samedi 18 juin 2016

Inventaire 41 - Wham Tousan


Inventaire n° 41 - Wham Tousan par twinselecter

THE LILAC TIME Rockland

THE LILAC TIME

Label : Swordfish Records (Fontana)
Année : 1988
A1 Black Velvet
A2 Return To Yesterday
A3 Rockland
A4 You've Got To Love
A5 Love Becomes A Savage
B1 Together
B2 The Road To Happiness
B3 Too Sooner Late Than Better
B4 And The Ship Sails On
B5 Trumpets From Montparnasse 


Genre : Soft Pop

2° morceau de L'Inventaire 41 : Rockland

A l'époque où les Inrocks étaient encore lisibles (Cherche pas : t'étais pas né !), voilà le genre de groupes qu'ils étaient les seuls à évoquer dans toute la presse musicale française. 
The Lilac Time, formé par les frères Stephen et Nick Duffy et un pote à eux, Michael Weston, s'inscrivaient directement dans la lignée des Smiths : des britanniques amoureux du songwriting concis, en quête perpétuelle d'authenticité. Et même si le génie avait frappé à la porte à côté, il ne faudrait pas négliger le talent du groupe qui, derrière ses mélodies doucereuses et la délicatesse de son nom (pioché chez Nick Drake, ceci explique cela...), fait passer des textes pas forcément tendres. Ainsi, Rockland, choisi pour ce 41ème inventaire n'évoque pas le paradis des rockers mais bien un asile psychiatrique. 
Trente ans plus tard, le groupe est encore là après plusieurs splits, reformations et changements de personnels, des albums produits par John Leckie ou Stephen Street et quelques échappées solo de Stephen Duffy qui reste un peu la clé du mystère : dans une première jeunesse, en 1978, le type a formé un groupe appelé... Duran Duran, qu'il a quitté avant le succès. Après il monte un groupe éphémère, Tin Tin, qui existe le temps de trois singles, dont un hit des clubs : Kiss Me. Chez Lilac Time, il est l'auteur de la plupart des morceaux, même si les premiers sont attribués à l'ensemble du groupe. 
A part ça, Stephen Duffy est très pote avec Lloyd Cole, sauf que lui, il ne fait la gueule ni sur les photos, ni sur scène. Ça doit être pour ça qu'il est moins célèbre...

TOUSAN Wham Tousan

TOUSAN
The Wild Sound Of New Orleans

Label : RCA
Année : 1958
A1 Whirlaway    
A2 Up The Creek    
A3 Tim Tam    
A4 Me And You    
A5 Bono    
A6 Java    
B1 Happy Times    
B2 Wham Tousan    
B3 Nowhere To Go    
B4 Nashua    
B5 Po Boy Walk    
B6 Pelican Parade

Genre : N.O. Beat
1° morceau de L'Inventaire 41 : Wham Tousan

Il a à peine 20 ans, il enregistre ses premiers singles et un producteur américain lui demande de "simplifier" son nom en Tousan. Ce type-là, c'est Allen Toussaint, l'un des plus grands musiciens de la Nouvelle Orléans, pianiste, chanteur, compositeur, arrangeur, producteur, etc... Tout jeune, il accompagne Fats Domino, et très vite, se fait repérer pour son toucher percussif, influencé par  le maître Professor Longhair
Et donc, en pleine explosion rock'n'roll, il enregistre cet album instrumental, porté par cette syncope immédiatement repérable qui donne à ses tourneries rhythm'n'blues la couleur typique de la Louisiane. A peu près à la même époque, il écrit une flopée de standards du R'n'B comme Fortune Teller que reprendront les Stones ou Working In The Coal Mine popularisé par Lee Dorsey.
Plus tard, il jouera avec la plupart des pointures locales, dont les rois du funk The Meters dont il est le producteur attitré, et la famille Neville. Et puis, c'est lui aussi qui compose le fameux Yes We Can Can qui est un super morceau groovy mid-tempo, avant d'être un slogan pour Obama.   
Il aurait en tous écrit ou co-écrit plus de mille titres et collaboré à une centaine d'albums, sans compter la trentaine qu'il a sorti sous son nom complet...
Mais celui-ci, le tout premier, avec ce nom bêtement modifié et ses douze morceaux tout simples, a l'inimitable parfum des premières fois auxquelles on revient sans cesse.

