vendredi 19 décembre 2014

Inventaire 30 - Justine


IRON BUTTERFLY Real Fright

IRON BUTTERFLY
Ball

Label : ATCO
Année : 1969
A1 In The Time Of Our Lives
A2 Soul Experience
A3 Lonely Boy
A4 Real Fright
A5 In The Crowds
B1 It Must Be Love
B2 Her Favorite Style
B3 Filled With Fear
B4 Belda-Beast


Genre : Psychédélisme échevelé
8° morceau de L'inventaire 30 : Real Fright

A la fin des années 60, la côte ouest des États-Unis voit éclore une tripotée de groupes portant le cheveu long, les chemises amples et des barbes plus ou moins taillées, puisant leur inspiration dans diverses expériences mystiques ET chimiques. Les morceaux débordent le format pop, non seulement dans leur durée, mais aussi dans leurs improvisations parfois délirantes. Le psychédélisme plus ou moins enfumé de l'époque touche aussi bien les adeptes du rock garage le plus brut que les hippies ramollis. Iron Butterfly se rendra célèbres par son deuxième album, In-A-Gadda-Da-Vida, porté par le morceau éponyme qui tient toute la deuxième face : 17 minutes, enregistrées à l'arrache lors d'une répétition en studio, qui se vendront à plusieurs millions d'exemplaires. 
Iron Butterfly est un groupe instable, qui a déjà changé de personnel depuis le premier album et qui se modifiera encore après ce troisième album, Ball, sorti en France dans la collection "Underground". Moins estimé que son prédécesseur, quoique mieux produit, Ball avec ses morceaux alambiqués et ses ambiances très suggestives, annonce plusieurs tendances à venir : le rock progressif et le métal un peu grandiloquent à la Black Sabbath. La voix puissante mais un peu ingrate de Doug Ingle et son son d'orgue souterrain contribuent au climat d'opéra fantastique de ce Real Fright choisi pour notre mix. Pour un peu, on s'attendrait à voir débarquer les nains de Spinal Tap parmi les cailloux de Stonehenge...

ALEX TURNER Hiding Tonight

ALEX TURNER
Submarine

Label : Domino
Année : 2011
A1 Stuck On The Puzzle (Intro)
A2 Hiding Tonight
A3 Glass In The Park
B1 It’s Hard To Get Around The Wind   
B2 Stuck On The Puzzle
B3 Piledriver Waltz

Genre : Pop acoustique
7° morceau de L'inventaire 30 : Hiding Tonight

Les Arctic Monkeys étant l'un des groupes les plus populaires de la pop actuelle, il ne devrait pas être nécessaire de présenter Alex Turner, leader/chanteur/auteur du groupe, qui s'était déjà échappé une première fois en 2008 pour un unique album au sein du "super groupe" The Last Shadow Puppets
Il récidive, mais tout seul cette fois, pour les besoins d'une bande originale, celle du premier film de l'acteur Richard Ayoade en tant que réalisateur : Submarine. Celui-ci ne lui demande pas de s'adonner à l'exercice spécifique de la musique de film, mais d'écrire simplement une poignée de chansons : des ballades exécutées à la guitare acoustique, avec le renfort d'une orchestration discrète pour les deux derniers morceaux du EP. 
Au total 5 chansons, même pas vingt minutes, mais  impeccables de bout en bout, jouées et chantées avec une extrême sensibilité. Il n'y a rien à enlever, rien à ajouter et, malgré l'indubitable talent du bonhomme, on peut se demander pourquoi toute la discographie des Arctic Monkeys n'est pas de ce niveau... Peut-être qu'Alex Turner a-t-il été tout simplement inspiré par l'élégance et la finesse de Submarine, petit miracle cinématographique, un peu difficile à voir. 
Cette B.O. console en donnant une excellente idée de l'ambiance douce-amère d'un film rare, dans tous les sens du terme.

