dimanche 8 février 2015

Inventaire 31 - Rock Requiem


Inventaire 31 - Rock Requiem par twinselecter

AMON DÜÜL II I can't wait (Part 1)

AMON DÜÜL II
Hijack

Label : Nova (Fr:Atco)
Année : 1974
A1 I Can't Wait (Part 1+2)
A2 Mirror
A3 Traveller
A4 You're Not Alone
B1 Explode Like A Star
B2 Da Guadeloop
B3 Lonely Woman
B4 Liquid Whisper
B5 Archy The Robot

Genre : German Free Rock
3° morceau de L'inventaire 31 : I can't wait (part 1)

Le term "Krautrock" est un fourre tout bien pratique pour ranger tout ce que l'Allemagne a produit d'excitant entre la fin des années 60 et le début des redoutables années 80. S'y côtoient l'électronique poétique de Kraftwerk, les hypnoses de Can, les délires mystico-hippies de Popol Vuh et bien d'autres réjouissances qui n'ont souvent en commun que leur pays d'origine et un goût plus ou moins développé pour l'expérimentation sonore.
Le groupe Amon Düül fait partie des premiers de la vague. Leur Psychedelic Underground de 1969, très prisé aujourd'hui, est tiré de sessions d'improvisations furieuses qui alimenteront non seulement la discographie de leur quatre années officielles d'activité, mais aussi les nombreux albums posthumes qui suivront. Car le collectif de fortes têtes ne tardera pas à se scinder, et Amon Düül II voit le jour cette même année 1969 avec un Phallus Dei tout aussi radical, où se mêlent psychédélisme, free jazz et balbutiements électroniques dans une émulation typique de l'époque.
En 74, le groupe s'est un peu assagi. Hijack passerait presque parfois pour un album de rock basique avec des influences de blues et de folk américain plutôt pépère. Ne nous y trompons pas pour autant, le collectif fourmille encore d'inspirations et d'envies de s'échapper. On entend ici et là des cuivres, du violon, des flutes et de l'accordéon, avec une large place aux  sonorités électroniques spatiales et aux guitares saturées. Plus rock que hippie, le Amon Düül deuxième mouture vieillit mieux que certains albums de fin de route de leurs collègues de Can par exemple.

KEIKO MARI Tsukikage No Rendezvous

NIPPON GIRLS
Japanese Pop, Beat & Bossa Nova 1967-69

Label : Big Beat International
Année : 2013
A1 Jun Mayuzumi : Black Room
A2 Mie Nakao : Sharock No.1
A3 Keiko Mari : Tsukikage No Rendezvous
A4 J Girls : Kiiro No Sekai
A5 Reiko Ohara : Peacock Baby
A6 Mieko Hirota : Nagisa No Tenshi
B1 Rumi Koyama : Watashi No Inori
B2 Nana Kinomi & Leo Beats : Suki Sa Suki Sa Suki Sa
B3 Miki Obata : Hatsu Koi No Letter
B4 Ryoko Moriyama : Ame Agari No Samba
B5 Ayumi Ishida : Taiyou Wa Naite Iru
B6 Sayuri Yoshinaga With Schoolmates : Koi No Yorokobi
Genre : Japanese Girlie Pop
2° morceau de L'inventaire 31 : Tsukikage No Rendezvous

Sheila Burgel est D.J., principalement axée sur la pop féminine, avec une préférence pour les années 60. Pour les anglophones, son portrait détaillé et son univers sont exposés sur le mirifique site d'Eilon Paz : "Dust & Grooves". 
Bien sûr, ses premières amours furent les productions Motown et Spector, ou encore les classiques du label Red Bird comme les Shangri La's et autres Dixie Cup. Mais elle découvre bien vite qu'on ramasse des perles bien au-delà du continent américain et, outre cet amour largement partagé des anglo-saxons pour Françoise Hardy ou France Gall période yé-yé, Sheila Burgel explore les formes les plus exotiques de la pop féminine. Ses oreilles la conduisent tout naturellement au Japon. Elle en a ramené, pour l'heure, deux volumes de compilation entièrement réservés aux interprètes féminines, s'autorisant parfois un ou deux duos mixtes. 
Visuel au style rétro, vinyles colorés et notes de pochettes riches et détaillées de Miss Burgel, illustrées par les pochettes de 45t d'époque : de la belle ouvrage sortie chez Big Beat, un sous label d'Ace Records, label largement dédié aux rééditions soignées.
Évidemment, il plane là-dessus un parfum de nostalgie, l'impression d'une ère dorée et insouciante où tout était plus joli, inspiré et sincère. Si le temps embellit certainement cette période, il serait dommage de passer à côté de ces bulles pop qui donnent envie d'organiser une surboum dans le salon de tes parents. 