P.S. : Méfiez-vous cependant des rééditions vinyl, il traine quelques copies mal façonnées qui reprennent le logo RCA et semblent à priori tout ce qu'il y a de plus officiel mais sont en réalité bourrées de défaut. C'est le cas de celle-ci dont on a pu heureusement tirer ce Wham Tousan intact. 

samedi 23 avril 2016

Inventaire 40 - No Self Control

PAVEMENT Transport Is Arranged

PAVEMENT
Brighten The Corners

Label : Matador
Année : 1997
A1 Stereo    
A2 Shady Lane / J Vs. S    
A3 Transport Is Arranged    
A4 Date W/ Ikea    
A5 Old To Begin    
A6 Type Slowly    
B1 Embassy Row    
B2 Blue Hawaiian    
B3 We Are Underused    
B4 Passat Dream    
B5 Starlings Of The Slipstream    
B6 Fin

Genre : Rock foutraque
9° morceau de L'Inventaire 40 : Transport Is Arranged

Les puristes ont eut vite fait de dénigrer cet album un peu trop ostensiblement appelé "Pavement arrondit les angles". A l'époque, à jeu égal avec Sebadoh, le groupe de Stephen Malkmus porte haut l'étendard de ce qu'on appelle faute de mieux la "lo-fi" par opposition aux sonorités de plus en plus sophistiquées qui envahissent cette fin des années 90 (Portishead, Bjork, Radiohead par exemple...)
Et même si ce quatrième album sonne légèrement moins rêche que les précédents, il est tout de même enregistré par le producteur des premiers R.E.M. et mixé par le groupe lui-même : on est loin du son de Steely Dan !
Côté chansons, on retrouve la belle inspiration de Malkmus, cette voix un peu fausse mais sans complexe, ces changements de rythmes impromptus, ces longs apartés où la guitare semble chercher une impossible échappée, ce mélange de violence, d'ironie et de mélancolie, toutes ces choses qui font qu'un morceau de Pavement est identifiable dès les premières mesures. 
L'intensité ne baisse jamais du faussement calme Stereo qui ouvre l'album au bien nommé Fin qui l'achève et, le temps ayant fait son effet, on le répète 20 ans après : cet album pourrait bien être leur meilleur... Et merde aux puristes !

YUUKI MATTHEWS Giants

YUUKI MATTHEWS
Music For Savage Tropical Imagery

Label : Asthmatic Kitty Records
Année : 2009
1 Villa
2 HK Cinema Funk
3 Equatorial Broadway Funk
4 Hive
5 Giants
6 Sun Bear
7 Sloth Documentary
8 Em's Dream
9 Conquerors
10 Sea Sponge Cake


Genre : Electronirique
8° morceau de L'Inventaire 40 : Giants

Acheté un petit peu par hasard, cet album signé Yuuki Matthews se rangera aisément dans la catégorie "ambient" initiée par les albums planants de Brian Eno
Il fait d'ailleurs partie de la série "Library Catalog Music" du label Asthmatic Kitty, créée pour mettre sur le marché des bandes-sons potentiellement utilisables pour illustrer des films, habiller des productions télévisuelles ou bien diffuser une ambiance sereine au bureau, voire accompagner la méditation à domicile... Bref, de la musique d'ascenseur ou, pour utiliser un terme moins péjoratif inventé lui aussi par Eno, de la "discreet music" : un fond sonore qui ne s'écoute pas forcément à fort volume et crée une atmosphère propice à l'introspection ou à l’échappée imaginaire.
S'il y a peu de chance que Music For Savage Tropical Imagery devienne votre album préféré de tous les temps, il n'est pas inutile d'en avoir une copie sous la main pour vérifier qu'effectivement, parfois, la musique adoucit les mœurs et nous rend délicieusement moelleux. 
Et l'on découvre après coup que Yuuki Matthews qui bricole ici tout seul, a trainé dans quelques groupes plus rock et tient aujourd'hui la basse chez les Shins.

