dimanche 9 novembre 2014

Inventaire 29 - Mehbooba Mehbooba


Inventaire 29 - Mehbooba Mehbooba par twinselecter

SUNIL GANGULY Mehbooba Mehbooba

SUNIL GANGULY
More Hits

Label : EMI (Odeon)
Année : 1976
A1 Ek Din Bik Jayaga - From Dharam Karam    
A2 Tum Bhi Chalo Hum Bhi Chalen - From Zameer    
A3 Ruk Jana O Jana - From Warrant A4 Aao Tumhen Chand Pe- From Zakhmee    
A5 Kabhi Kabhi Mere Dilmen - From Kabhi Kabhi A6 Mehbooba Mehbooba - - From Sholay    
B1 Jan-E-Man Jan-E-Man - From Chhoti Si Bat    
B2 Shyam Teri Bansi - From Geet Gata Chal    
B3 Is Mod Pe Jate Hain- From 

B4 Tak Zum Nacho Nashemen Choor - From Kaala Sona    
B5 Kai Bar Yunbhi Dekha Hai - From Rajnigandha    
B6 Mere Naina Sawan Bhado - From Mehbooba

Genre :  Electric Bollywood
1° morceau de L'inventaire 29 : Mehbooba Mehbooba

Il y avait Link Wray aux Etats-Unis, les Shadows en Angleterre, Omar Khorshid en Egypte, Takeshi Teraushi au Japon et voici Sunil Ganguly d'Inde. 
La guitare électrique n'a pas seulement inventé le rock, elle a généré une longue lignée d'adeptes de la musique instrumentale, arrangeant frénétiquement tout ce qui leur tombe sous la main pour mettre en avant leur instrument préféré qui remplace avantageusement tout chanteur capricieux. Standards du jazz et du rock, mélodies classiques et chants traditionnels, petites bombes de surf musique ou de garage psychédélique, tout y passe ! 
Sunil Ganguly a, pour sa part, consacré l'essentiel de sa discographie à reprendre les thèmes musicaux des succès du cinéma indien des années 40 aux années 70. Son instrument de prédilection était la guitare hawaïenne qui se joue posée à plat sur les genoux ou sur une table. Le son est cristallin, à la limite du strident, un peu saturé, les mélodies un brin lancinantes. Se faire tout l'album d'affilée peut s'avérer épuisant mais, consommé avec modération, il vous apportera le grain de folie qui manquait  à vos longues soirées d'hiver. 
Bien qu'il ait enregistré son premier album dès l'âge de 17 ans, en 1957, il est très difficile de trouver des traces de sa discographie d'avant les années 70. Et même après, ça ne se croise pas tous les jours, pratiquement aucun de ses albums n'ayant été édité en CD par chez nous. Pourtant, Sunil Ganguly a enseigné la guitare,joué et enregistré jusqu'à sa mort, survenue le 14 juin 1999. 
Depuis, ses fans et son coiffeur sont inconsolables.

dimanche 5 octobre 2014

Inventaire 28 - Rimshot


Inventaire 28 - Rimshot par twinselecter

ERIKAH BADU Rimshot

ERYKAH BADU
Baduizm

Label : Kedar/Universal
Année : 1996
A1 Rimshot (Intro)
A2 On & On
A3 Appletree
A4 Sometimes (Mix #9)
A5 Next Lifetime (Radio Edit)
B1 4 Leaf Clover
B2 No Love
B3 Sometimes
B4 Certainly (Flipped It) 