THE ANIMATED EGG Sock it my way

THE ANIMATED EGG
Psychedelic Sound

Label : Europa
Année : 1969
A1 A Love Built On Sand   
A2 Inside Looking Out
A3 I Said, She Said, Ah Cid   
A4 "T"omorrow
A5 Sure Listic
B1 Sippin' And Trippin'    
B2 Dark
B3 Down, Down And Gone    
B4 Sock It My Way   
B5 That's How It Is


Genre :Instrumentaux psyché'
1° morceau de L'inventaire 31 : Soct it my way

Encore un disque ramassé au pif, à cause de sa pochette qui pouvait laisser augurer du meilleur comme du pire. D'un côté les motifs graphiques et les titres de morceaux évoquaient la possibilité d'une musique hallucinatoire portée sur l'improvisation et les expérimentations sonores. D'un autre côté, le label allemand Europa annonce souvent des disques de seconde zone, des compilations bricolées vite fait et des pales copies de groupes célèbres. Et puis il y a la dégaine des types de la pochette qui fait un peu penser à des Gypsy King des sixties, avec cette jeune fille au tambourin à côté d'un grand basané avec un manteau en rideau qui sentent bon le "summer of love".. 
Au final, on se retrouve un peu entre les deux. Comme souvent dans les "budget records", le groupe n'existe pas vraiment. Derrière le projet, un guitariste mercenaire, Jerry Cole, capable d'écrire un album, de recruter les musiciens pour l'accompagner et de l'enregistrer en un temps record. S'adonnant à tous les styles à la mode dans les sixties, il conduira le temps de 3 albums un groupe de surf music instrumentale : Jerry Cole and his spacemen
La liste de musiciens qu'il a provisoirement accompagnés est impressionnante. Il est présent aux sessions de Mr Tambourine Man par les Byrds ou de These Boots are Made For Walking écrit par Hazlewood pour Nancy Sinatra. D'Aretha Franklin à Steely Dan en passant par les Beach Boys où même le Presley sur le retour de 1974, tout le monde l'engage.
Avec le recul, on retiendra surtout de lui cette veine un peu expérimentale, notamment avec ce groupe fantoche The Animated Egg, au sein duquel il essaie toutes les pédales à sa disposition (fuzz, flanger, wah-wah, etc) pour bâtir un drôle  d'univers sonore. Sock it my way, choisi pour ouvrir ce mix numéro 31, semble déjà contenir tout l'univers de Mogwaï... qui arrivera près de 30 ans plus tard. 

vendredi 19 décembre 2014

Inventaire 30 - Justine


BILLY BRAGG Lovers Town Revisited

BILLY BRAGG
Life's a riot with spy vs spy

Label : Utility/Go ! Discs
Année : 1983
A1 The Milkman Of Human Kindness
A2 To Have And To Have Not
A3 Richard
B1 A New England
B2 The Man In The Iron Mask
B3 The Busy Girl Buys Beauty
B4 Lovers Town Revisited