BOOTY PEOPLE Somethin' Simple

BOOTY PEOPLE

Label : ABC Records
Année : 1977
A1 Booty People (Intro)
A2 Booty People
A3 Somethin' Simple
A4 Shoot To Kill
A5 To The One I Love
A6 Windrift
B1 Slappin' Five
B2 The Watcher
B3 Anyway I'm Busted
B4 After The Rain


Genre : Buttshakin' Music
6° morceau de L'inventaire 30 : Somethin' Simple

C'est l'année du punk et/ou du disco. On vit au présent. On danse et/ou on se shoote. On est hédoniste et/ou nihiliste. 1977 est certainement une charnière, un moment où s'éteint une décennie et où s'amorce la suivante, et patati et patata...
Dans le magma funky qui submergeait alors disquaires et discothèques, difficile de faire un tri, d'autant plus qu'avec le recul tout ça a pris un cachet rétro qui fait aisément s'extasier sur tout ce qui évoque les cols pelle-à-tarte et les déhanchés travoltesques. Du coup on ramasse un peu tout et n'importe quoi, y compris ce groupe au nom et à la pochette particulièrement raffinés, qui se transformera d'ailleurs en General Caine après ce premier album. Le verso de la pochette montre les musiciens du groupe sur une galère en plein désert, en direction du pays merveilleux de... Bootyland (le pays des fesses ?)
N’empêche : à part les inévitables ballades sirupeuses (une par face, le minimum syndical), l'ensemble remplit le contrat, simple et funky, efficace et festif, avec quelques interventions de synthé psychédélique, quelque part entre Sly & The Family Stone et le Kool & The Gang des premiers albums. C'est déjà pas mal pour un 33t ramassé dans un lot, au milieu de quelques pointures du calibre des Temptations, Mandrill ou encore Manu Dibango... 
 

ROBERT MITCHUM Jeand and Dinah

ROBERT MITCHUM
Calypso is like so...

Label : Capitol Records
Année : 1957
A1 Jean And Dinah   
A2 From A Logical Point Of View   
A3 Not Me
A4 What Is This Generation Coming To?   
A5 Tic, Tic, Tic   
A6 Beauty Is Only Skin Deep   
B1 I Learn A Merengue, Mama   
B2 Take Me Down To Lover's Row   
B3 Mama, Looka Boo Boo
B4 Coconut Water   
B5 Matilda, Matilda   
B6 They Dance All Night

Genre : Calypso
5° morceau de L'inventaire 30 : Jean and Dinah

Robert Mitchum : quelques130 rôles au cinéma et... deux albums. 
Si le second oscille entre croonerie, country music et un peu de rockab', c'est vraiment celui-ci qui crée la surprise. Douze morceaux de calypso pour lesquels Mitchum adopte le style et le phrasé chers à Harry Belfaonte, sans qu'on n'ait jamais l'impression de parodie ou d'ironie. 
C'est que cet atypique d'Hollywood, incarnation vivante de la nonchalance, aimait réellement le calypso et n'a pas pris l'enregistrement de l'album à la légère. Entouré d'un Calypso Band inconnu au bataillon qui assure l'authenticité musicale, le père Mitchum semble s'amuser comme un petit fou à reprendre les classiques du genre (Matilda qui figurait justement au répertoire de Belafonte, ou encore Jean and Dinah signé du "Mighty" Sparrow, grande figure historique du calypso), mais aussi les hilarants morceaux signés McRae Wilhoite qui semblent avoir été écrit spécialement pour lui :  From A Logical Point Of View ou I Learn A Merengue Mama.
Au final, la sincérité et la fraicheur de cet album en font, aujourd'hui encore, une pièce recherchée, mais surtout votre meilleur allié pour relancer une soirée un peu tristouille. 
Pas étonnant de la part d'un homme dont la légende veut qu'il ait présenté un jeune chanteur qui l'avait impressionné à son futur impresario : le Colonel Parker. 
Le jeune chanteur, du nom d'Elvis Presley, est resté ami avec Robert Mitchum jusqu'à sa mort...