Genre : R'n'Good
8° morceau de L'inventaire 28 : Rimshot

Il a fallu attendre You Got Me, le tube des Roots en 1999, pour qu'Erykah Badu se fasse enfin un nom auprès du public français. Les amateurs de hip hop et de new soul avaient pourtant repéré l'extraordinaire chanteuse qui avait débarqué trois ans plus tôt avec cet album Baduizm auquel on donna cette étiquette un peu bizarre de R'n'B. 
Le 33 est déjà partiellement produit par les Roots et bénéficie de collaborations prestigieuses comme (entre autres) le bassiste de jazz Ron Carter. Il ne faut pas se leurrer pour autant, malgré son sens aigu du collectif et ses hommages répétés aux musiques qui l'ont influencée (voir le magnifique Love Of My Life Worlwide sur son troisième album) c'est bien son univers personnel qu'elle pose ici pour la première fois, une production hyper précise attachée viscéralement aux sons (Rimshot !), entre une électronique étonnamment chaleureuse et sa voix démultipliée qui passe du chuchotement feutré au soupir animal avec une troublante facilité. 
On peut la voir irradier en live avec ses potes dans le documentaire de Michel Gondry : Dave Chappelle's Block Party. Par contre, depuis quatre ans, ses seuls signes de vie sont de discrètes apparitions sur les singles des autres. Il est temps qu'elle revienne...

TEN YEARS AFTER I'd Love To Change The World

TEN YEARS AFTER
A Space In Time

Label : Chrysalis
Année : 1971
A1 One Of These Days
A2 Here They Come
A3 I'd Love To Change The World
A4 Over The Hill
A5 Baby Won't You Let Me Rock 'N Roll You
B1 Once There Was A Time
B2 Let The Sky Fall
B3 Hard Monkeys
B4 I've Been There Too
B5 Uncle Jam

Genre : Psychédélic blues
7° morceau de L'inventaire 28 : I'd love to change the world

Un guitariste épileptique : voilà l'image qu'Alvin Lee, chanteur et guitariste de Ten Years After, dégage lors de sa prestation dans le fameux documentaire sur Woodstock qui fit la célébrité du groupe. A cause de ce I'm Going Home, exécuté frénétiquement sous les caméras de Michael Wadleigh, il se traine à l'époque une réputation de "plus rapide guitariste du monde", ce qui d'une part ne veut pas dire grand chose et d'autres part cache un véritable talent d'écriture et une sensibilité d'interprète qui n'a rien à voir avec la vitesse... 
Bien sûr, comme pour beaucoup de groupe anglais de cette vague-là, la discographie de Ten Years After est abondamment marquée par le blues, notamment lors d'interminables jam sessions qui valaient peut-être le coup en live, mais qui aujourd'hui sur disque sentent un peu le remplissage. 
Par contre, de leur premier éponyme en 68 jusqu'au mal nommé Positive Vibrations qui marque leur séparation six ans plus tard, on découvre un lot de rock incisifs, de ballades acoustiques et de dérives psychédéliques parfois stupéfiantes, qui laissent à penser qu'Alvin Lee et ses camarades n'étaient pas tant des obsédés de la virtuosité que d'authentiques songwriters. 
En plus de cet excellent A Space In Time sorti en 71, les trois premiers sont chaudement recommandés, notamment Stonedhenge, deuxième LP très injustement méconnu du groupe.

BO DIDDLEY Road Runner

BO DIDDLEY
(Eddy Mitchell présente les rois du rock)

Label : Barclay
Année : 1964
A1 Here Tis
A2 My Babe
A3 Willie And Lillie
A4 Crackin' Up
A5 Don't Let It Go
A6 Road Runner
B1 Bo Diddley
B2 You Can't Judge A Book Looking At Its Cover
B3 Hush Your Mouth
B4 Hey' Bo Diddley
B5 "Say Bossman"
B6 I Know 

Genre : Rock'n'roll
6° Morceau de L'inventaire 28 : Road Runner 

Comme l'affirme le titre d'une chanson de The Jesus and Mary Chain : "Bo Diddley Is Jesus". 
Les vieux débats sur l'identité du créateur du rock'n'roll n'ayant rien donné, nous nous contenterons d'attribuer à celui-là la paternité indiscutable d'un "beat", cette espèce de syncope caractéristique dont il use et abuse avant que le reste du monde s'en empare, notamment Buddy Holly sur Not Fade Away... 
Mais Bo Diddley, c'est plus qu'un rythme. Ses guitares au son métallique et légèrement saturé (dont il aurait dessiné plusieurs modèles de forme inhabituellement carré), sa voix puissante héritée des "shouters" de blues tels Roy Brown (Tiens, ce serait pas lui l'inventeur du rock ?), et un répertoire constitués de compos et d'emprunts au blues, notamment à Willie Dixon avec My Babe et You Can't Judge a book... Ses versions dynamitées serviront ainsi de mètre-étalon à ce qui ne va pas tarder à devenir le rock "garage". 
Bref, si c'est pas Dieu, ni Jésus, Bo Diddley est en tous cas une figure essentielle du rock qu'il convient d'aller revisiter régulièrement pour en mesurer l'efficacité intacte. 