Genre : One man pop
9° morceau de L'inventaire 30 : Lovers Town Revisited

Voilà plus de 30 ans que Billy Bragg écrit des chansons. Il y parle de la société anglaise, de révoltes politiques, d'amour et du quotidien. Sur ses premiers albums, il est seul avec une guitare électrique. On pourrait qualifier ça de "folk punk", si on cherchait absolument à lui coller une étiquette. En 1998, il s'est d'ailleurs acoquiné avec le groupe Wilco pour deux albums, Mermaid Avenue I et II, construits autour de textes de Woody Guthrie. Après quelques tensions durant l'enregistrement, Billy Bragg choisira de défendre ces chansons avec un autre groupe... 
Il serait pourtant un peu réducteur de ne voir en lui qu'un chanteur engagé. Si ses textes et son attitude ne laissent aucun doute sur ses opinions politiques, Billy Bragg est avant tout un songwriter de première catégorie, autant apprécié par ses potes anglais (Johnny Marr et Paul Weller notamment) que par les Américains de R.E.M. qui se sont rarement plantés dans leurs goûts musicaux. 
La chanteuse Kirsty MacColl contribuera à son succès en reprenant A New England, qui fut le single emblématique de ce premier court album. Mais comme ces sept titres valent tous le détour, nous avons préféré le très court Lovers Town Revisited pour terminer en douceur le mix numéro 30. Ah, au fait, Wilco et Billy sont réconciliés : Mermaid Avenue III est sorti en 2013...

IRON BUTTERFLY Real Fright

IRON BUTTERFLY
Ball

Label : ATCO
Année : 1969
A1 In The Time Of Our Lives
A2 Soul Experience
A3 Lonely Boy
A4 Real Fright
A5 In The Crowds
B1 It Must Be Love
B2 Her Favorite Style
B3 Filled With Fear
B4 Belda-Beast


Genre : Psychédélisme échevelé
8° morceau de L'inventaire 30 : Real Fright

A la fin des années 60, la côte ouest des États-Unis voit éclore une tripotée de groupes portant le cheveu long, les chemises amples et des barbes plus ou moins taillées, puisant leur inspiration dans diverses expériences mystiques ET chimiques. Les morceaux débordent le format pop, non seulement dans leur durée, mais aussi dans leurs improvisations parfois délirantes. Le psychédélisme plus ou moins enfumé de l'époque touche aussi bien les adeptes du rock garage le plus brut que les hippies ramollis. Iron Butterfly se rendra célèbres par son deuxième album, In-A-Gadda-Da-Vida, porté par le morceau éponyme qui tient toute la deuxième face : 17 minutes, enregistrées à l'arrache lors d'une répétition en studio, qui se vendront à plusieurs millions d'exemplaires. 
Iron Butterfly est un groupe instable, qui a déjà changé de personnel depuis le premier album et qui se modifiera encore après ce troisième album, Ball, sorti en France dans la collection "Underground". Moins estimé que son prédécesseur, quoique mieux produit, Ball avec ses morceaux alambiqués et ses ambiances très suggestives, annonce plusieurs tendances à venir : le rock progressif et le métal un peu grandiloquent à la Black Sabbath. La voix puissante mais un peu ingrate de Doug Ingle et son son d'orgue souterrain contribuent au climat d'opéra fantastique de ce Real Fright choisi pour notre mix. Pour un peu, on s'attendrait à voir débarquer les nains de Spinal Tap parmi les cailloux de Stonehenge...

ALEX TURNER Hiding Tonight

ALEX TURNER
Submarine

Label : Domino
Année : 2011
A1 Stuck On The Puzzle (Intro)
A2 Hiding Tonight
A3 Glass In The Park
B1 It’s Hard To Get Around The Wind   
B2 Stuck On The Puzzle
B3 Piledriver Waltz

