samedi 23 avril 2016

Inventaire 40 - No Self Control


PETER GABRIEL No Self Control

PETER GABRIEL

Label : Charisma
Année : 1980
A1 Intruder
A2 No Self Control
A3 Start
A4 I Don't Remember
A5 Family Snapshot
A6 And Through The Wire
B1 Games Without Frontiers
B2 Not One Of Us
B3 Lead A Normal Life
B4 Biko

Genre : Prog Pop
2° morceau de L'Inventaire 40 : No Self Control

Les quatre premiers albums solo de Peter Gabriel n'ont pas de nom. Celui-ci est le numéro 3, parfois appelé Melt, en raison du visage brouillé de la pochette. 
C'est aussi celui des premiers véritables succès, avec notamment le single Games Without Frontiers qui marquent les préoccupations pacifistes et humanistes du chanteur, soulignées en fin d'album par le précurseur Biko, premier morceau pop à aborder frontalement l'apartheid. Peter Gabriel deviendra plus tard aux côtés de U2 et Simple Minds, l'un des fers de lance du rock humanitaire, qui a essaimé dans les années 80 pour le meilleur (la cause) et pour le pire (tout le reste).
Mais surtout, cet album est vraiment le sommet de cette première période de l'artiste, affranchi des lourdeurs de Genesis. Son mélange d'instruments traditionnels et d'électronique (des cornemuses, un surdo, un xylophone, de multiples percussions, mais aussi des synthétiseurs et des boîte à rythmes qu'il trafique lui-même), un travail atypique sur les voix (la sienne, mais aussi celle de Kate Bush et d'un de ses guitaristes, David Rhodes) et les terrifiants sons de guitare de Robert Fripp, la bonne idée d'avoir retiré les cymbales sur la batterie de Phil Collins... Tout ça construit un environnement sonore aussi étrange que cohérent, qui devient carrément flippant sur les morceaux les plus tordus de l'album, No Self Control dans le mix 40, et Intruder : l'histoire d'un type pas très sain qui s'introduit dans les maisons pour le plaisir du crime. Manière de donner le ton dès l'ouverture d'un album particulièrement riche et retors. 
Six ans plus tard, Peter Gabriel renouvellera son son et décrochera la timbale avec So, mais c'est une autre histoire...

BA-BENZELE PYGMIES Mbombokwe

BA-BENZELE PYGMIES
(An anthology of african music)

Label : Bärenreiter-Musicaphon/UNESCO
Année : 1966
A1 Hindewhu (Whistle Solo)    
A2 Song Of Rejoicing After Returning From A Hunt    
A3 Nbu (Lament)    
A4 Kongo Asséka (Music For Dancing At A Wake)    
A5 Song Of Rejoicing After Returning From A Hunt    
A6 Lullaby    
A7 Lullaby    
A8 Ngoma (Invocatory Song Before A Hunt)    
B1 É Yimba É (Song Preceeding The Departure Of The Hunters)    
B2 Music For Entertainment    
B3 First Story: Mbombokwe (The Wood Pecker)    
B4Second Story: The Wondo Player    
B5 Third Story: The Fruit Eater  
B6 Fourth Story: Sokopina (The Tree With The Red Fruit)    
B7 Fifth Story: Lenkokodi
Genre : Trad'

1° morceau de L'Inventaire 40 : Mbombokwe (The Wood Pecker)