C'est quand-même pas un hasard si Schmoll a commencé sa collection d'hommages aux rois du rock chez Barclay par ce type un peu enveloppé à lunettes, qui portait rudement bien le nœud pap' et la veste à carreaux !

SUBA Felicidade

BRAZILECTRO
(Latin Flavoured Club Tunes)

Label : Audiopharm
Année : 2003
A1 Marcos Valle : On Line
A2 Rosalia De Souza : Maria Moita
A3 Eli Goulart E Banda Do Mato : Sunny
A4 Paula Lima : Quero Ver Você No Baile
A5 Copa Bossa,Roberto Menescal & Wanda De Sah : Copa
B1 Edson X : Rainha Do Mar
B2 Suba : Felicidade (Funky Lowlives Breathless Mix)
B3 Banda Favela : Samba De Ile (Waiwan 4/4 Remix)
B4 Snowboy & The Latin Section : Los Rumberos De La Habana Y Mantanzas (Bobby Hughes Combination Remix)
C1 Tricatel Inc.: Friday Night (Moodorama Mix)
C2 Can 7 : Fruitcake
C3 Señor Coconut And His Orchestra: Electrolatino (Main Mix)
C4 Sunsoul : Só Danço (Rough Version)
D1 Folk & Røvere : Fotihouse
D2 Moodorama : Sweet Toffee
D3 Andréa Ciminelli : No Batida Do Panteiro
D4 Marc Amadeus & The NonMaterial : Illumina
E1 Los Ladrones : Mi Amor Es (Waiwan Mix)
E2 Marschmellows : Tijuana Gold
E3 Grupo Batuque : No Batida Do Agogo (Osunlade Main Mix)
E4 Nicola Conte : Arabesque (Vocal Version) (Micatone Remix)
F1 EMO : First Time Experiences (Povo Mix)
F2 Nu Tropic : Pascalito's Theme
F3 Chieko Kinbara : A Espera
F4 Zimpala : Adios (Album Version)

Genre : Electro Latino
5° morceau de L'inventaire 28 : Felicidade

Les compilations de musique électronique sont souvent l'équivalent de ce qu'on appelait dans les années 60-70 la "muzak" ou "musique d'ascenseur" : un tapis sonore dont le moelleux est tellement agréable et  insensible que nous marchons dessus sans nous en apercevoir. Le genre de truc parfait pour un magasin de fringues un peu chic, un hall d'hôtel sur la cote d'azur, un bar à cocktails...
Entre 2001 et 2007,e petit label allemand Audiopharm, spécialisé dans l'électro aux couleurs sud-américaines et africaines, éditait ce genre de choses avec suffisamment de gout et d'exigence cependant pour que leurs compilations passent le cap de la musique de fond. On retrouve d'ailleurs ici certaines fortes personnalités qui ont fait leur chemin depuis, tels Señor Coconut (l'Allemand  Uwe Schmidt, parti réchauffer sa musique à Santiago du Chili) ou les Norvégiens de Folk & Røvere
Quant à Suba, choisi pour cet Inventaire 28, il s'agit en fait d'un compositeur et producteur d'origine serbe, Mitar Subotic, pionnier de la musique électronique en Yougoslavie, qui émigrera au Brésil dans les années 90. Il y trouvera la gloire en travaillant avec les plus grands noms (dont le génial touche-à-tout Hermeto Pascoal), mais aussi une fin tragique : Mitar Subotic meurt d'asphyxie en essayant de sauver ses enregistrements de l'incendie qui ravageait son studio un soir de 1999, juste après avoir fêté la sortie de son nouvel album. Il avait 38 ans. 
 