MAMA LION Mr. Invitation

MAMA LION
Mr. Invitation/It's Only A Dream


Label : Philips
Année : 1972
Genre : Heavy Rock
7° morceau de L'Inventaire 40 : Mr. Invitation


Ce 45t et le 33 qui va avec sont surtout connus pour leur pochette. La dame qui figure sur la photo, Lynn Carey, a beau posséder un organe vocal puissant qui la place dans la lignée de Grace Slick des Jefferson Airplane ou même de l'intouchable Janis Joplin, elle ne restera célèbre dans l'histoire du rock que pour cette image où elle semble donner le sein à un bienheureux lionceau. 
Et soyons honnête : c'est parce que cette pochette fait partie des curiosités recherchées par les bouffeurs de vinyl de tous poils que nous nous sommes rué sur ce 45t, acquis à vil prix dans un vide-grenier de quartier. 
Un méfait n'étant jamais perdu, le contenu se révèle tout aussi intéressant que le contenant, notamment cette face A, Mr. Invitation : un rock typique des années 70, bien gras, avec son orgue furieux, une grosse basse bien lourde et les vocaux imposants de Lynn Carey qui confirme que la véritable lionne c'est bien elle et non pas l'animal innocent qu'elle protège sur la pochette. 
C'est ce qu'on appelle une bonne surprise... Reste plus qu'à trouver le 33 maintenant !

THE FATIMA MANSIONS Chemical Cosh

THE FATIMA MANSIONS
Viva Dead Ponies

Label : Kitchenware Reocords
Année : 1990
A1 Angel's Delight    
A2 Concrete Block    
A3 Mr. Baby    
A4 The Door-to-Door Inspector    
A5 Start The Week    
A6 You're A Rose    
A7 Legoland 3    
A8 Thursday    
A9 Ceausescu Flashback    
A10 Broken Radio #1    
A11 Concrete Block    
B1 Look What I Stole For Us, Darling    
B2 Farewell Oratorio    
B3 The White Knuckle Express    
B4 Chemical Cosh    
B5 Tima Mansio Speaks    
B6 A Pack Of Lies    
B7 Viva Dead Ponies    
B8 More Smack, Vicar

Genre : Psychotic Pop
6° morceau de L'Inventaire 40 : Chemical Cosh 

Cathal Coughlan fait partie de ces gens qui ont failli avoir du succès. Au sein de Microdisney tout d'abord, un groupe pop irlandais des années 80 dans lequel son ego entre vite en friction avec son partenaire Sean O'Hagan. Ce dernier s'en ira former les High Llamas dont la pop ouatée est à l'opposée de l'univers torturé des Fatima Mansions
Il suffit de regarder la peinture qui orne la pochette de ce Viva Dead Ponies pour savoir qu'on n'a pas affaire à un disque serein. Mêlant guitare saturée mixée en arrière et boucles synthétiques obsessionnelles, le son de Fatima Mansions doit avant tout à la voix profonde et puissante de Cathal Coughlan qui ne dédaigne pas passer pour un crooner à l'occasion, avant d'éructer comme un diable sorti des enfers. Les textes sont ironiques, cruels, désabusés, à tel point qu'ils seront adoubés par Morrissey en personne, qui déclarera, à la surprise générale, Viva Dead Ponies meilleur album de l'année 90, avant de se rétracter de façon tout aussi impromptue. 
Peu importe, si la production n'a pas forcément bien vieilli, cet album (et toute la discographie de The Fatima Mansions, notamment Valhalla Avenue) reste aujourd'hui comme un curieux phénomène de pop en camisole de force, quelque chose de terriblement inquiétant qu'on ne retrouve guère que dans le regard de Norman Bates à la fin de Psychose
Pour s'en convaincre, outre Chemical Cosh audible dans le mix, nous ne saurions trop vous conseiller d'aller écouter comment Fatima Mansions reprend le Paper-Thin Hotel de Leonard Cohen... Encore plus torturé que l'original, ce cauchemar magnifique semble avoir été écrit pour ce drôle de personnage qu'est Cathal Coughlan.