Ramasser des disques, c'est aussi engranger des bouts de mémoire. Certains labels, dès les années 50, se sont spécialisés dans le collectage sonore, gravant inlassablement les sons ramenés par quelques forcenés qui ont parcouru le monde avec les premiers enregistreurs mobiles. 
Aujourd'hui, les blues ruraux enregistrés par Alan Lomax (dont les archives sont disponibles ici) ou les plus exotiques albums parus au Chant du Monde se retrouvent régulièrement samplés par les chasseurs de son. 
Mais la tendance ne date pas d'aujourd'hui. Sur la version électrique de Watermelon man de l'album Head Hunters d'Herbie Hancock sorti en 1973, l'intro est directement piquée sur ce disque-là, recueil de musiques et chants traditionnels des pygmées de l'ouest-méridional de l'Afrique. 
Il ne s'en est pas vanté à l'époque mais l'affaire commence à être maintenant connue, même si, bizarrement, seul le morceau d'Hancock est audible sur le site Who Sampled spécialisé dans l'origine des samples (pour entendre l'original pygmée, il faut aller ).
Mais l'intérêt de ce disque ne s'arrête pas à cette histoire d'emprunt. Les 15 pistes proposées, remplies de rythmes et de sons littéralement inouïs, vont des incantations au berceuses, de chants qui précèdent ou célèbrent le retour de la chasse à des musiques de danses. Il y a aussi des contes courts, comme celui qui ouvre ce quarantième mix et qui raconte l'histoire de l'oiseau-piqueur qui mange les chenilles grasses du bambou. Bref, c'est pas du Biolay...
Et comme le but de cette collection lancée par l'UNESCO est évidemment pédagogique, la pochette du 33 tours s'ouvre comme un livre, illustré de photos et bourré d'infos en anglais, allemand et français.
 


mercredi 17 février 2016

Inventaire 39 - Pégale a la nalga


Inventaire n°39 - Pégale a la nalga par twinselecter

ELVIS COSTELLO and the THE ATTRACTIONS B Movie

ELVIS COSTELLO and the ATTRACTIONS
Get Happy!!

Label : Columbia (F-Beat)
Année : 1980
A1 I Can't Stand Up For Falling Down
A2 Black & White World
A3 Five Gears In Reverse
A4 B Movie
A5 Motel Matches
A6 Human Touch
A7 Beaten To The Punch
A8 Temptation
A9 I Stand Accused
A10 Riot Act
B1 Love For Tender
B2 Opportunity
B3 The Imposter
B4 Secondary Modern
B5 King Horse
B6 Possession
B7 Man Called Uncle
B8 Clowntime Is Over
B9 New Amsterdam
B10 High Fidelity

Genre : Post Punk Pop
8° morceau de L'Inventaire 39 : B Movie

On pourra toujours discuter des aléas de la discographie pléthorique de Declan Patrick Aloysius MacManus, alias Elvis Costello, cet album reste intouchable. 
Sorti en 1980 après trois coups d'essais déjà très recommandables, Get Happy !! est le genre de produit qu'on recommande, qu'on redécouvre, qu'on redemande. 20 morceaux, 10 par face, dont les durées oscillent entre 1,48 et 3,13 minutes, impeccablement produits par Nick Lowe, le spécialiste de la musique sans gras. 
Simples et inspirées, débordant rarement du cadre basse/guitare/batterie voix, les compositions de Costello s'enfilent les unes à la suite des autres sans la moindre frime (ça viendra plus tard) ni faute de goût (ça viendra tout de suite après, avec son album faussement country : Almost Blue). 
C'est tellement efficace qu'on ne se rend même pas compte que deux reprises se sont glissées dans les titres, dont une face B de Sam & Dave qui ouvre l'album sans complexe. Et c'est justement ce mélange d'influences Motown et Stax, de sècheresse punk et de mélancolie ironique qui n'appartient qu'à lui (écoutez Secondary Modern pour comprendre ce que je veux dire) qui aboutit au final à ce petit miracle qu'on réclame à corps et à cris et qui ne vient presque jamais : l'album parfait.
D'ailleurs, Costello n'était pas prévu dans le mix. Il restait du temps, le dernier morceau s'achevait... Dans ces moments-là, le selecter se tourne vers les valeurs sûres, là où il pourra piocher au hasard en étant sûr de bien tomber. 
Regardez-bien dans vos discothèques : y'en a pas beaucoup des comme ça !