THE ROOTS In The Music

THE ROOTS
Game Theory

Label : Def Jam
Année : 2006
A1 Dilltastic Vol Won(derful)
A2 False Media
A3 Game Theory    
A4 Don't Feel Right
B1 In The Music
B2 Take It There
B3 Baby
C1 Here I Come   
C2 Long Time
C3 Livin' In A New World
D1 Clock With No Hands
D2 Atonement
D3 Can't Stop This

Genre : Hip Hop
4° morceau de L'inventaire 30 : In The Music

Les Roots existent depuis 1987. Ils ont sortis 11 albums studios, 1 live et quelques collaborations tous azimuts (John Legend, Betty Wright, Elvis Costello...) Ils sont l'un des premiers "groupes" du hip hop, constitués non seulement de DJs et de MCs, mais aussi de musiciens plus "traditionnels", dont le mirifique batteur/commpositeur/producteur/DJ Ahmir "Questlove" Thompson
En 1999, ils débordent du cadre du hip hop avec l'album Things Fall Apart, porté par le single You Got Me (avec Erikah Badu, invitée au chant), qui va leur apporter une reconnaissance mondiale. Depuis ils ont la carte : les journalistes les aiment, leurs collent des étiquettes élégantes (Jazz Hip-Hop, Neo Soul...) et plein d'étoiles dans leurs chroniques, avant même d'avoir écoutés leurs albums. Ils n'ont peut-être pas tout-à-fait tort, vu la richesse et l'intensité de leur discographie et leur indiscutable puissance live. 
Game Theory est sorti en 2006. Il est difficile de dire que c'est leur "meilleur album", leur "chef d’œuvre", surtout quand on n'a pas encore entendu tous les autres. 
On se contentera de constater qu'il revient souvent sur la platine, qu'il s'impose dans les mix, en ligne ou en live, et qu'on le recommande bien volontiers à ses amis, qu'ils aiment le hip hop ou pas...

ELLA FITZGERALD Jingle Bells

ELLA FITGERALD
Ella wishes You A Swinging Christmas

Label : Verve
Année : 1960
A1 Jingle Bells
A2 Santa Claus Is Coming To Town   
A3 Have Yourself A Merry Little Christmas
A4 What Are You Doing New Year's Eve?
A5 Sleigh Ride    
A6 The Christmas Song
B1 Good Morning Blues
B2 Let It Snow, Let It Snow, Let It Snow
B3 Winter Wonderland
B4 Rudolph, The Red-Nosed Reindeer   
B5 Frosty The Snow Man
B6 White Christmas

Genre : Christmas Album
3° morceau de L'inventaire 30 : Jingle Bells

L'album de noël, très prisé des américains et pratiquement inexistant chez nous, était dans les années 60 un passage obligé pour toutes les voix célèbres des États-Unis, quel que soit le genre de musique pratiquée : Presley, les Supremes, les Beach Boys, James Brown...tous y passent au moins une fois ! En général arrangés avec de grands orchestres, ces albums sont, même pour les meilleurs d'entre eux, destinés uniquement a être consommé entre le 1er et le 25 décembre, après quoi ils se révèlent souvent totalement indigestes.
On fera une exception pour celui-ci, qui prouve que la formule galvaudée est valable pour Ella Fitzgerald : elle pourrait chanter le bottin que ça swinguerait pareil !
L'album est enregistré en 1960, à New York. Il met de bonne humeur. Même 60 ans après. Même en ce rigoureux mois de janvier 2015...

FUZZBOX Justine

WE'VE GOT A FUZZBOX AND WE'RE GONNA USE IT

Label : Vindaloo Records
Année : 1986
A Love Is The Slug/B1 Console Me - B2 Justine
Genre : Minimal Pop-Punk
2° morceau de L'inventaire 30 : Justine

Un groupe découvert un peu par hasard au beau milieu d'une compilation de reprises sortie en 1988 : Under The Covers. Si la moitié du LP est plutôt anecdotique (Simply Red reprend platement Money's Too Tight To Mention, les futurs KLF s'attaquent inutilement à It's A Man's, Man's, Man's World...) on y découvre aussi quelques tentatives heureuses : The Jesus & Mary Chain passent les Beach Boys au papier de verre, Aztec Camera donne une version acoustique et vicieuse du tube de Van Halen, Jump, et ces filles, sorties de nulle part, s'approprient le cultissime Spirit In The Sky, dû au "one hit wonder" Norman Greenbaum (qui ça ?)
A quoi ça ressemble ? Les filles parlent au lieu de chanter, elles plaquent tant bien que mal riffs et accords sur une boîte à rythme rudimentaire dans un joyeux bordel ambiant : elles ont le look des Bangles, mais le bagage technique des Sex Pistols ! Pourtant ça fonctionne : leur reprise est tonique, joyeuse et, au final, nettement plus surprenante que la reprise des Doors par Echo & The Bunnymen qui la précède de peu.
Avec leur nom en hommage à leur pédale de guitare et leur totale absence de sérieux, les (We've got a) Fuzzbox (and we're gonna use it) auront une existence éphémère : trois ans, deux albums et une poignée de singles. Celui-ci est leur premier. Les 3 titres se ressemblent, mais la pochette est garnie, en plus du 45t, d'un roman-photo débile : le genre de détails qui change tout...  