THE RIMSHOTS Dance Girl

THE RIMSHOTS
Soul Train

Label : A-1 Records
Année : 1972
A1 Neighbor! Get Your Own
A2 A Hot Day In Harlem
A3 Love, True Love! (Please Pass My Way)
A4 Dance Girl
A5 In Cold Blood
B1 Soultrain Part 1
B2 Soultrain Part 2
B3 Born Funky
B4 Coastin' And Crashin' Part 1
B5 Coastin' And Crashin' Part 2

Genre : Funky Stuff
5° morceau de L'Inventaire 40 : Dance Girl

Leur titre de gloire est d'avoir enregistré le générique de l'émission Soul Train qui,  de 1970 à 2006, s'est consacrée essentiellement à diffuser la variété de la musique noire américaine. Soul Train est aujourd'hui particulièrement  célèbre et populaire (culte ?) pour sa "line danse" : des danseurs en tenues funky qui enflammaient le plateau entre deux prestations de groupes (un "best of" de l'émission ici). 
Les Rimshots sont au départ un groupe de studio, principalement actif pour le label All Platinium qui existera de 1966 à 1978. Ils accompagneront ainsi quelques pointures du rhythm'n'blues et du funk (Solomon Burke notamment) et, bientôt, du disco (On les retrouve par exemple sur l'album de disco anti-Nixon de Shirley & Co : Shame Shame Shame).
En fait, les Rimshots font partie d'une longue lignée de groupe qui ont bâti le son solide et le groove de nombreux artistes connus sans jamais avoir de reconnaissance officielle. Il faut dire que leur discographie sous leur propre nom se limite à une douzaine de singles et deux albums qui n'ont jamais eu l'honneur d'une réédition en cd. Dommage, leur funk brut et essentiellement instrumental reste d'une efficacité imparable plus de quarante ans après. 
Dance Girl, inclus dans le mix 40, est le seul morceau chanté de ce premier album. Difficile de savoir qui donnait de la voix : non seulement le chanteur n'est pas crédité, mais le titre a carrément été oublié sur le tracklisting au dos de la pochette. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles le label A-1 qui a publié ce premier album n'a tenu qu'un an...

THE ELASTIK BAND Spazz

PEBBLES
Volume One

Label : BFD Records
Année : 1979
A1 The Litter : Action Woman
A2 The Preachers : Who Do You Love
A3 The Floyd Dakil Combo : Dance Franny Dance
A4 The Outcasts : I'm In Pittsburgh (And It's Raining)
A5 The Squires : Going All The Way
A6 The Grains Of Sand : Going Away Baby
A7 The Ju-Ju's : You Treat Me Bad
A8 The Haunted : 1-2-5
B1 The Soup Greens : Like A Rolling Stone
B2 The Wig : Crackin' Up
B3 Positively 13 O'Clock : Psychotic Reaction
B4 Kim Fowley : The Trip
B5 The Elastik Band : Spazz
B6 The Split Ends : Rich With Nothin'
B7 The Shadows Of Knight : Potato Chip
B8 The Wild Knights : Beaver Patrol
Genre : Garage Rock