THE CLEFTONES Heart and Soul

THE CLEFTONES
Heart and Soul

Label : Gee Records (Re : EMUS)
Année : 1961
A1 Heart And Soul    
A2 For Sentimental Reasons    
A3 See You Next Year    
A4 Little Girl Of Mine    
A5 Can't We Be Sweethearts    
B1 You're Driving Me Mad    
B2 The Glory Of Love    
B3 Red Sails In The Sunset    
B4 Please Say You Want Me    
B5 Time Is Running Out On Our Love

 Genre : Doo Wop/R'n'B
7° morceau de L'Inventaire 39 : Heart and Soul 

Nous sommes nombreux à avoir découvert les trésors du début des sixties avec la bande originale d'American Graffiti de George Lucas. 41 morceaux, parfois relayés par la voix caverneuse du D.J. Wolfman Jack, synthèse d'un âge d'or où le rock'n'roll, le rhythm'n'blues, la surf music et la soul étaient des genres frais et spontanés, pondant chaque semaine des tubes magiques qui abreuvaient les radios et les juke-boxes. 
Parmi tous ces groupes oubliés, les Cleftones, issus du quartier du Queens à New York, un quintet vocal dont la carrière s'étend de 1955 à 1964 et qui connaîtra quelques variations de personnels durant cette décennie. En rivalité avec les Drifters (qui leur piquera leur ténor Gene Pearson en 1962), ils se distinguent de leurs innombrables concurrents par un son plus léger, très pop en fait, et aussi parce que deux des Cleftones, Berman Patterson et Warren Corbin, composent eux-mêmes une bonne partie de leur premiers succès, qui restent relativement modestes. 
C'est en 1961, en réarrangeant une vieille chanson de 1936, qu'ils décrochent enfin la timbale : l'emblématique Heart and Soul est aussi l'un des premiers enregistrements avec leur nouvelle recrue, Pat Spann, seule femme de l'histoire du groupe, dont les chœurs restent cependant très discrets, légèrement effacés par la voix fébrile et éraillée du chanteur principal, Herbie Cox.


DENIS COFFEY Guitar Big Band

DENIS COFFEY AND THE DETROIT GUITAR BAND
Electric Coffey

Label : Sussex
Année : 1972
A1 Capricorn's Thing
A2 Son Of Scorpio
A3 Love Song For Libra
A4 The Sagittarian
A5 Love And Understanding
B1 Guitar Big Band
B2 Twins Of Gemini
B3 Virgo's Song
B4 Lonely Moon Child

Genre : Funky instrumentals
6° morceau de L'Inventaire 39 : Guitar Big Band

Encore une légende souterraine Si Dennis Coffey est crédité comme musicien, arrangeur ou compositeur sur plus de 200 albums, il est surtout responsable des décharges électriques qui arrivent dans les productions Motown à la fin des années 60. Notamment pour les productions de Norman Whitfield, l'homme qui transforma le groupe de doo-wop The Temptations en usine à tubes psychédéliques et funky. Lister ici les interventions du guitariste partiellement responsable de ce bouleversement au sein du label serait fastidieux (et impossible) mais, pour identifier son son de guitare, citons rapidement Psychedelic Shak et Cloud Nine, sans oublier l'hymne d'Edwinn Starr : War
Cela dit, s'il fut l'un des premiers blancs à intégrer les Funky Brothers qui accompagnaient les artistes Motown (et le tout premier blanc à être invité dans l'émission Soul Train), la carrière de Denis Coffey ne se limite pas à cette période faste. Talent précoce, il devient musicien de session à 15 ans, dès les débuts du rock'n'roll période à laquelle il accompagnera entre autres Del Shannon. Il rejoint donc les Funk Brothers à la fin des sixties mais, fait rare, connaîtra divers succès sous son nom : on lui doit la b.o. du film de Blaxploitation Black Belt Jones (1974) avec le rival de Bruce Lee, Jim Kelly. Mais avant ça, Denis Coffey touche le jackpot avec l'instrumental Scorpio, paru sur son premier album en 1971 : le single se vend à près d'un million d'exemplaires ! 
Sur ce deuxième opus avec son Detroit Guitar Band (qui inclut le bassiste Bob Babbitt, autre légende et épine dorsale du "son Motown"), il tente de récidiver avec Son Of Scorpio. Même si le titre ne connaît pas le même succès, l'album est une mine de funks électriques qui se glissent facilement dans n'importe quelle soirée bouge-fesses. 
La preuve avec Guitar Big Band, choisi pour L'Inventaire 39, qui ressemble fort à une jam session qui aurait bien tourné...

