à l'image de Use Me, choisi pour L'inventaire. Aujourd'hui, Al Jarreau a 72 ans. Son dernier album, en compagnie du guitariste George Benson, autre gloire des années 80, date de 2006.

L'album est sorti en 1983 sous le titre Ain't no sunshine, en 1984 comme Al Jarreau does Bill Withers, puis en CD en 1997 sous le titre Tribute to Bill Withers. Il est aujourd'hui épuisé.

TARNATION Little Black Egg

TARNATION
Mirador

Label : 4AD
Année : 1997
Face A : An Awful Shade Of Blue - Wait - A Place Where I Know - Is She Lonesome Now?
Face B : Your Thoughts And Mine - Christine - Destiny
Face C :There’s Someone - Like A Ghost - Idly
Face D : Little Black Egg - You’ll Understand
Genre : Gothique western
2ème morceau de L'inventaire n° 7 : Little Black Egg

Sur le label 4AD, il y eut Elizabeth Fraser, chanteuse anglaise des Cocteau Twins, et il y eut Paula Frazer chanteuse américaine de Tarnation. Aucun lien de parenté malgré l'homonymie quasi parfaite et, surtout, des qualités de voix qu'on peut qualifier de sublimes sans avoir peur de l'emphase. Laissons de côté Elizabeth (pour l'instant)  et concentrons-nous sur Paula. 
Vocaliste un temps pour les énervés de Faith No More, guest star pour Cornershop (It's good to be on the road back home again, joli duo sous forme de ballade country)  Paula Frazer est surtout, selon l'horrible formule consacrée, auteur-compositeur-interprète (on préférera aisément l'anglicisme "songwriter", même s'il reste plus vague). Au milieu des années 90, son groupe s'appelle Tarnation et propose une mixture délicieuse qui aurait tiré le meilleur de Morriconne et de certaines ambiances nocturnes de la pop gothique des années 80. Les chansons sont assez épurées, les guitares tranchantes et l'on sent pointer sous les audaces vocales  le caractère bien trempé de miss Frazer. Une atmosphère pas très éloignée des Cowboy Junkies, ou de Mazzy Star, c'est dire si l'ambiance n'est pas à la rigolade !
Certes, ce Little Black Egg, choisi pour le mix, est plutôt enlevé, mais c'est le seul morceau qui n'est pas signé Paula frazer : une reprise de pop garage sixties qui amène un peu de lumière dans les ténèbres enchantées de Tarnation