4° morceau de L'Inventaire 40 : Spazz

Lenny Kaye, futur guitariste de Patti Smith et Jac Holzman, fondateur du label Elektra, ont ouvert la boîte de pandore en 1972 avec la mythique compilation Nuggets : les années 60 ont généré des dizaines, peut-être des centaines de groupes qui méritent au moins un détour. 
De 1979 à 1988, Pebbles, label créé rapidement pour l'occasion, sortira 28 volumes de compilations de groupes méconnus voire totalement inconnus, ayant accouché, au moins une fois, d'une perle de garage rock. 
Le son est brut, parfois médiocre, récupéré là où c'est possible... Greg Shaw, initiateur de la chose, ayant rarement accès aux masters, construit ses volumes à partir de vieux 45 tours ou de cassettes*. Certains morceaux ne tournent pas exactement à la bonne vitesse, d'autres saturent, d'autre enfin disparaissent, comme ce Crackin' Up du groupe The Wig annoncé en face B, qui est tout simplement absent de l'album. Peu importe au fond : ces défauts et ces approximations renforcent le côté clandestin et contribue à asseoir la crédibilité "underground" d'une collection devenue au fil des ans de plus en plus sérieusement convoitée.
Il faut dire que, malgré la profusion de titres bizarres et de noms de groupes à coucher dehors (Absolument 13 heures, Le Groupe élastique mais aussi Les Trottoirs Mouvants ou encore The Fe-Fi-Four Plus 2 (!) dans les volumes suivants),  l'amateur de curiosités trouvera toujours son compte de guitare fuzz, chanteurs hystériques, orgues déchainées et dérapages psychédéliques chez Pebbles
Ainsi, pioché un peu au pif, le Spazz de The Elastik Band possède un riff saturé et efficace, un break blues-rock, un pont orientalisant et un chanteur qui semble consanguin de Frank Zappa. Tout est parfait ! On ne recense à leur nom qu'une poignée de 45 tours introuvables. Une compilation cd de 2007 rassemble quand-même une vingtaine de leurs morceaux. Spazz reste incontestablement leur tube : compilé chez Pebbles ET sur le volume deux des Nuggets sorti en 1984 et consacré aux précurseurs du punk. Une référence...

 
* Ce premier volume s'ouvre d'ailleurs sur un morceau, Action Woman, copié à partir d'un disque qui saute : nous avons certainement été très nombreux à rager contre notre disque neuf et apparemment vierge qui semblait avoir un défaut de fabrication. Le dos de la pochette précise que "ce n'est qu'une inévitable malfaçon du master original". Il semblerait pourtant que Greg Shaw n'ait jamais eu accès au master original !

CHICO HAMILTON El Chico

CHICO HAMILTON
El Chico

Label : Impulse!
Année : 1965
A1 El Chico
A2 People
A3 Marcheta
A4 This Dream
B1 Conquistadores
B2 El Moors
B3 Strange
B4 Helena 

Genre : Hot Jazz
3° morceau de L'Inventaire 40 : El Chico

Crédité sur quelques 250 albums, le batteur Foreststor "Chico" Hamilton a débuté avec des pointures classiques comme Billie Holiday, Duke Ellington, Nat King Cole ou encore Gerry Mulligan. Il est de la même génération que Charles Mingus, avec qui il a débuté, mais reste moins célèbre que le contrebassiste, malgré un goût tout aussi prononcé pour les expériences diverses, lorgnant aussi bien du côté de la fusion multiculturelle que de l'avant-garde. 
Sur cet album en sextet, l'influence de la musique brésilienne et cubaine est omniprésente, soutenue par l'alternance de deux percussionnistes de premier plan : Willie Bobo et Victor Pantoja.
Mais c'est aussi une période où les harmonies et sonorités orientales irriguent le jazz. C'est flagrant sur le morceau El Moors et sur celui qui donne son titre à l'album (choisi pour le mix) avec son thème, joué à la flute par Sadao Watanabe, sur un rythme de valse dont va s'emparer immédiatement le génie de la guitare jazz psychédélique : Gabor Szabo
Le guitariste hongrois a signé une petite trentaine d'albums sous son nom, mais ça vaut vraiment le coup de pister toutes ses participations aux albums des collègues, notamment sur le label CTI, pour mesurer l'étendue de son inspiration, brutalement interrompue par une mort précoce à 46 ans. 
Cela dit, si Gabor Szabo est dans une forme éblouissante tout au long de l'album El Chico, il serait réducteur de lui en attribuer toute la beauté. On est tout simplement devant un grand album de latino-jazz, magistralement enregistré par Bob Simpson qui, sur ce coup-là, n'a rien à envier au maître Rudy Van Gelder.