JOHN KEATING The Unknown Planet

JOHN KEATING
Space Experience

Label : Studio 2 Stereo/EMI
Année : 1972
A1 I Feel The Earth Move
A2 The Unknown Planet
A3 Rocket Man  
A4 Prelude To Earthrise
A5 Star Trek
B1 Space Agent
B2 Jesus Christ Superstar
B3 Upon Another Earth
B4 The Sound Of Silence  
B5 Signal To Saturn

Genre : Space Age Pop Music
1° morceau de L'inventaire 30 : The Unknown Planet

Déjà évoquée dans ces notules, la Space Age Pop Music serait une espèce de continent à part, une contrée musicale où les types de sonorités et la qualité de l'enregistrement seraient plus importants que l'artiste et les morceaux interprétés. Pas bien loin de la musique d'illustration sonore, cette drôle de catégorie est purement instrumentale et se nourrit aussi bien de standards de pop et de jazz que de compositions "à la manière de", à tel point qu'il est parfois difficile de faire la différence entre l'original et la copie inspirée. 
C'est le cas de cet album de John Keating dont le titre et la pochette annoncent la couleur futuriste. Parce que l'arrangeur multi-instrumentiste et compositeur s'échappe un peu du jazz à cocktail qui fait l'essentiel de sa discographie, pour un 33t organisé autour du E.M.S. VCS3, un synthétiseur sorti deux ans plus tôt et qu'on retrouvera chez tous les électro-bricoleurs de la pop, de Pink Floyd à Depeche Mode en passant par Brian Eno et... Jean-Miche Jarre.
Mais le petit plus de ce Space Experience c'est que, à côté d'une reprise un peu prévisible du thème de Star Trek et une version kitchissime du Sound Of Silence de Simon & Garfunkel, il recèle quelques petites bombes groovy où basse, batterie et synthé modulaire vous envoient directement sur la piste. A ranger pas très loin des grands crus d'un autre grand bidouilleur de machines : Jean-Jacques Perrey.

dimanche 9 novembre 2014

Inventaire 29 - Mehbooba Mehbooba


Inventaire 29 - Mehbooba Mehbooba par twinselecter

DEPECHE MODE Waiting For The Night

DEPECHE MODE
Violator

Label : Mute
Année : 1990
A1 World In My Eyes    
A2 Sweetest Perfection    
A3 Personal Jesus    
A4 Halo    
A5 Waiting For The Night    
B1 Enjoy The Silence
B2 Policy Of Truth    
B3 Blue Dress    
B4 Clean

Genre : Pop synthétique
7° morceau de L'inventaire 29 : Waiting For The Night

Quand on a biberonné aux Hard Rock puis au Punk, forcément, ils étaient l'ennemi. Leurs synthés en carton, leurs mélodies romantiques et puis leurs coupes de cheveux... Mon dieu, leurs coupes ! 
Sauf que, bien sûr, c'est pas si simple. Outre cette espèce de nostalgie perverse qui nous fait regretter en vieillissant ce qu'on a détesté plus jeune, il y a eu ce moment précis où un ami vous a amené Violator (en l’occurrence en K7, c'était moins cher qu'un CD) en vous promettant que vous alliez changer d'avis sur le groupe. Vous avez résisté un moment mais lorsque est arrivé cette boucle hypnotique en fin de face A qui introduit Waiting For The Night, vous avez rendu les armes. Oui, le synthétiseur et les petits minets de la New-Wave vous avaient mis dans leur poche au bout de huit albums. Une deuxième gifle vous attendait en fin de face B avec le superbe Clean, histoire de ne pas vous laisser imaginer que c'était juste un heureux hasard. 
Un peu plus tard, Johnny Cash donnerait un surplus de crédibilité au groupe en reprenant Personal Jesus du même album. Aujourd'hui Depeche Mode incarne plus que jamais les années 80, est devenu une valeur sûre, rempli les stades et ramasse encore la timbale à chaque album. Mais vous n'arrivez toujours pas à vous décider à réécouter les sept premiers LPs...