BIS Girl Star

BIS
Intendo

Label : Grand Royal
Année : 1998
A1 Grand Royal With Cheese (Intro)  
A2 Statement Of Intent
A3 Girl Star
A4 Clockwork Punk
A5 Famous (Demo)e
A6 Ninja Hi Skool
B1 Kid Cut (Demo)
B2 Automatic Freestyle
B3 I'll Get You Back
B4 Cookie Cutter Kid
B5 Grand Royal With Cheese (Outro) 


Genre : Electro Pop
5° morceau de L'Inventaire 39 : Girl Star

En ces confuses années 90 finissantes, entre une brit'pop de plus en plus boursouflée, un grunge mort-né et un trip-hop un rien maniéré, s'éclatent une tripotée de groupes plus funs, s'abreuvant sans complexe à tous les styles qui passent à leur portée avec un plaisir communicatif. 
Des très confidentiels Toenut aux vétéranes de Pizzicato Five en passant par les Buffalo Daughters, chouchous des Beastie Boys, c'est une vague sans nom, un mouvement sans étiquette ni concept, sinon celui de revenir à une musique spontanée, interdite aux "tristus" de tous poils. 
Bis fait partie du lot, et rejoindra d'ailleurs Grand Royal, le label des Beastie Boys le temps d'un single, d'un mini lp et de cette compilation. A l'image de leur musique, leur discographie est dispersée aux quatre vents, majoritairement chez Wiiija Records mais aussi Chemikal Underground, Do Yourself In Records, Artful Records, Cherry Red, SpinART Records, sans compter un petit passage par l'autonomie pour leur album de 2001 : Bis Play Some Real Songs
A part ça, on sait qu'ils sont écossais, qu'ils doivent leur nom à une chanson de The The, qu'ils se sont séparés et reformés plusieurs fois et que leur dernier album, Data Panik Etcetera date de 2014. 
Bis est un groupe léger et efficace, plein d'énergie et de fantaisie, le genre de truc qu'on ne prend pas au sérieux, mais qui transformera à coup sûr votre thé-dansant en soirée champagne.

LOVE SCULPTURE People People

LOVE SCULPTURE
Forms and Feelings

Label : EMI/Parlophone
Année : 1969
A1 In The Land Of The Few
A2 Seagull
A3 Nobody's Talking
A4 Why (How-Now)
A5 Farandole
B1 You Can't Catch Me
B2 People People
B3 Sabre Dance


Genre : Psych & Heavy
4° morceau de L'Inventaire 39 : People People

A l'écoute de ce People People choisi pour le mix, on pourrait les croire sortis du "summer of love" californien mais en réalité le trio Love Sculpture vient du Pays de Galles, ce qui en fait déjà une curiosité lorsqu'ils apparaissent à la fin des années 60. 
Leur premier album, Blues Helping, très orienté blues rock (ils y reprennent On The Road Again de Canned Heat) sent déjà bon les effets de fuzz et la tentation psychédélique, notamment lors de leur version du standard Summertime pleine de reverb, qui rappelle furieusement les Zombies
Mais c'est avec leur second et dernier LP, Forms and Feelings, qu'ils se lâchent totalement, comme s'ils avaient enfin avalé les fameuses pilules colorées et suivi le lapin blanc sous terre, pour le pire et le meilleur. 
Le meilleur, ce sont ces chansons (In The Land Of The Few, Why, People People...), qui auraient pu figurer sur les compilations Nuggets ou Rubble, juste assez électrifiées pour ne pas sentir le patchouli. Plus discutables sont les instrumentaux démonstratifs, notamment une version de La Farandole issue de L'Arlésienne de Bizet, où les pirouettes virtuoses de guitare électrique filent rapidement la nausée. En face B, c'est La Danse du Sabre de Khatchatourian qui a droit à plus de 11 minutes de tricotage de cordes. Mais là, c'est tellement too much que ça finit par être vraiment drôle. Évidemment, tout ça est devenu depuis "culte" et recherché, il ne serait pas surprenant qu'une réédition vinyle pointe son nez un de ces quatre...