Genre : Pop acoustique
7° morceau de L'inventaire 30 : Hiding Tonight

Les Arctic Monkeys étant l'un des groupes les plus populaires de la pop actuelle, il ne devrait pas être nécessaire de présenter Alex Turner, leader/chanteur/auteur du groupe, qui s'était déjà échappé une première fois en 2008 pour un unique album au sein du "super groupe" The Last Shadow Puppets
Il récidive, mais tout seul cette fois, pour les besoins d'une bande originale, celle du premier film de l'acteur Richard Ayoade en tant que réalisateur : Submarine. Celui-ci ne lui demande pas de s'adonner à l'exercice spécifique de la musique de film, mais d'écrire simplement une poignée de chansons : des ballades exécutées à la guitare acoustique, avec le renfort d'une orchestration discrète pour les deux derniers morceaux du EP. 
Au total 5 chansons, même pas vingt minutes, mais  impeccables de bout en bout, jouées et chantées avec une extrême sensibilité. Il n'y a rien à enlever, rien à ajouter et, malgré l'indubitable talent du bonhomme, on peut se demander pourquoi toute la discographie des Arctic Monkeys n'est pas de ce niveau... Peut-être qu'Alex Turner a-t-il été tout simplement inspiré par l'élégance et la finesse de Submarine, petit miracle cinématographique, un peu difficile à voir. 
Cette B.O. console en donnant une excellente idée de l'ambiance douce-amère d'un film rare, dans tous les sens du terme.

BOOTY PEOPLE Somethin' Simple

BOOTY PEOPLE

Label : ABC Records
Année : 1977
A1 Booty People (Intro)
A2 Booty People
A3 Somethin' Simple
A4 Shoot To Kill
A5 To The One I Love
A6 Windrift
B1 Slappin' Five
B2 The Watcher
B3 Anyway I'm Busted
B4 After The Rain


Genre : Buttshakin' Music
6° morceau de L'inventaire 30 : Somethin' Simple

C'est l'année du punk et/ou du disco. On vit au présent. On danse et/ou on se shoote. On est hédoniste et/ou nihiliste. 1977 est certainement une charnière, un moment où s'éteint une décennie et où s'amorce la suivante, et patati et patata...
Dans le magma funky qui submergeait alors disquaires et discothèques, difficile de faire un tri, d'autant plus qu'avec le recul tout ça a pris un cachet rétro qui fait aisément s'extasier sur tout ce qui évoque les cols pelle-à-tarte et les déhanchés travoltesques. Du coup on ramasse un peu tout et n'importe quoi, y compris ce groupe au nom et à la pochette particulièrement raffinés, qui se transformera d'ailleurs en General Caine après ce premier album. Le verso de la pochette montre les musiciens du groupe sur une galère en plein désert, en direction du pays merveilleux de... Bootyland (le pays des fesses ?)
N’empêche : à part les inévitables ballades sirupeuses (une par face, le minimum syndical), l'ensemble remplit le contrat, simple et funky, efficace et festif, avec quelques interventions de synthé psychédélique, quelque part entre Sly & The Family Stone et le Kool & The Gang des premiers albums. C'est déjà pas mal pour un 33t ramassé dans un lot, au milieu de quelques pointures du calibre des Temptations, Mandrill ou encore Manu Dibango... 
 

ROBERT MITCHUM Jeand and Dinah

ROBERT MITCHUM
Calypso is like so...

Label : Capitol Records
Année : 1957
A1 Jean And Dinah   
A2 From A Logical Point Of View   
A3 Not Me
A4 What Is This Generation Coming To?   
A5 Tic, Tic, Tic   
A6 Beauty Is Only Skin Deep   
B1 I Learn A Merengue, Mama   
B2 Take Me Down To Lover's Row   
B3 Mama, Looka Boo Boo
B4 Coconut Water   
B5 Matilda, Matilda   
B6 They Dance All Night