NON STOP Keep 'Em Steppin'

HURBY'S MACHINE
The House That Rap Built

Label : Sound Check Records
Année : 1987
A1 Antoinette : Hit 'Em With This
A2 Non-Stop : Keep 'Em Steppin'
A3 Fabulous 2 : The Fabulous
A4 The Mau-Mau Clan Overlords : Contact Sport
A5 Salt 'N' Pepa : I Am Down
B1 Salt 'N' Pepa : Push It (Remix)
B2 Antoinette     I Got An Attitude
B3 The Mau-Mau Clan Overlords : The House That Rap Built
B4 Super Lovers : Let The Drummer Get Ill
B5 Future Shock : Just Go 

Genre : Old School (Good School)
6° morceau de L'inventaire 29 : Keep 'Em Steppin'

Depuis la naissance du rock, le producteur Phil Spector était quasiment le seul à avoir eu l'audace de vendre des albums sous son nom au lieu de celui des artistes qui interprétaient les morceaux. Avec le rap les choses vont changer, le rôle du producteur/auteur devenant prépondérant dans la culture hip hop, rivalisant souvent en popularité avec les rappeurs eux-mêmes. 
Hurby "luv bug" Azor a.k.a Hurby's Machine est un des pionniers du genre, imposant ses beats rêches et ses samples élémentaires mais percutants durant une période certes courte (1986-93), mais très influente. On lui doit notamment la découverte de Salt'n'Peppa, tandem de copines qu'il rencontre au boulot et avec qui il va créer une mixture pop-rap légère mais terriblement efficace. Avec elles, il écrit quelques tubes énormes, notamment Let's Talk About Sex et Whatta Man qu'on entendra partout au tournant des années 80/90.
Sur cet unique album sorti sous le nom d'Hurby's Machine, on retrouve deux morceaux des Salt'n'Pepa, mais aussi plein d'autres bonnes surprises "old school", d'artistes qu'on n'a pour la plupart, hélas, jamais revus ailleurs. C'est le cas pour Non-Stop, autre groupe féminin dont on ne sait pratiquement rien, sinon qu'elles envoient la sauce sur un sample qui semble venir tout droit de Once In a Lifetime des Talkingheads : une valeur sure !

THE MONKEES Goin' Down

THE MONKEES
Daydream Believer/Goin' Down

Label : RCA VICTOR
Année : 1967
Genre : Pop 60's
5° morceau de L'invetaire 29 : Goin' Down

Les Monkees sont une invention. Formé de toutes pièces par le producteur Bertt Schneider et le réalisateur Bob Rafelson (Le Facteur sonne toujours deux fois) pour les besoins d'une série télé qui essaie de surfer sur le succès du film des Beatles A Hard Day's Night, le groupe est un assemblage d'inconnus recrutés par annonce.Deux sur quatre sont véritablement musiciens mais ça n'est pas grave : ils passent bien à l'image et on se contentera de leurs voix et de leur physique... Et on a bien raison : la série lancée en 1966 sur la chaîne NBC connaîtra un succès considérable et leurs singles et albums se classeront en tête des charts américains et au-delà. 
En fait, les morceaux sont écrits et joués par la crème de la pop américaine, parmi lesquels Neil Diamond, les Byrds, et même un Neil Young encore inconnu à la guitare... Mais Davy Jones, Michael Nesmith, Micky Dolenz et Peter Tork, les quatre garçons dans le vent, ne sont pas satisfaits de la teneur un peu niaise de la série et aimeraient bien prendre les choses en main au niveau musical. Ils apprendront à jouer et écrire leurs propres morceaux, partiront en tournée, notamment en Angleterre où ils gagneront en crédibilité ce qu'ils perdront en popularité. Le groupe se délitera progressivement, jusqu'à sa dissolution complète en 70. Depuis, il a connu de nombreuses reformations.
Leur discographie est à l'image de leur parcours : inégale et confuse. Mais il faut se garder de les cantonner aux chansons bébêtes qui ont malheureusement fait leur succès. Cette face B de Daydream Believer avec son rythme fiévreux et ses solos inspirés est un bel exemple des coups d'éclats dont ils étaient capables. Le morceau est signé des quatre membres du groupe et de Diane Hildebrand, surtout connue pour cette collaboration régulière avec les Monkees. Elle sort son unique album solo cette même année 67.