SCOTT LA ROCK & KRS-ONE Dope Beat

SCOT LA ROCK & KRS-ONE
Memory Of A Man And His Music

Label : B-Boy Records
Année : 1987
A1 Poetry
A2 South Bronx
A3 9mm Goes Bang
A4 Word From Our Sponsor
A5 Elementary
B1 Dope Beat
B2 Remix For P Is Free
B3 The Bridge Is Over
B4 Super Hoe
B5 Criminal Minded
C1 Poetry # 3
C2 Criminal Minded (Doc Mix)
C3 9mm (Hot Club Version)
C4 The P Is Free (Hot Club Version)
D Memories - Birth, Life & Death
DJ Mix [Megamix] – Stu Allan

Genre : Old School/Good School
3° morceau de L'Inventaire 39 : Dope Beat

Hard rock et hip-hop coulaient des jours heureux. Run DMC avait fait un carton international en 1986 avec le single Walk This Way, perfusé aux guitares d'Aerosmith. Boogie Down Production sample Back in Black d'AC/DC l'année suivante pour ce Dope Beat tout aussi efficace. 
Derrière Boogie Down se cache le tandem de rapeurs/producteurs Scott La Rock et KRS-One, auquel il convient d'ajouter Derrick Jones, responsable des beats massifs caractéristiques de leur son. En deux ou trois ans, ils vont faire évoluer le hip hop vers de nouvelles directions. Aussi bien du côté musical en mariant un son typiquement new-yorkais avec des sonorités venus du reggae dancehall, du dub, mais aussi du rock saignant, qu'au niveau des paroles, véritables chroniques de la vie du Bronx racontée par ses aspects les plus sombres, prémisses de ce qu'on appellera bientôt le gangsta rap. 
Une authenticité qui se paiera cher : Scott La Rock se fera descendre d'une balle dans la nuque, à peine âgé de 25 ans, pour une histoire stupide et très confuse de rivalités mal placées autour d'une fille. KRS-One compile ce double album hommage dans la foulée. Il continuera à travers Boogie Down Production à célébrer la mémoire de son ami disparu, puis multipliera les collaborations et les albums sous son nom, jusqu'à aujourd'hui. 
Il fait désormais partie des pères fondateurs et références incontournables, pour ne pas dire des légendes du hip-hop.   
 


THE BLUE AEROPLANES Jacket Hangs

THE BLUE AEROPLANES
Swagger

Label : Chrysalis/Ensign
Année : 1990
A1 Jacket Hangs
A2 World View Blue
A3 Weightless
A4 ... And Stones
A5 Love Come Round
A6 Your Ages
B1 The Applicant
B2 What It Is
B3 Anti-Pretty
B4 Careful Boy
B5 Picture Framed
B6 Cat-Scan Hist'ry

Genre : Pop Rock & something else...
2° morceau de L'Inventaire 39 : Jacket Hangs 