PETER GABRIEL No Self Control

PETER GABRIEL

Label : Charisma
Année : 1980
A1 Intruder
A2 No Self Control
A3 Start
A4 I Don't Remember
A5 Family Snapshot
A6 And Through The Wire
B1 Games Without Frontiers
B2 Not One Of Us
B3 Lead A Normal Life
B4 Biko

Genre : Prog Pop
2° morceau de L'Inventaire 40 : No Self Control

Les quatre premiers albums solo de Peter Gabriel n'ont pas de nom. Celui-ci est le numéro 3, parfois appelé Melt, en raison du visage brouillé de la pochette. 
C'est aussi celui des premiers véritables succès, avec notamment le single Games Without Frontiers qui marquent les préoccupations pacifistes et humanistes du chanteur, soulignées en fin d'album par le précurseur Biko, premier morceau pop à aborder frontalement l'apartheid. Peter Gabriel deviendra plus tard aux côtés de U2 et Simple Minds, l'un des fers de lance du rock humanitaire, qui a essaimé dans les années 80 pour le meilleur (la cause) et pour le pire (tout le reste).
Mais surtout, cet album est vraiment le sommet de cette première période de l'artiste, affranchi des lourdeurs de Genesis. Son mélange d'instruments traditionnels et d'électronique (des cornemuses, un surdo, un xylophone, de multiples percussions, mais aussi des synthétiseurs et des boîte à rythmes qu'il trafique lui-même), un travail atypique sur les voix (la sienne, mais aussi celle de Kate Bush et d'un de ses guitaristes, David Rhodes) et les terrifiants sons de guitare de Robert Fripp, la bonne idée d'avoir retiré les cymbales sur la batterie de Phil Collins... Tout ça construit un environnement sonore aussi étrange que cohérent, qui devient carrément flippant sur les morceaux les plus tordus de l'album, No Self Control dans le mix 40, et Intruder : l'histoire d'un type pas très sain qui s'introduit dans les maisons pour le plaisir du crime. Manière de donner le ton dès l'ouverture d'un album particulièrement riche et retors. 
Six ans plus tard, Peter Gabriel renouvellera son son et décrochera la timbale avec So, mais c'est une autre histoire...

BA-BENZELE PYGMIES Mbombokwe

BA-BENZELE PYGMIES
(An anthology of african music)

Label : Bärenreiter-Musicaphon/UNESCO
Année : 1966
A1 Hindewhu (Whistle Solo)    
A2 Song Of Rejoicing After Returning From A Hunt    
A3 Nbu (Lament)    
A4 Kongo Asséka (Music For Dancing At A Wake)    
A5 Song Of Rejoicing After Returning From A Hunt    
A6 Lullaby    
A7 Lullaby    
A8 Ngoma (Invocatory Song Before A Hunt)    
B1 É Yimba É (Song Preceeding The Departure Of The Hunters)    
B2 Music For Entertainment    
B3 First Story: Mbombokwe (The Wood Pecker)    
B4Second Story: The Wondo Player    
B5 Third Story: The Fruit Eater  
B6 Fourth Story: Sokopina (The Tree With The Red Fruit)    
B7 Fifth Story: Lenkokodi
Genre : Trad'

1° morceau de L'Inventaire 40 : Mbombokwe (The Wood Pecker)