DRAGIBUS O Pinguim !

DRAGIBUS
Tutti Frutti

Label : Autobus
Année : 2004
A1 Orazio Il Cane Dello Spazio
A2 O Pinguim!
A3 Kaptain Kangoroo!
A4 Palladium (The Hip)
A5 Allo?
A6 Human Fly
A7 Pigmy Pig
A8 Kirin
A9 Azor
A10 Jackanory Stories
B1 Ahora Que Vamos Despacio
B2 Naïf Song
B3 Namida Kara Ashita E
B4 Mashed Potatoes
B5 Riquet
B6 L'Omino Della Luna
B7 L'Omino Sonico Remixo!
B8 Stop!!!!!

Genre : 7 to 77
4° morceau de L'inventaire 29 : O Pinguim !

Pour tout les âges, dans toutes langues (mais vraiment, hein : anglais, français, italien, espagnol, japonais, hongrois...) et dans plein de styles différents (punk, électro, pop, dance...), Dragibus est à la base un duo français formé de Lore Bargès (voix) et Frank de Quengo (batterie et percus) avec quelques intervenants extérieurs tels Mister Penguin à la guitare, ou encore la japonaise Mami Chan adoptée lors de la tournée de 98 pour tenir les claviers. 
Les morceaux sont généralement courts, voire minuscules, il s'agit essentiellement de comptines et autres curiosités zazous piochées dans le patrimoine international et branchées sur le courant alternatif et l'imagination des deux zouaves, avec un minimum de trafics sonores pour un maximum d'effets musicaux. Dragibus ne connaît ni étiquette, ni frontière, leurs cocktails explosifs peuvent rassembler les morveux, les punks à chien et les hipsters de toutes les capitales. Ils ont tourné un peu partout, enregistré un live au Japon et intégré un cirque pendant quatre mois à Paris. Par contre ils n'ont rien sorti depuis 2006, même si on les a vus tourner ici et là.

LARRY CORYELL Sex

LARRY CORYELL
Coryell

Label : Vanguard Apostolic
Année : 1969
A1 Sex
A2 Beautiful Woman
A3 The Jam With Albert
B1 Elementary Guitar Solo #5
B2 No One Really Knows
B3 Morning Sickness
B4 Ah Wuv Ooh


Genre : Rock Jazz
3° morceau de L'inventaire 29 : Sex

Un maître de la guitare, une pointure du jazz dont on ne compte plus ni les albums sous son nom, ni les collaborations prestigieuses. Puissant, rapide ou délicat, virtuose mais très aventurier, Larry Coryell a déboulé à la fin des années 60 comme un boulet de canon avec cet album. C'est plein d'électricité, il y a des chansons rock et des morceaux plus difficiles à définir, et une jam session surpuissante en fin de face A. Le batteur c'est le grand Bernard Purdie qui s'en donne à cœur joie, trois bassistes de haut-vol se partagent le boulot (dont deux sur No One Really Knows), mais il ne faudrait pas oublier l'organiste furieux Mike Mandell, qui accompagnera Larry Coryell tout au long des années 70. 
Le joli portrait de famille retournée à la nature qui orne la pochette pourrait faire penser à un album de hippie gentillet. On n'est pas loin de Woodstock et l'on sent bien que Larry Coryell a du expérimenter quelques psychotropes. Mais c'est surtout l'énergie qui domine l'ensemble des morceaux. En témoigne Sex, qui ouvre l'album et figure en bonne place dans notre mix, une chanson pleine de sève au court de laquelle le guitariste s'époumone à hurler le mot "sex" comme un mantra. 
Bientôt, Coryell arrêtera de chanter et délaissera le rythme rock pour les scènes jazz. Il y gagnera en standing, mais perdra ce côté sauvage qui fait de ce premier album une pièce rare.
Larry Coryell a aujourd'hui passé les 70 ans et son dernier LP, The Lift, est sorti en 2013.