SWEET BREEZE Miss Patience

SWEET BREEZE
Advice

Label : Tembo Records (Orig : EMI)
Année : 2013 (?)
A1 She's My Choice   
A2 Confidential Bye-Bye
A3 Advice   
A4 Boy-Oh-Boy
B1 Miss Patience (Without Patience)   
B2 Mr. Begger (Has No Town's Man)
B3 Sweet Breeze   
B4 God Is Love

Genre : Afro-groove
4° morceau de L'inventaire 28 : Miss Patience (Without Patience)

Cinq albums référencés dans les années 70-80, ignorés des compilations de musique nigérienne qui pullulent ici et là (notamment chez Soundway Records) : le cas de Sweet Breeze laisse à penser qu'on n'en a pas fini avec les trésors oubliés de l'afro-beat et autres productions électriques de l'Afrique des seventies. Le très confidentiel label Tembo Records donne quelques informations sur le groupe, constitué d'étudiants de "l'Institut de Management et Technologie" d'Enugu, au Sud-Est du Niger.  
Advice serait leur second album après quelques succès locaux figurant sur leur précédent sorti en 76 : Across The Desert. Comme pour beaucoup de leurs contemporains, le funk est très clairement une influence déterminante sur leur musique, même si l'on sent aussi quelques accents jamaïcains dans le chant et les textes du leader Dallas King Anyawu
Le guitariste, Jackie Moore, semble pour sa part avoir absorbé l'essentiel du rock psychédélique et se montre aussi à l'aise avec la pédale wah-wah qu'avec les différentes saturations qui colorent ses solos. Quant aux textes, sans en maîtriser totalement la teneur, on y renifle un mélange assez singulier d'humour, de personnages hauts-en-couleurs et de mysticisme, comme dans ce Miss Patience (Without Patience) qui figure en plein cœur du mix numéro 28.    

Même si Cercles Parfaits n'est pas un site commercial, signalons que, contrairement à beaucoup de rééditions de groove africain, cet album de Sweet Breeze se trouve neuf à prix très correct (moins de 10€ le LP) en ligne, et même en boutique, chez Sonic Import à Nice, si nous n'avons pas prix le dernier...

THE FALL C.R.E.E.P.

THE FALL
The Wonderful And Frightening World Of...

Label : Beggars Banquet
Année : 1984
A1 Lay Of The Land
A2 2 By 4
A3 Copped It
A4 Elves
A5 C.R.E.E.P.
B1 Slang King
B2 Bug Day
B3 Stephen Song
B4 Craigness
B5 Disney's Dream Debased

Genre : Twisted New-Wave
3° morceau de L'inventaire 28 : C.R.E.E.P.

The Fall ou 35 ans d'existence au service du chaos... Mark E. Smith, personnalité épineuse et énigmatique, musicien aussi obsessionnel que je-m’en-foutiste, hante le gentil monde de la pop de ses démons intérieurs depuis que l'explosion punk l'a autorisé à prendre les armes. 
Malgré de constants changements de personnel (qui trahissent la versatilité du leader mais aussi ses relations passionnelles avec la musique et ceux qui la font) et une discographie qui ressemble à une hémorragie, un morceau de The Fall est immédiatement reconnaissable. Par la voix de Mark E.Smith tout d'abord, avec son timbre de canard qui vient de fumer une cartouche de cigarettes, hésitant entre un chant qui méprise l'idée de justesse harmonique et une déclamation puissante, manière d'apostropher l'auditeur qui tentait de s'enfuir. La rythmique est martiale mais dansante, les lignes de basses font pleurer Peter Hook, la guitare saigne : The Fall semble avoir été inventé pour faire danser les mannequins dans les vitrines. 
Et donc cet album au titre qui résume le groupe : "le monde merveilleux et effrayant de The Fall", leur douze ou treizième, sorti en 1984, soit cinq ans à peine après leur premier... C'est peut-être l'un des plus accessibles, l'un des plus pop, l'un des moins torturés, etc. Ni le meilleur, ni le pire, de toutes façons, avec The Fall on ne trie pas : c'est à prendre ou à laisser.