Ramasser des disques, c'est aussi engranger des bouts de mémoire. Certains labels, dès les années 50, se sont spécialisés dans le collectage sonore, gravant inlassablement les sons ramenés par quelques forcenés qui ont parcouru le monde avec les premiers enregistreurs mobiles. 
Aujourd'hui, les blues ruraux enregistrés par Alan Lomax (dont les archives sont disponibles ici) ou les plus exotiques albums parus au Chant du Monde se retrouvent régulièrement samplés par les chasseurs de son. 
Mais la tendance ne date pas d'aujourd'hui. Sur la version électrique de Watermelon man de l'album Head Hunters d'Herbie Hancock sorti en 1973, l'intro est directement piquée sur ce disque-là, recueil de musiques et chants traditionnels des pygmées de l'ouest-méridional de l'Afrique. 
Il ne s'en est pas vanté à l'époque mais l'affaire commence à être maintenant connue, même si, bizarrement, seul le morceau d'Hancock est audible sur le site Who Sampled spécialisé dans l'origine des samples (pour entendre l'original pygmée, il faut aller ).
Mais l'intérêt de ce disque ne s'arrête pas à cette histoire d'emprunt. Les 15 pistes proposées, remplies de rythmes et de sons littéralement inouïs, vont des incantations au berceuses, de chants qui précèdent ou célèbrent le retour de la chasse à des musiques de danses. Il y a aussi des contes courts, comme celui qui ouvre ce quarantième mix et qui raconte l'histoire de l'oiseau-piqueur qui mange les chenilles grasses du bambou. Bref, c'est pas du Biolay...
Et comme le but de cette collection lancée par l'UNESCO est évidemment pédagogique, la pochette du 33 tours s'ouvre comme un livre, illustré de photos et bourré d'infos en anglais, allemand et français.
 


mercredi 17 février 2016

Inventaire 39 - Pégale a la nalga


Inventaire n°39 - Pégale a la nalga par twinselecter

ELVIS COSTELLO and the THE ATTRACTIONS B Movie

ELVIS COSTELLO and the ATTRACTIONS
Get Happy!!

Label : Columbia (F-Beat)
Année : 1980
A1 I Can't Stand Up For Falling Down
A2 Black & White World
A3 Five Gears In Reverse
A4 B Movie
A5 Motel Matches
A6 Human Touch
A7 Beaten To The Punch
A8 Temptation
A9 I Stand Accused
A10 Riot Act
B1 Love For Tender
B2 Opportunity
B3 The Imposter
B4 Secondary Modern
B5 King Horse
B6 Possession
B7 Man Called Uncle
B8 Clowntime Is Over
B9 New Amsterdam
B10 High Fidelity

Genre : Post Punk Pop
8° morceau de L'Inventaire 39 : B Movie

On pourra toujours discuter des aléas de la discographie pléthorique de Declan Patrick Aloysius MacManus, alias Elvis Costello, cet album reste intouchable. 
Sorti en 1980 après trois coups d'essais déjà très recommandables, Get Happy !! est le genre de produit qu'on recommande, qu'on redécouvre, qu'on redemande. 20 morceaux, 10 par face, dont les durées oscillent entre 1,48 et 3,13 minutes, impeccablement produits par Nick Lowe, le spécialiste de la musique sans gras. 
Simples et inspirées, débordant rarement du cadre basse/guitare/batterie voix, les compositions de Costello s'enfilent les unes à la suite des autres sans la moindre frime (ça viendra plus tard) ni faute de goût (ça viendra tout de suite après, avec son album faussement country : Almost Blue). 
C'est tellement efficace qu'on ne se rend même pas compte que deux reprises se sont glissées dans les titres, dont une face B de Sam & Dave qui ouvre l'album sans complexe. Et c'est justement ce mélange d'influences Motown et Stax, de sècheresse punk et de mélancolie ironique qui n'appartient qu'à lui (écoutez Secondary Modern pour comprendre ce que je veux dire) qui aboutit au final à ce petit miracle qu'on réclame à corps et à cris et qui ne vient presque jamais : l'album parfait.
D'ailleurs, Costello n'était pas prévu dans le mix. Il restait du temps, le dernier morceau s'achevait... Dans ces moments-là, le selecter se tourne vers les valeurs sûres, là où il pourra piocher au hasard en étant sûr de bien tomber. 
Regardez-bien dans vos discothèques : y'en a pas beaucoup des comme ça !