Genre : Calypso
5° morceau de L'inventaire 30 : Jean and Dinah

Robert Mitchum : quelques130 rôles au cinéma et... deux albums. 
Si le second oscille entre croonerie, country music et un peu de rockab', c'est vraiment celui-ci qui crée la surprise. Douze morceaux de calypso pour lesquels Mitchum adopte le style et le phrasé chers à Harry Belfaonte, sans qu'on n'ait jamais l'impression de parodie ou d'ironie. 
C'est que cet atypique d'Hollywood, incarnation vivante de la nonchalance, aimait réellement le calypso et n'a pas pris l'enregistrement de l'album à la légère. Entouré d'un Calypso Band inconnu au bataillon qui assure l'authenticité musicale, le père Mitchum semble s'amuser comme un petit fou à reprendre les classiques du genre (Matilda qui figurait justement au répertoire de Belafonte, ou encore Jean and Dinah signé du "Mighty" Sparrow, grande figure historique du calypso), mais aussi les hilarants morceaux signés McRae Wilhoite qui semblent avoir été écrits spécialement pour lui :  From A Logical Point Of View ou I Learn A Merengue Mama.
Au final, la sincérité et la fraicheur de cet album en font, aujourd'hui encore, une pièce recherchée, mais surtout votre meilleur allié pour relancer une soirée un peu tristouille. 
Pas étonnant de la part d'un homme dont la légende veut qu'il ait présenté un jeune chanteur qui l'avait impressionné à son futur impresario : le Colonel Parker. 
Le jeune chanteur, du nom d'Elvis Presley, est resté ami avec Robert Mitchum jusqu'à sa mort...

THE ROOTS In The Music

THE ROOTS
Game Theory

Label : Def Jam
Année : 2006
A1 Dilltastic Vol Won(derful)
A2 False Media
A3 Game Theory    
A4 Don't Feel Right
B1 In The Music
B2 Take It There
B3 Baby
C1 Here I Come   
C2 Long Time
C3 Livin' In A New World
D1 Clock With No Hands
D2 Atonement
D3 Can't Stop This

Genre : Hip Hop
4° morceau de L'inventaire 30 : In The Music

Les Roots existent depuis 1987. Ils ont sortis 11 albums studios, 1 live et quelques collaborations tous azimuts (John Legend, Betty Wright, Elvis Costello...) Ils sont l'un des premiers "groupes" du hip hop, constitués non seulement de DJs et de MCs, mais aussi de musiciens plus "traditionnels", dont le mirifique batteur/commpositeur/producteur/DJ Ahmir "Questlove" Thompson
En 1999, ils débordent du cadre du hip hop avec l'album Things Fall Apart, porté par le single You Got Me (avec Erikah Badu, invitée au chant), qui va leur apporter une reconnaissance mondiale. Depuis ils ont la carte : les journalistes les aiment, leurs collent des étiquettes élégantes (Jazz Hip-Hop, Neo Soul...) et plein d'étoiles dans leurs chroniques, avant même d'avoir écoutés leurs albums. Ils n'ont peut-être pas tout-à-fait tort, vu la richesse et l'intensité de leur discographie et leur indiscutable puissance live. 
Game Theory est sorti en 2006. Il est difficile de dire que c'est leur "meilleur album", leur "chef d’œuvre", surtout quand on n'a pas encore entendu tous les autres. 
On se contentera de constater qu'il revient souvent sur la platine, qu'il s'impose dans les mix, en ligne ou en live, et qu'on le recommande bien volontiers à ses amis, qu'ils aiment le hip hop ou pas...

ELLA FITZGERALD Jingle Bells

ELLA FITGERALD
Ella wishes You A Swinging Christmas

Label : Verve
Année : 1960
A1 Jingle Bells
A2 Santa Claus Is Coming To Town   
A3 Have Yourself A Merry Little Christmas
A4 What Are You Doing New Year's Eve?
A5 Sleigh Ride    
A6 The Christmas Song
B1 Good Morning Blues
B2 Let It Snow, Let It Snow, Let It Snow
B3 Winter Wonderland
B4 Rudolph, The Red-Nosed Reindeer   
B5 Frosty The Snow Man
B6 White Christmas

Genre : Christmas Album
3° morceau de L'inventaire 30 : Jingle Bells

L'album de noël, très prisé des américains et pratiquement inexistant chez nous, était dans les années 60 un passage obligé pour toutes les voix célèbres des États-Unis, quel que soit le genre de musique pratiquée : Presley, les Supremes, les Beach Boys, James Brown...tous y passent au moins une fois ! En général arrangés avec de grands orchestres, ces albums sont, même pour les meilleurs d'entre eux, destinés uniquement a être consommé entre le 1er et le 25 décembre, après quoi ils se révèlent souvent totalement indigestes.
On fera une exception pour celui-ci, qui prouve que la formule galvaudée est valable pour Ella Fitzgerald : elle pourrait chanter le bottin que ça swinguerait pareil !
L'album est enregistré en 1960, à New York. Il met de bonne humeur. Même 60 ans après. Même en ce rigoureux mois de janvier 2015...