LYNN ANDERSON Fancy

COUNTRY SOUL SISTERS 
Women In Country Music 1952-78

Label : Soul Jazz Records
Année : 2012
Dolly Parton : Don't Let It Trouble Your Mind
Lynn Anderson : Fancy
Jeannie C. Riley : I've Done A Lot Of Living Since Then
Bobbie Gentry : Reunion
Tammy Wynette : Tonight My Baby's Coming Home
Jean Shepard : A Satisfied Mind
Nancy Sinatra : Get While The Gettin's Good
Tanya Tucker : California Cotton Fields
Sammi Smith : Saunders Ferry Lane
Connie Smith : If It Ain't Love
Jean Shepard : Two Whoops And A Holler
Billie Jo Spears : Mr Walker, It's All Over
Patsy Cline : Ain't No Wheels On This Ship
Barbara Fairchild : Color My World
Loretta Lynn And Conway Twitty : You're The Reason Our Kids Are Ugly
Jeannie C. Riley : Harper Valley PTA
Jody Miller : A Woman Left Lonely
Kitty Wells : Delta Dawn
Diana Trask : Show Me
Norma Jean : He's All I Got
Bobbie Gentry : Ode To Billie Joe
Bonnie Guitar : Tender Words
Barbara Mandrell : Husband Stealer
Diana Trask : I'll Never Do You Wrong
Kitty Wells : It Wasn't God Who Made Honky Tonk Angels 

Genre : Country Girls
2° morceau de L'inventaire 28 : Fancy

Le pari est osé : extirper d'un domaine réputé conservateur et machiste sa part féminine et éventuellement progressiste... Une fois encore, le label Soul Jazz Records tente de ramener à la lumière un répertoire négligé, voire oublié de la musique. 
Nettement moins tendance que le funk de la Nouvelle-Orléans, les outsiders du punk ou le rock électronique allemand, la country apparaît souvent comme un des domaines les plus ringards de la musique, l'équivalent américain du musette ou de la bourrée auvergnate. La réalité est évidemment plus complexe dans le sens où cette musique essentiellement blanche et rurale a forcément connu de nombreuses évolutions en plus de 100 ans d'existence. La compilation se concentre sur une période qui va de la préhistoire du rock'n'roll (qui, ne l'oublions pas, doit autant à la country qu'au blues) jusqu'à la fin des années 70 et ses bouleversements sociologiques et culturels. Elle déroule ainsi un panorama très varié de ce style musical, de ses racines les plus profondes qui ne dépareilleraient pas dans un western de John Ford, jusqu'à des formes hybrides, très électrifiées, irriguées par le rock'n'roll, la soul, voire même quelques aspects funky des plus inattendus. Ainsi, Diana Trask reprend le Show Me de Joe Tex qui groove comme il faut, même si le texte n'est pas à proprement parler un hymne à l'émancipation...
Les quelques 24 interprètes réunies ici s'équilibrent entre les légendes du genre (Dolly Parton, Bobbie Gentry, Patsy Cline ou encore Nancy Sinatra...) et quelques noms nettement moins connus du profane et du grand public qui méritent toute notre attention : Sammi Smith et son superbe Saunders Ferry Lane par exemple, ou la très énergique Billy Jo Spears. Au final, si la compilation n'est pas à proprement parler un manifeste féministe (on s'en serait douté au vu de la pochette qui ressemble plus à un fantasme de biker qu'à une manifestation du Femen), elle constitue une introduction aussi riche que subtile à un genre musical qui vaut souvent mieux que sa caricature. 
Les abondantes notes de pochette, l'habillage soignée et l'originalité du projet confirment Soul Jazz comme l'un des plus précieux label de réévaluation musicale. En 2013 est sorti un deuxième volume dont la pochette ne va cependant pas aider à abolir les clichés inhérents au genre...