Le genre de groupes que peu connaissaient et que la plupart a oublié... 
Basés à Bristol, trois membres d'un obscur projet post-punk, Art Objects, recrutent un guitariste et se transforment en Blue Aeroplanes. Le groupe se distingue d'emblée par un côté arty très prononcé, bousculant gentiment les codes de la pop anglaise, notamment par le fait que son "leader", Gerard Langley, déclame ses textes plutôt que de les chanter. La présence du danseur Wojtek Dmochowski dès les origines (et officiellement toujours membre du groupe), leur choix de s'auto-produire avant d'être rattrapé par les labels (Fire d'abord, puis Chrysalis), le côté "auberge espagnole" du groupe qui invite les amis et musiciens rencontrés ici-et-là à participer à leurs albums et surtout leur façon d'assimiler tous les styles, toutes les techniques, d'aligner sur un même album influences country, collages sonores et longues pièces éthérées, en font une entité difficile à résumer. Parmi leurs coups d'éclats, un concert terminé à 12 guitares ou bien le LP Harvester, entièrement composé de reprises de pointures du label Harvest.
Il y a à boire et à manger dans leurs albums bien remplis des années 80-90. Si certains morceaux paraissent parfois un peu poseurs, d'autres un peu légers, les "Aéroplanes Bleus" n'ont dans l'ensemble pas à rougir d'une discographie qui vieillit carrément bien. 
Leur "classique" de 1991, Beatsongs, a été réédité en version Deluxe en 2013. C'est bien, même si personnellement je lui préfère le flamboyant Swagger dont le premier morceau illumine ce mix.

FUENTES ALL STARS Pégale A La Nalga

DIABLOS DEL RITMO
The Colombian Melting Pot 1975-1985 Part 1

Label : Analog Africa
Année : 2012
A1 Wganda Kenya : El Caterete
A2 Julian Y Su Combo : Enyere Kumbara
A3 Myrian Makenwa : Amampondo
A4 Wasamaye Rock Group : Wasamaye
B1 Grupo Abharca : Shallcarri
B2 Sexteto Manaure : Bajo El Trupillo Guajiro
B3 Fuentes All Stars : Pégale A La Nalga
B4 Grupo Folclórico : Juipiti
C1 King Somalie : Le Mongui
C2 Wganda Kenya : Shakalaodé
C3 Los Salvajes : Amor Salvaje
D1 Calixto Ochoa y Los Papaupas : Lumbalu
D2 Abelardo Carbono : Quiero Mi Gente
D3 Conjunto Son San : Cumbia San Pablera
D4 Conjunto Barbacoa : Calambre

Genre : Colombian Groove
1° morceau de L'Inventaire 39 : Pégale A La Nalga

Si le label Analog Africa fait partie de nos favoris (notamment pour cet album), il a fallu attendre ce trente-neuvième inventaire pour voir arriver de la musique colombienne dans les mix. 
Où l'on découvre que le pays, trop souvent bêtement résumé à ses trafiquants et à son football, produit depuis quelques décennies une musique qui pourrait bien sérieusement concurrencer non seulement d'autres pays d'Amérique du sud mais également quelques cadors de l'afro-beat. 
Le premier volet de cette compilation propose 17 petites bombes latines où les sons traditionnels et l'électricité avancent main dans la main sur un rythme infernal. Une basse, nettement en avant, signature du son de Palenque (un petit village du Nord de la Colombie à l'origine de moult révolutions musicales, opérées aussi bien par des instrumentistes que par des D.J.s), une avalanche de percussions et l'énergie débridée du collectif irriguent tous les titres de cette compilation qui révèle une variété étourdissante de groupes dont on aimerait connaître la discographie complète.
Parmi eux, le Fuentes All Stars avec l'infernal Pégale A La Nalga (qui signifie bien "Frappe lui les fesses"), véritable tube local écrit par Machuca : un ancien avocat et inspecteur des impôts qui a un jour décidé de lâcher sa vie confortable pour s'immerger dans le monde de la musique... 
Ce n'est qu'une des multiples précieuses informations que recèlent les copieuses notes de pochette de cet indispensable double LP. Reste plus qu'à trouver le moyen d'acquérir le volet numéro deux maintenant.