FUZZBOX Justine

WE'VE GOT A FUZZBOX AND WE'RE GONNA USE IT

Label : Vindaloo Records
Année : 1986
A Love Is The Slug/B1 Console Me - B2 Justine
Genre : Minimal Pop-Punk
2° morceau de L'inventaire 30 : Justine

Un groupe découvert un peu par hasard au beau milieu d'une compilation de reprises sortie en 1988 : Under The Covers. Si la moitié du LP est plutôt anecdotique (Simply Red reprend platement Money's Too Tight To Mention, les futurs KLF s'attaquent inutilement à It's A Man's, Man's, Man's World...) on y découvre aussi quelques tentatives heureuses : The Jesus & Mary Chain passent les Beach Boys au papier de verre, Aztec Camera donne une version acoustique et vicieuse du tube de Van Halen, Jump, et ces filles, sorties de nulle part, s'approprient le cultissime Spirit In The Sky, dû au "one hit wonder" Norman Greenbaum (qui ça ?)
A quoi ça ressemble ? Les filles parlent au lieu de chanter, elles plaquent tant bien que mal riffs et accords sur une boîte à rythme rudimentaire dans un joyeux bordel ambiant : elles ont le look des Bangles, mais le bagage technique des Sex Pistols ! Pourtant ça fonctionne : leur reprise est tonique, joyeuse et, au final, nettement plus surprenante que la reprise des Doors par Echo & The Bunnymen qui la précède de peu.
Avec leur nom en hommage à leur pédale de guitare et leur totale absence de sérieux, les (We've got a) Fuzzbox (and we're gonna use it) auront une existence éphémère : trois ans, deux albums et une poignée de singles. Celui-ci est leur premier. Les 3 titres se ressemblent, mais la pochette est garnie, en plus du 45t, d'un roman-photo débile : le genre de détails qui change tout...  



JOHN KEATING The Unknown Planet

JOHN KEATING
Space Experience

Label : Studio 2 Stereo/EMI
Année : 1972
A1 I Feel The Earth Move
A2 The Unknown Planet
A3 Rocket Man  
A4 Prelude To Earthrise
A5 Star Trek
B1 Space Agent
B2 Jesus Christ Superstar
B3 Upon Another Earth
B4 The Sound Of Silence  
B5 Signal To Saturn

Genre : Space Age Pop Music
1° morceau de L'inventaire 30 : The Unknown Planet

Déjà évoquée dans ces notules, la Space Age Pop Music serait une espèce de continent à part, une contrée musicale où les types de sonorités et la qualité de l'enregistrement seraient plus importants que l'artiste et les morceaux interprétés. Pas bien loin de la musique d'illustration sonore, cette drôle de catégorie est purement instrumentale et se nourrit aussi bien de standards de pop et de jazz que de compositions "à la manière de", à tel point qu'il est parfois difficile de faire la différence entre l'original et la copie inspirée. 
C'est le cas de cet album de John Keating dont le titre et la pochette annoncent la couleur futuriste. Parce que l'arrangeur multi-instrumentiste et compositeur s'échappe un peu du jazz à cocktail qui fait l'essentiel de sa discographie, pour un 33t organisé autour du E.M.S. VCS3, un synthétiseur sorti deux ans plus tôt et qu'on retrouvera chez tous les électro-bricoleurs de la pop, de Pink Floyd à Depeche Mode en passant par Brian Eno et... Jean-Miche Jarre.
Mais le petit plus de ce Space Experience c'est que, à côté d'une reprise un peu prévisible du thème de Star Trek et une version kitchissime du Sound Of Silence de Simon & Garfunkel, il recèle quelques petites bombes groovy où basse, batterie et synthé modulaire vous envoient directement sur la piste. A ranger pas très loin des grands crus d'un autre grand bidouilleur de machines : Jean-Jacques Perrey.