MICHEL POLNAREFF Voyages

MICHEL POLNAREFF
"Polnareff's"

Label : Disc'Az
Année : 1971
A1 Voyages
A2 Né Dans Un Ice Cream
A3 Petite Petite   
A4 Computer's Dream   
A5 Le Désert N'est Plus En Afrique   
A6 Nos Mots D'Amour   
B1 ...Mais Encore   
B2 Qui A Tué Grand' Maman   
B3 Monsieur L'Abbé   
B4 Hey You Woman   
B5 A Minuit, A Midi

Genre : French Pop
1° morceau de L'inventaire 28 : Voyages

Avant de pratiquer l'exil fiscal aux States, puis le retour triomphant sur les Champs-Elysées grâce à Sarkozy (l'ami des exilés fiscaux), Michel Polnareff fut chanteur de variétés. 
A la fin des années 60, ignorant les adaptations de succès anglo-saxons chères aux yéyés, il propose une pop française mélodique et orchestrale, aussi à l'aise dans les arrangements sophistiqués que dans l’acoustique dépouillée. Il donne dans le romantisme gothique (Le Bal des Laze), le délire funky (La Mouche), la ballade ambiguë (Petite Petite), voire la revendication joliment troussée (Je suis un homme)... On sent bien le type doué avec une solide formation classique, doublée d'un goût pour l'aventure et les sonorités nouvelles. 
Polnareff apporte non seulement beaucoup d'énergie et d'air frais à la vieille chanson française, mais aussi un véritable style, une marque de fabrique très personnelle dont ses étonnantes capacités vocales ne sont qu'une des caractéristiques. Ce troisième LP, "Polnareff's", recèle son lot de titres à redécouvrir, dont ce bel instrumental, Voyages, qui ouvre l'album (et L'inventaire 28), mais aussi une perle de groove sixties qu'on se garde pour un prochain mix : Computer's Dream.

lundi 1 septembre 2014

Inventaire 27 - Nippon Guitars & Country Opera


COLLIN WALCOTT Prancing

COLLIN WALCOTT
Cloud Dance

Label : ECM
Année : 1976
A1 Margueritte
A2 Prancing
A3 Night Glider
B1 Scimitar
B2 Vadana
B3 Eastern Song
B4 Padma
B5 Cloud Dance


Genre : Jazz Prog
8° morceau de L'inventaire 27 : Prancing

Un peu perdue, un peu fatiguée après la radicalisation du free, la génération de jazzeux des années 70/80 ne sait plus quoi faire pour réinventer la musique et se perd un peu dans le conceptuel et l'abstraction, donnant plutôt envie de prendre une aspirine que d'écouter la face B. Il serait pourtant stupide de tout jeter en bloc, le recul sur cette période un peu confuse permettant aujourd'hui de déceler quelques albums où l'inspiration audacieuse l'emporte sur les prouesses techniques et la masturbation intellectuelle.
Le catalogue du label ECM Records est certainement le meilleur représentant de cette génération très inégale dont il a signé les artistes les plus emblématiques : Carla Bley, Steve Wallow, Keith Jarrett, Pat Metheny, l'Art Ensemble Of Cihcago, etc...
Nettement moins célèbre, Collin Walcott est un américain dont la courte carrière (il meurt dans un accident de voiture avant ses 40 ans) est dédiée à la sitar et aux percussions indiennes. Sur ce premier album, il est accompagné par la section rythmique star d'ECM : Jack Dejohnnette à la batterie et Dave Holland à la basse. S'il est à l'époque souvent recruté parce qu'il est l'un des rares américains à maîtriser le sitar, on retiendra surtout les deux morceaux au tabla. Notamment ce Prancing, où il dialogue avec la contrebasse et parvient, pendant 3 minutes 24, à réveiller un album par ailleurs un peu emmerdant. 