vendredi 1 janvier 2016

Inventaire 38 - Misty


Inventaire n°38 - Misty par twinselecter

JONI MITCHELL The Jungle Line

JONI MITCHELL
The Hissing Of Summer Lawns

Label : Asylum Records
Année : 1975
A1 In France They Kiss On Main Street
A2 The Jungle Line    
A4 Don't Interrupt The Sorrow
A5 Shades Of Scarlett Conquering
B1 The Hissing Of Summer Lawns
B2 The Boho Dance
B3 Harry's House / Centerpiece
B4 Sweet Bird
B5 Shadows And Light

Genre : Folk-Jazz Songs
7° morceau de L'Inventaire 38 : The Jungle Line 

La dame est complexe. Un peu hippie, un peu intello, très douée et certainement pas modeste, Joni Mitchell est à coup sûr l'une des plus fortes personnalités à émerger dans le sillage de Bob Dylan, dans le courant néo-folk de la fin des années 60. 
Elle se distingue d'emblée par une écriture savante où le jazz moderne est très prégnant (en 79 elle sortira un album intitulé Mingus, en révérence à l'immense compositeur/contrebassiste), avec des orchestrations souvent très originales, à l'opposé de la simplicité qui entoure généralement ce type de musique. 
Dans cet album de 1975, face à la guitare électrique caractéristique de Larry Carlton, on voit défiler des cuivres, des synthétiseurs, la flûte de l'omniprésent Bud Shank (en 50 ans de carrière, plus de 500 participations à des albums) et quelques vieux baba-cools aux chœurs. C'est le genre d'album qui devient vite fatiguant si on ne lui consacre pas toute son attention, une œuvre riche et labyrinthique, aussi mystérieuse que cette pochette, dessinée, comme toutes les autres, par Joni Mitchell elle-même. 
Dans The Jungle Line, choisi pour finir ce mix, les percus tribales et le son de Moog basse (joué par la chanteuse ) créent un climat étrange, une espèce de transe hypnotique... Le genre de morceau qui reste incrusté à jamais dans un recoin de votre mémoire. 

WILLIE BOBO AND THE BO-GENTS Broasted Or Fried

WILLIE BOBO AND THE BO-GENTS
Do what you want to do...

Label : Sussex (Rééd: Vampi Soul)
Année : 1971
A1 Do What You Want To Do
A2 Shut Up And Pay Attention
A3 Dindi
A4 Come Together
A5 Soul Foo Yong
B1 Broasted Or Fried
B2 The Thrill Is Gone
B3 How Can I Say Goodbye?
B4 Never You Mind 

Genre : Latino-Jazz-Funk
6° morceau de L'Inventaire 38 : Broasted Or Fried

Contrairement à son professeur, Mongo Santamaria, authentique Cubain émigré aux États-Unis, récemment intronisé dans les Cercles Parfaits,  William Correa, dit Willie Bobo, est né à New York, dans le Spanish Harlem. Percussionniste passionné par la musique cubaine (outre Santamaria avec qui il fait son apprentissage, il accompagne pendant 4 ans le maître Tito Puente !), il réalise le parfait métissage entre les rythmes d'Amérique du Sud et les sonorités électriques du jazz-funk. C'est ainsi que sa discographie, étalée sur quelques vingt années rassemble des gens aussi divers que Cal Tjader, Johnny Pacheco, Sony Stitt, Chick Corea, Herbie Hancock ou Carlos Santana... 
Il n'existe qu'un album* avec sa formation The Bo-Gents, qui reflète parfaitement cette ouverture par laquelle se glisse, entre deux instrumentaux infernaux, une ballade d'Antonio Carlos Jobim, Dindi, dans laquelle le percussionniste montre aussi un joli filet de voix, idéal pour accompagner un tête-à-tête aux chandelles.
Mais comme on n'est pas là pour la bagatelle, c'est le très funky Broasted Or Fried qui a été choisi pour notre mix, un morceau signé par le pianiste de la formation, Reggie Andrews, qui tient la dragée haute à n'importe quel classique des bandes originales de la blaxploitation.

* Heureusement réédité par Vampi Soul, le label espagnol dédié au 60's et 70's.