GRACE JONES Walking In The Rain

GRACE JONES
Nightclubbing

Label : Island 
Année : 1981
A1 Walking In The Rain
A2 Pull Up To The Bumper
A3 Use Me
A4 Nightclubbing
B1 Art Groupie
B2 I've Seen That Face Before (Libertango)
B3 Feel Up
B4 Demolition Man
B5 I've Done It Again

Genre : Synth Pop
7° morceau de L'inventaire 27 : Walking In The Rain

Elle incarne à elle toute seule les années 80. Top model née en Jamaïque, Grace Jones deviendra l'égérie et la compagne de Jean-Paul Goude qui usera et abusera de sa beauté androgyne, lisse et musclée, quelque part entre les humanoïdes répliquants de Blade Runner et l'être qui venait d'ailleurs cher à David Bowie. Au tournant des années 70/80, c'est pourtant une artiste bien réelle qui enflamme les soirées parisiennes, affichant la même classe mystérieuse sur la scène du Palace que dans les publicités pour Citroën et, bien sûr, les défilés de mode orchestrés par Goude... En accord avec ce physique ambigu, Grace Jones possède une voix grave et puissante qu'elle mettra dans ses premiers albums au service d'un disco de circonstance, avant de trouver ses marques dans une pop synthétique qui n'empêche pas les sentiments. En témoignent ses deux plus grands succès : une version chaloupée de La Vie en Rose et Libertango (sur cet album), une reprise d'Astor Piazzolla qui anticipe de presque 20 ans le son soi-disant novateur du Gotan Project...
Comme sur Warm Leatherette, l'album précédent, Grace Jones est ici entourée de pointures, notamment  la section rythmique Sly Dunbar/Robbie Shakespeare dont nous avons déjà largement évoqué les talents dans ce blog. Maîtrisant à merveille l'alternance de passages parlés et d'envolées lyriques qui sont sa signature, elle revisite sans complexe Iggy Pop, Bill Withers et même Police. Elle fait merveille avec cette reprise de Walking in the rain, écrit deux ans plus tôt par les Australiens Vanda et Young (The Easybeats, puis Flash and the pan).
 

BLUE ÖYSTER CULT Then Came The Last Days Of May

BLUE ÖYSTER CULT
(premier album)

Label : CBS
Année : 1972
A1 Transmaniacon MC
A2 I'm On The Lamb But I Ain't No Sheep   
A3 Then Came The Last Days Of May   
A4 Stairway To The Stars
A5 Before The Kiss, A Redcap
B1 Screams
B2 She's As Beautiful As A Foot
B3 Cities On Flame With Rock And Roll
B4 Workshop Of The Telescopes
B5 Redeemed
Genre : Psychedelic Hard Rock
6° morceau de L'Inventaire 27 : Then Came The Last Days Of May

Si on identifie d'entrée les riffs saturés et la batterie massive bien pratiques pour ranger le groupe dans la case "hard rock", on n'en est qu'aux balbutiements : il faudra encore quelques années avant que le genre vire à l'auto-caricature. Les New-yorkais de Blue Öyster Cult ont beau être surchargés en électricité, leur groupe, formé sur les cendres d'une obscure formation psyché (Soft White Underbelly), doit autant aux inévitables Led Zeppelin (difficile de ne pas voir dans le Stairway To The Stars de ce premier album une réponse/clin d'oeil au Stairway To Heaven sorti l'année d'avant sur le quatrième album des Anglais tout puissants), qu'aux hallucinations chimiques chères à Timothy Leary et aux improvisations littéraires de la Beat Generation
Du coup, ce coup d'essai fait preuve d'une inspiration très éclectique et d'une bonne dose d'humour (il en faut pour intituler une chanson "Elle est aussi belle qu'un pied".) Les morceaux, paroles et musique, sont composés par l'ensemble du groupe, un esprit d'ouverture qui accueillera même sur les albums suivants des paroliers aussi prestigieux que la grand-mère à PJ Harvey (Patti Smith, à l'époque compagne du guitariste et claviériste du groupe, Allen Lanier) où encore l'écrivain visionnaire Michael Moorcock.
Avec sa pochette qui semble tirée des premiers numéros d'(A SUIVRE) et sa production qui magnifie l'électricité, le premier album de Blue Öyster Cult est un de ces disques qui mérite d'être régulièrement sorti de l'oubli.